Mercredi 1 juillet 2009
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Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/06/30/01016-20090630ARTFIG00435-un-vehicule-de-police-caillasse-avec-guaino-a-bord-.php?mode=commentaires
Richesse culturelle ?
01/07/2009 à 11:09
Voilà donc un bel exemple que l'on devrait demander aux politiques qui nous serinent à longueur d'année que l'immigration est une richesse une chance pour la France !
lu dans libération : Grèce.
La tension montait depuis plusieurs mois dans ce quartier du centre d?Athènes, typique de cette ville qui s?est agrandie à la va comme je te pousse. Aux premiers baraquements des réfugiés d?Asie
mineure du début du siècle ont succédé les immeubles construits par les provinciaux venus de l?exode rural des années 60-70, et maintenant s?y retrouvent des ressortissants du monde entier, Asie,
Afrique, Balkans. Tous pris au piège, dans un pays qui ne devait être que de transit, alors que le travail, même au noir et sous-payé, commence à manquer, crise oblige. Par solidarité,
l?hospitalité des Grecs, ex-émigrés ou descendants de réfugiés, a été au début chaleureuse. «C?est de plein gré que je suis venue vivre il y a quatre ans dans ce quartier. Je croyais aux vertus de
l?enrichissement par d?autres cultures et je voulais participer à l?éclosion d?une société multiculturelle», explique Anna Vagena, comédienne qui reconnaît maintenant que «la situation n?est plus
tenable». Les commerçants grecs ont déserté le quartier, les écoles fonctionnent désormais avec une minorité d?enfants grecs, les gens veulent partir et vendent leur maison au rabais.
«Ce qui nous fait le plus mal pour nous qui étions imprégnés de l?idéal d?une société ouverte, laïque, et combattions l?influence de l?Eglise orthodoxe, c?est de voir l?emprise de la religion
musulmane sur notre quotidien», explique cette femme de gauche : «Faute de lieu de prières, la plupart de ces hommes, car ce sont des hommes en majorité, se réunissent dans n?importe quel lieu. Il
m?arrive le matin de ne pas pouvoir sortir de chez moi, bloquée par des centaines de personnes agenouillées devant ma porte, en pleine prière. Pour nous les femmes, cela devient de plus en plus
difficile de circuler et je ne parle pas de tout ce qui se passe : drogue, vols, prostitution.»
Depuis des mois, la «Chrisi Avghi» (l?aube d?or), un groupuscule d?extrême droite, est à l??uvre dans le quartier, montant les habitants contre les immigrés, faciles boucs émissaires de la crise.
Tous les arguments sont bons, comme jouer sur la peur quant à la santé des enfants, en empêchant les fils et filles d?immigrés, qui ne seraient pas vaccinés, de fréquenter les mêmes lieux publics.
D?où la fermeture de jardins. Le groupuscule est même allé plus loin en formant des milices qui traquent en dehors de toute légalité les sans-papiers, sous l??il bienveillant de la police.
Le quartier est une Grèce en miniature, terre d?émigration devenue pays d?immigration. Ce fut d?abord, avec la chute du communisme, les ressortissants de pays voisins (Albanais, Bulgares,
Roumains?) puis ceux qui se proclament d?origine grecque, comme les Russes ou Ukrainiens de la mer Noire. Puis vinrent de plus loin, les Egyptiens, les Philippins, les Nigérians? Et maintenant les
Pakistanais, Bangladais, Afghans? C?est par centaines qu?ils atterrissent chaque jour à Athènes, en provenance de Turquie, via les îles ou la frontière nord. Ces derniers mois, leur nombre
s?accroît, car la sécurité des autres voies d?accès vers l?Europe, comme l?Espagne ou l?Italie, a été renforcée.
«Nettoyés». Le gouvernement grec semble découvrir cette nouvelle donne de l?immigration, surtout celle clandestine, depuis la poussée du parti d?extrême droite Laos aux dernières élections
européennes. Mettant dans le même panier émigrés réguliers établis de longue date et clandestins en transit, le gouvernement conservateur a décidé une «grande opération balai» : les «ghettos» des
grandes villes comme Athènes, Patras, Thessalonique seront «nettoyés», 80 centres de rétention vont être construits pour «parquer» ces migrants. Un grand bateau croisera même en pleine mer pour
«accueillir» les nouveaux arrivants. L?opinion publique grecque reste sceptique face à ces mesures gouvernementales répressives, comme l?exprime Anna Vagena : «J?en ai assez d?écouter les hommes
politiques, de quelque bord que ce soit, en parler de façon théorique. Nous, c?est au quotidien que nous vivons ce "choc des civilisations"».
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