Jeudi 24 avril 2008
Source : http://www.pcinpact.com/actu/news/43275-html-w3c-microsoft-canvas-norme.htm

Microsoft aimerait diviser HTML5 en éléments plus simples
 La patience est pourtant une vertu
Internet

W3CLes spécifications HTML5 sont actuellement en cours de construction, et la tâche est ardue. Non seulement il existe un défi important, car le standard n’a pas été renouvelé depuis un certain temps, mais le nombre de domaines à couvrir est très large.

Le HTML5 doit ainsi reprendre tout l’existant pour l’adapter aux besoins nouveaux, et en particulier au web 2.0. Pouvant être employée avec une syntaxe HTML ou XML, la prochaine version aura à charge de gérer un nombre important de domaines :
  • L’audio et la vidéo
  • La lecture des éléments textes par un moteur de synthèse vocale
  • L’API Canvas pour les animations 2D
  • La simplification de l’indexation par les moteurs de recherche
  • Un framework P2P
  • La gestion du contenu hors-ligne pour les applications web
Bien que certains éléments aient été délégués aux CSS, le HTML5 reste très ambitieux dans ses objectifs puisqu’il vise un rôle fédérateur. Un rôle qui gêne manifestement certains acteurs et observateurs, notamment Microsoft et quelques analystes. Pour la société de Redmond, l’objectif du HTML5 est tellement vaste que la norme prend trop de temps à être bâtie. La solution proposée ? Faire sortir quelques éléments du projet pour qu’ils aient une existence propre et évoluent séparément.

Un avis que reprend l’analyste Jeffrey Hammond de chez Forrester : « Je ne peux même pas imaginer le nombre d’années qu’il faudra aux navigateurs pour l’intégrer. Comment mange-t-on un éléphant ? Une bouchée à la fois ». L’intégration de la norme prendra évidemment un certain temps, mais l’avis de Microsoft et de l’analyste a déjà donné lieu à certains mouvements concrets.

Google, par exemple, n’a pas attendu la partie consacrée à la synchronisation du contenu hors-ligne pour bâtir sa technologie Gears sur ce même concept. De même, Apple n’a pas attendu le HTML5 pour en gérer certains aspects dans Safari 3.1, notamment le contenu hors-ligne pour les applications web. En fait, on retrouve un peu le cas des « drafts » de la norme Wifi 802.11n, quand les constructeurs ont commencé à intégrer des préversions du protocole.

Michael Smith, porte-parole du W3C (World Wide Web Consortium), est d’ailleurs plus ou moins d’accord avec le concept de séparation, et il reconnaît que le HTML5 est imposant. Il existe toutefois, selon lui, des dangers inhérents à briser certains morceaux pour en faire des projets parallèles et plus facilement manipulables, et tous ces dangers se concentrent sur le concept de synchronisation.

S’il indique ainsi que plusieurs membres au cœur du groupe de travail sont d’avis de rendre certains éléments périphériques, l’exemple du DOM (Document Object Model) est pour lui un très bon exemple des problèmes que cela peut engendrer. Sortie après le HTML4, cette spécification a évolué séparément et Michael Smith a précisé que la synchronisation avec les autres développements avait connu des ratés.

Pour l’instant, aucun changement n’est prévu. Microsoft n’a fait qu’exprimer un avis, et pour qu’une modification aussi importante ait lieu, il doit exister au moins un accord entre plusieurs membres d’un groupe de travail. L’éditeur ne sait pas encore s’il va chercher à créer ce type d’accord et semble plutôt dans une position d’attente et de prise de température.


par Quimboiseur publié dans : Technologie
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Jeudi 24 avril 2008
Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/24/une-importante-operation-anti-drogue-a-sevran-se-solde-par-un-maigre-bilan_1037781_3224.html?xtor=RSS-3208

Une importante opération antidrogue à Sevran se solde par un maigre bilan


Quelque 350 policiers ont été mobilisés, mercredi 23 avril, en fin de journée, pour mener une opération antidrogue aux Beaudottes, un quartier sensible de Sevran, en Seine-Saint-Denis. L'opération visait à investir huit halls d'immeuble, identifiés comme points de vente réguliers, et une douzaine d'appartements "qui étaient ciblés comme lieux de stockage de produits stupéfiants".

