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La «guerre du gaz» entre la Russie et l'Ukraine se durcit de jour en jour. Selon Alexeï Miller, le patron du géant du gaz russe Gazprom, l'Ukraine aurait volé 63,5 millions de mètres cubes de gaz depuis le début de la nouvelle année. Interrogé par Poutine sur les mesures qu'il entendait prendre face à cette situation, Miller a évoqué une «proposition de réduction des volumes de gaz livrés à la frontière russo-ukrainienne d'un montant équivalent à celui qui a été volé». Cette idée aurait plu au Premier ministre russe, qui a imméditament ordonné de mettre cette menace à exécution «dès aujourd'hui». Depuis le 1er janvier, Moscou accuse l'Ukraine d'effectuer des prélèvements illégaux dans les gazoducs qui transportent le gaz en direction des clients de l'Union européenne, mais selon Naftogaz, la société ukrainienne des hydrocarbures, ces prélèvements s'effectuaient pour des «raisons techniques afin de faire transiter les exportations russes» envers les nations de l'ouest de l'Europe.
Depuis le Nouvel an, Gazprom a coupé l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, faute d'un compromis avec ce pays sur le prix du gaz destiné à sa consommation et sur des arriérés de paiement de deux milliards de dollars, réclamés par le géant russe Gazprom.
Des perturbations dans de nombreux pays européens
Malgré la confiance de l'Union européenne, notamment en raison de stocks de gaz importants, les conséquences de cette crise se font déjà sentir dans certains Etats de l'UE. Ainsi, les livraisons de gaz naturel russe ont baissé de 9,5% pour la République tchèque, de 11% pour la Pologne, de 30% pour la Roumanie et de 20% pour la Hongrie. Pour l'instant, la France reste sereine, GDF Suez n'ayant constaté aucune baisse des livraisons. Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, affiche elle aussi un certain optimisme, affirmant que les approvisionnements en gaz de la France n'étaient «en aucune manière menacés» par le conflit gazier russo-ukrainien. La ministre, qui a rencontré lundi midi le vice-président de Gazprom Alexandre Medvedev, s'est malgré tout refusé à tout commentaire concernant le différend entre Moscou et Kiev.
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