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A deux reprises déjà avant le meurtre d'un étudiant à Grenoble, Jean-Pierre Guillaud avait commis des agressions au couteau. A deux reprises, il avait été déclaré «irresponsable». Mais une première expertise rendue mardi a jugé que l'état mental de ce schizophrène était cette fois «compatible» avec son audition par un magistrat instructeur et avec son «éventuelle mise en examen».
Les conclusions d'une deuxième expertise, plus complète et portant sur la responsabilité pénale de cet homme de 56 ans, ne seront pas connues avant plusieurs semaines. Un collège d'experts devra déterminer si le meurtrier présumé de Luc Meunier peut ou non être jugé devant une cour d'assises. Cette expertise a été ordonnée dans le cadre d'une information judiciaire pour «meurtre» ouverte par le parquet de Grenoble après la mort de cet étudiant en sciences de 26 ans, le 12 novembre.
Le magistrat instructeur a en outre délivré mardi, à l'encontre de Jean-Pierre Guillaud, un mandat d'amener, c'est-à-dire un ordre de le conduire devant lui afin de procéder à sa mise en examen pour «homicide volontaire». Elle devrait avoir lieu dès jeudi matin.
De son côté, le parquet envisage de requérir le placement en détention provisoire de l'intéressé, actuellement en chambre d'isolement à l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève, en Isère. Jean-Pierre Guillaud avait réintégré le service où il était soigné avant le drame quelques heures après son interpellation. Par ailleurs, le ministère de la Santé a confirmé que le directeur de cet établissement psychiatrique avait été «suspendu» lundi, comme l'avait révélé lefigaro.fr.
Le 12 novembre, Jean-Pierre Guillaud s'était échappé de l'hôpital psychiatrique où il était placé. Une fugue aux conséquences dramatiques : l'homme avait alors acheté un couteau puis avait frappé au hasard, blessant mortellement Luc Meunier, en plein centre de Grenoble.
Jean-Pierre Guillaud, hospitalisé en psychiatrie depuis les années 80, avait déjà commis deux agressions du même type en Isère en 1995 et en 2006, pour lesquelles il avait bénéficié d'un non-lieu après avoir été déclaré pénalement irresponsable. Il était interné depuis 2006 à Saint-Egrève, sous le régime de l'hospitalisation d'office. En 1995, il avait fugué de l'hôpital psychiatrique, avant de poignarder un homme, le blessant grièvement, à quelques dizaines de mètres du lieu du meurtre de Luc Meunier (son témoignage).
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