Une note des Renseignements généraux, datée du 1er avril, avait décrit ce quartier HLM de 10 000 habitants, classé en zone urbaine sensible, "sous la coupe réglée" d'une "minorité de délinquants". Elle avait été rédigée après le départ, fin mars, des onze gardiens et trois employés de l'unique bailleur des Beaudottes, Immobilière 3F (1 200 logements aux Beaudottes), trop exposés. Le bailleur avait recensé 18 agressions physiques sur ses personnels depuis août 2006. Cette note indique que le quartier est dans une "situation explosive".

MAIGRE BUTIN

Cette opération, qui s'est déroulée en présence du préfet et du procureur de la République de Bobigny, "est le résultat des enquêtes menées depuis des mois" dans le cadre du Groupe local de traitement de la délinquance (GLTD, opérationnel depuis septembre 2007 à Sevran), et du plan départemental antidrogue, ont expliqué des sources policière et judiciaire.

Selon une source judiciaire, quatre personnes ont été interpellées, quelques saisies de cannabis ont été effectuées. Des motos et divers objets volés ainsi qu'une arme de quatrième catégorie ont été découverts."L'ampleur de l'opération se justifiait à la fois par la nécessité d'exploiter les renseignements qui étaient en notre possession et aussi par la nécessité d'organiser les vingt opérations dans les halls d'immeubles et les appartements de façon concomitante", a dit le magistrat.


par Quimboiseur publié dans : Renseignements généraux
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Jeudi 24 avril 2008
Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/23/me-achoui-aurait-ete-blesse-par-un-ancien-indicateur-de-police_1037749_3224.html?xtor=RSS-3208


Me Achoui aurait été blessé par un ancien indicateur de la police


L'homme soupçonné d'avoir blessé par balles en juin 2007, Karim Achoui, connu comme l'avocat de membres du grand banditisme, était à l'époque des faits un indicateur de la police, révèlent mercredi 23 avril des sources proches du dossier.

Le 22 juin 2007, Me Achoui quitte son cabinet dans le 7e arrondissement de Paris pour gagner sa voiture lorsqu'il est grièvement blessé par le passager d'un scooter qui a ouvert le feu à trois reprises, le touchant par deux fois. Le tireur présumé, Ruddy Terranova, 30 ans, et trois autres hommes, soupçonnés d'être impliqués dans l'agression, ont été mis en examen la semaine dernière par le juge Jean-Louis Périès pour "tentative d'assassinat en bande organisée" et écroués.

Selon une source proche du dossier, un rapport du Service régional de police judiciaire de Versailles, joint au dossier d'instruction, indique que M. Terranova était inscrit entre novembre 2006 et le 20 octobre 2007 au bureau central des sources du Service interministériel d'assistance technique (SIAT).

RADIÉ DE LA LISTE EN NOVEMBRE 2007

Créé par décret en 2004, ce service, rattaché à la direction centrale de la police judiciaire, est chargé de la formation des agents infiltrés, de l'assistance technique aux opérations d'infiltration dans les réseaux du crime organisé. Leurs "indics" doivent également être inscrits sur une liste auprès du chef de service qui les utilise, a précisé à l'AFP un expert judiciaire.

A la suite de problèmes liés à son comportement et à des incidents répétés, précise le rapport, M. Terranova a été radié des listes, en novembre 2007, et fiché sur la liste noire d'Europol, l'office de coordination des polices européennes. "Quel était le vrai rôle de M. Terranova : 'indic' ou un agent infiltré ?", s'interroge l'avocat de Karim Achoui, Me Francis Szpiner. Interrogé par l'AFP, il a par ailleurs invité le ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, à saisir l'Inspection générale des services, "la police des polices" et à accorder une protection policière à son client.


 

 


par Quimboiseur publié dans : Renseignements généraux
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Jeudi 24 avril 2008
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/24/immigration-une-politique-juste-et-efficace-par-brice-hortefeux_1037760_823448.html?xtor=RSS-3208

Immigration : une politique juste et efficace, par Brice Hortefeux


Si les diverses enquêtes d'opinion montrent que la grande majorité de nos concitoyens comprend, approuve et soutient la nouvelle politique d'immigration de la France, je suis cependant attentif aux critiques ici ou là, parfois bruyantes.

Certains contestent les principes mêmes de notre politique. D'autres – dans une construction intellectuelle bizarre et contradictoire – fustigent leur application au cas par cas, comme nous le faisons en ce moment même avec les travailleurs clandestins en grève. Certains dénoncent notre refus des régularisations massives. D'aucuns s'élèvent contre le principe d'objectifs chiffrés ou condamnent l'existence de centres de rétention, jugeant notre politique trop répressive. Après les avoir écoutés, je veux répondre à chacun d'eux.

S'agissant des fondements de notre politique, j'observe qu'il n'existe plus un seul pays d'Europe qui refuse aujourd'hui de maîtriser les flux migratoires et de lutter sans relâche contre l'immigration illégale.

Lorsque 1 800 immigrés clandestins sont morts en 2007 aux portes de l'Europe sur des barques de fortune, victimes de réseaux et de passeurs, faudrait-il rester les bras ballants ? Lorsque des immigrés légaux font l'effort de respecter nos lois et de suivre le parcours d'intégration, faudrait-il n'en tenir aucun compte et ne pas faire de différence avec ceux qui rentrent en France illégalement et y séjournent sans y être autorisés ?

Lorsque les gouvernements des pays d'émigration eux-mêmes nous demandent de ne pas piller leurs forces vives, faudrait-il refuser de les écouter et de gérer les flux migratoires avec eux de manière concertée ? A l'évidence, pour la France comme pour tous les pays européens, la maîtrise des flux migratoires, condition du succès de l'intégration, est désormais la seule politique possible.

J'avance donc, sans a priori ni idéologie, avec trois principes simples. D'abord, la France a le droit de choisir – comme tout pays, ni plus ni moins – qui elle veut et qui elle peut accueillir sur son territoire. Ensuite, deuxième principe, l'étranger qui est accueilli légalement sur le territoire doit avoir, pour l'essentiel, les mêmes droits économiques et sociaux que les Français.

Enfin, sauf situations humaines particulières, tout étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d'origine, autant que possible de manière volontaire ou s'il le faut de manière contrainte. Rien de plus républicain : la France est un Etat de droit et dans un Etat de droit, chacun doit en respecter les règles.

AUCUNE DIMENSION – SANITAIRE, SOCIALE, FAMILIALE, ÉCONOMIQUE – N'EST IGNORÉE

Les esprits chagrins ou malintentionnés qui critiquent les principes de notre politique dénoncent aussi leur application au cas par cas. Quel mauvais procès! Depuis dix mois, je n'ai cessé de demander aux préfets, sur l'ensemble du territoire national, que la situation individuelle de chaque personne étrangère soit examinée de manière plus attentive. Dans l'immense majorité des cas, aucune dimension – sanitaire, sociale, familiale, économique – n'est ignorée.

Lorsque j'ai personnellement connaissance de dysfonctionnements, je les corrige. Le 18 janvier, j'ai ainsi demandé que soit régularisée la situation d'une dame turque malade âgée de 89 ans. La semaine dernière, de même, j'ai demandé qu'une femme béninoise, veuve d'un Français, bénéficie d'un titre de séjour.

En quoi cela est-il critiquable ? Voudrait-on que je ne régularise personne ou que je régularise tout le monde ? Ceux qui dénoncent le refus des régularisations massives ne savent pas de quoi ils parlent. Ainsi, quand un éditorial du Monde, le 8 avril, assure que "plusieurs pays européens – l'Espagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas – ont trouvé des solutions pour régulariser des sans-papiers", je m'étonne de la légèreté de votre conjugaison tant le passé composé n'est, en réalité, que de l'imparfait : ce sont précisément ces pays qui ont aujourd'hui tous renoncé aux régularisations massives, trop conscients de l'appel d'air qu'elles engendrent.

Ecoutez Giuliano Amato, ministre socialiste de l'intérieur du gouvernement italien, le 5 juin 2007 : "Nous sommes tout à fait d'accord pour lutter contre les régularisations généralisées."

Quant à ceux qui s'attaquent à "la politique du chiffre", ils redoutent peut-être l'efficacité de notre action. Oui, notre politique est efficace. Elle porte ses fruits. Pour la première fois depuis une génération, le nombre de clandestins a diminué en France en 2007, connaissant même une baisse de 6 %. Au total, ce sont près de 110 000 clandestins qui ont quitté la France depuis 2002.

Simultanément, nous luttons sans relâche contre les esclavagistes de notre temps qui exploitent la misère des candidats à l'immigration clandestine : 1 564 employeurs de clandestins ont été interpellés en 2007, contre 1 077 en 2006, soit une augmentation de 45 %. Quelque 96 filières ont été démantelées et 684 marchands de sommeil ont été arrêtés, soit une hausse de 15 %.

Que l'on se rassure : nous ne sommes pas des ayatollahs du chiffre ! Mais s'y référer a le mérite de constituer un triple signal : un signal adressé à ceux qui, arrivés légalement sur notre territoire, respectent nos règles et nos valeurs et doivent se sentir protégés, un signal aussi à ceux qui seraient tentés de se rendre en France de manière clandestine comme à ceux, réseaux et passeurs, qui font de la misère humaine un juteux fonds de commerce.

S'agissant des centres de rétention administrative (CRA), je rappelle que les premiers ont été ouverts en 1984, lorsque les socialistes et les communistes étaient au pouvoir.

Les CRA existent aujourd'hui quasiment dans toute l'Europe et, s'ils n'existaient pas, l'alternative serait la prison, comme c'est déjà le cas ailleurs dans le monde. Faut-il rappeler que la rétention administrative peut s'interrompre à tout moment si l'intéressé manifeste son désir de rentrer par lui-même dans son pays d'origine, le cas échéant avec le bénéfice d'une aide au retour ?

J'ajoute que la personne retenue, qui séjourne en moyenne douzejours en CRA, bénéficie de conditions de vie beaucoup plus libérales que celles d'un détenu : droit de visite étendu, possibilité de téléphoner à l'extérieur, absence d'enfermement en cellule… De plus, mon ministère consacre cette année encore 3,88 millions d'euros pour financer la présence d'une association, la Cimade, au sein des centres de rétention.

Le commissaire pour les droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, m'a d'ailleurs récemment fait part de sa satisfaction quant aux conditions de rétention, qui sont parmi les meilleures d'Europe.

CHAQUE MATIN, JE M'INTERROGE ET CHAQUE SOIR, JE REPARS AVEC LA MÊME CONVICTION

Enfin, certains fustigent une politique jugée trop répressive. Pourtant, dès ma prise de fonctions, j'ai demandé expressément qu'il n'y ait pas de contrôle au faciès. J'ai, par ailleurs, exigé qu'il n'y ait pas d'interpellation à la sortie des écoles. Je ne suis pas dupe des amalgames que certains voudraient mettre en scène. Quelle est cette méthode ignoble qui consiste à imputer la mort d'immigrés clandestins à la police alors que celle-ci était présente sur les lieux du drame pour de tout autres raisons que la lutte contre l'immigration irrégulière ?

Je pense à cette ressortissante chinoise qui s'est tuée en novembre 2007 alors que des policiers étaient venus remettre une convocation judiciaire au marchand de sommeil chez qui elle était hébergée. Je pense encore à ce jeune Malien qui s'est jeté voilà plusieurs jours dans la Marne alors qu'il tentait de se soustraire à un contrôle occasionné par la vérification d'un titre de transport. En suscitant la confusion à partir de ces drames, les bien-pensants alimentent une psychose que la seule exigence du respect de la loi ne justifie certes pas.

En devenant ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire dans le gouvernement de François Fillon, je savais que ma tâche serait difficile. Ce nouveau ministère est sans doute l'un des plus sensibles du gouvernement. Il est sensible parce que, plus que tout autre, il touche à l'être humain, trace un destin commun et dessine l'avenir de notre communauté nationale. Il affirme sa dimension européenne et sa volonté d'un développement solidaire.

Je ne suis ni sourd ni aveugle. J'entends les critiques et lis les articles. Je partage l'émotion. Qui peut croire que sur un sujet aussi délicat, parce qu'il touche à l'équilibre de notre société, il n'y ait que des certitudes et aucune interrogation ? Pas un jour ne se passe sans que je me pose la question : notre action est-elle juste ?

Chaque matin, je m'interroge et chaque soir, je repars avec la même conviction. Au-delà des mots, de l'incantation et des postures collectives aussi généreuses qu'elles n'entraînent aucune conséquence individuelle pour ceux qui pratiquent l'insulte ad hominem, j'affirme que la nouvelle politique d'immigration de la France, dont le président de la République est à l'initiative, est la seule possible et responsable. Elle trouve sa cohérence dans sa triple vérité : elle est à la fois nécessaire, efficace et équilibrée.


Brice Hortefeux, Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement.


par Quimboiseur publié dans : Politique
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Jeudi 24 avril 2008
Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/24/richard-casanova-etait-en-passe-de-devenir-le-nouveau-boss-du-milieu-corse_1037764_3224.html?xtor=RSS-3208

Richard Casanova était en passe de devenir le nouveau "boss" du milieu corse


Richard Casanova, 48 ans, une figure du grand banditisme corse, a été assassiné à l'arme de guerre, mercredi 23 avril au matin, non loin du parking d'une concession automobile à Porto-Vecchio (Corse-du-sud). Vers 11 h 30, alors qu'il regagnait son véhicule en compagnie d'un ami, M. Casanova a été fauché par un tir mortel, ajusté depuis un muret à proximité duquel il s'était garé. "Le tireur se trouvait à une distance maximale de 5 ou 6 mètres. Cette exécution a été soigneusement préparée, le signe d'un contrat mené par des professionnels", a déclaré au "Monde" José Thorel, procureur de la République à Ajaccio.

Si son nom était peu connu du grand public, Richard Casanova, né le 3 juillet 1959 à Bastia, s'était forgé une véritable légende. Après avoir fait ses premières armes dans les rangs du FLNC, ce discret fils de la bourgeoisie locale n'avait pas tardé à figurer sur les tablettes policières comme l'un des piliers de la "Brise de mer", une association de malfaiteurs de la région bastiaise.

Charismatique, intelligent, la justice l'avait promu "cerveau" du "casse du siècle" dans lequel se retrouveront impliquées plusieurs figures de la "Brise" : 31millions de francs suisses, soit environ 20 millions d'euros, dérobés au siège de l'Union des banques suisses (UBS) le 25 mars 1990. Un coup de maître qui avait sonnéle début d'une cavale digne d'un polar, entre maquis corse, villas de la Côte d'Azur, Afrique et Amérique du sud.

Richard Casanova semble s'être constamment joué du mandat d'arrêt lancé contre lui fin janvier 1991, échappant à plusieurs coups de filet au milieu des années 1990. L'homme a toujours bénéficié de solides protections, en particulier de la part de riches Corses établis en Afrique et proches des anciens réseaux du Service d'action civique (SAC), ex milice gaulliste.

"UN VÉRITABLE POÈTE"

De ces amitiés, en Corse comme dans les hautes sphères du pouvoir parisien, Richard Casanova en comptait beaucoup. "Beaucoup trop", assurent les spécialistes du milieu insulaire. Le 12 février 2000, son nom avait adisparu du fichier des personnes recherchées, une "bourde" surprenante dans laquelle les mauvais esprits avaient cru deviner la main de Roger Marion, alors numéro deux de la police judiciaire, ex-patron de l'antiterrorisme et grand habitué des rivages corses (Le Monde du 4 mars 2006).

Six années plus tard, le 3 mars 2006, la "belle" de Casanova avait pris fin avec son interpellation à Lucciana (Haute-Corse). Entre-temps, la justice avait acquitté quatre de ses complices présumés dans l'affaire du casse de l'UBS en juin 2004. Condamné à 12 années par défaut, Richard Casanova attendait depuis une décision en appel dont l'issue favorable ne faisait guère de doute.

"L'instruction a clairement établi qu'il ne pouvait avoir participé au braquage, explique maître Jean-Yves Liénart, son conseil, ses complices présumés ont tous été acquittés, la chambre de l'instruction a ordonné sa remise en liberté en novembre 2006, le dossier ne pesait plus rien."

Richard Casanova, lui, pesait lourd. Trop, peut-être. "C'est probablement la plus forte personnalité que j'aie eu à défendre, s'incline maître Liénart, un homme extrêmement brillant et un véritable poète lorsqu'il parlait de la Corse." Les enquêteurs désignent surtout "le poète" comme le candidat le plus en vue au poste de nouveau "boss" du milieu insulaire, laissé vacant depuis la mort accidentelle, le 1er novembre 2006, de "Jean-Jé" Colonna.

"Richard était le seul à avoir l'envergure de lui succéder, souligne un policier, mais ici, dès qu'on concentre trop de pouvoirs, on dégringole." "On l'appelait Le Menteur , beaucoup de gens lui en voulaient pour une raison ou pour une autre", lâche un autre fin connaisseur du milieu insulaire, qui avance de récentes brouilles avec certains anciens frères d'armes en guise de "piste sérieuse".

Depuis neuf mois, le contrôle judiciaire de M. Casanova avait été allégé et son interdiction de séjour en Corse levée. Il avait décidé de regagner l'île. Protégé, semblait-il croire, par son statut d'icône du Milieu.

Antoine Albertini



par Quimboiseur publié dans : Renseignements généraux
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