Source : http://www.rfo.fr/article1061.html
Le 24 octobre 2007
Taekwondo
Mickaël Borot, l’anti-Gentil
Dans la course à la qualification de taekwondo pour les Jeux olympiques de Pékin, en 2008, Mickaël Borot semble être en avance sur son rival direct Pascal Gentil.
par Ismael Mohamed Ali
Mickaël Borot © RFO
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Le pensionnaire de l’ASC Champigny sait toutefois qu’il va devoir rester vigilant et performant jusqu’à juillet 2008. Il n’a pas oublié la mésaventure des derniers Mondiaux.
Le champion d’Europe 2006, pourtant vainqueur à quatre reprises sur cinq test-matchs contre le double médaillé olympique, n’avait toutefois pas été retenu. Rencontre.
Un champion méconnu
Mickaël Borot est aussi populaire dans la planète taekwondo qu’il est inconnu du grand public. Ce Martiniquais de 32 ans n’a pas la notoriété de son partenaire d’entraînement des plus de 84
kilos, le médiatique Pascal Gentil. Mickaël Borot a pourtant l’un des palmarès les plus fournis de la place de Paris et de Bruxelles. Le natif du Robert, à la Martinique gagne à être connu.
Champion d’Europe 2007, le double champion universitaire également lauréat du Tournoi de sélection olympique au mois d’octobre dernier à Manchester, semble bien parti pour être le représentant du
taekwondo français, dans la catégorie des lourds, aux prochains Jeux Olympiques de Pékin en 2008.
En plus de parvenir à qualifier sa catégorie pour les JO, en remportant les quotas, il a gagné le tournoi anglais. C’est dire l’état de forme du pensionnaire de Champigny-sur-Marne.
« Il fallait que je prouve que j’étais un lourd, le lourd français capable d’amener l’or olympique », a-t-il déclaré à l’issue de la compétition britannique.
L’objectif ultime de Michaël Borot est désormais une participation aux JO.
Les JO de Pékin en ligne de mire
« Je n’ai jamais participé à une Olympiade. Je pense que c’est le rêve de tout sportif, amateur comme professionnel. C’est l’application de la devise olympique :
« Plus haut, plus vite, plus fort ». Des images fortes, des exploits retentissants et des athlètes de légende comme Linford Christie ou Carl Lewis... Les Jeux, c’est aussi l’excellence
de la pureté et de l’effort physique. » Cet amateur de films asiatiques d’arts martiaux, particulièrement féru de Bruce Lee poursuit : « Les JO sont la scène
où il faut être quand on est sportif de haut niveau. L’endroit où des athlètes, issus de peuples et nations différentes, se rencontrent pour communier sur un même stade autour du sport. Durant
les JO, le monde entier est braqué vers ma discipline. Le taekwondo, sport peu médiatisé, profite ainsi de la meilleure exposition possible. Plus que la gloire individuelle pour les athlètes que
nous sommes, ce qui fait plaisir c’est le fait de se sentir reconnu comme l’égal de ses pairs. En 2004, à Athènes, j’étais le remplaçant de Pascal Gentil et en même temps consultant pour la
chaîne privée Canal +. J’ai donc vécu l’évènement avec un œil extérieur. J’ai un palmarès conséquent. Les JO, c’est l’aboutissement d’une carrière, la consécration d’une belle carrière et
j’espère décrocher ma participation pour Pékin. »
Cette participation aux JO passe forcément par une meilleure saison pré-olympique que son rival Pascal Gentil. Le capitaine de l’équipe de France de taekwondo, aux JO de Sydney, en 2000, a le
plus beau palmarès de l’histoire du taekwondo hexagonal.
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Pascal Gentil © RFO
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Pascal Gentil, le rival
Le Martniquais Pascal Gentil cumule dix titres de champion de France, trois titres de champion d’Europe, quatre titres en Coupe du Monde et deux médailles de bronze aux Jeux Olympiques (Sydney et
Athènes). Il ne lui manque qu’un titre olympique. Il n’imagine pas être du déplacement à Pékin l’année prochaine. «
Ce serait prétentieux de me dire confiant, car Mickaël est
très en forme. Mais, je suis un sportif de haut niveau et ça veut dire ce que ça veut dire. J’ai la foi. Si je suis là, c’est pour aller au bout », prévient-il.
L’originaire de Cergy-Pontoise n’ignore pas que Pascal Gentil est double médaillé de bronze olympique. Mickaël Borot reconnaît d’ailleurs que : « Pascal Gentil est le
sportif qui a fait connaître la discipline sur plan médiatique. Il a plus d’expérience que moi. J’ai à prouver que je suis meilleur que lui sur les grandes échéances. Jusqu’au mois de juillet
2008, je vais devoir donner le maximum pour ne pas avoir de regrets. Pascal est un excellent compétiteur. Je suis un ancien mi-lourd passé chez les lourds. Je fais un mètre 85, lui un mètre 98.
Je pèse 90 kilos et lui environ 105 kilos. La différence de gabarit, de morphotype et d’allonge est autre en ce qui me concerne. J’ai une capacité d’enchaînements plus rapide que les vrais lourds
n’ont pas. Le taekwondo est une sorte d’escrime des jambes. Il est toujours bon de pouvoir se déplacer plus vite. »
Le challenge qui attend Mickaël Borot est immense. D’autant plus que la catégorie des lourds que Mickaël vient de qualifier pour les JO de Pékin, n’attribue qu’une seule place pour deux
postulants français. « Lorsque j’ai qualifié la catégorie, le président de la fédération et le directeur technique national m’ont serré la main et m’ont prévenu :
« Félicitations, tu as fais un très grand boulot et rempli ta mission. Maintenant les compteurs sont remis à zéro pour la participation aux JO. »
Pascal Gentil et Mickaël Borot à l’entraînement © RFO
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Un fauteuil pour deux
Cette règle qui peut paraître injuste, Mickaël Borot l’accepte sans coup férir et explique que son parcours «
peut être qualifié de combattant, car il a toujours fallu que je
me batte. Dans ma catégorie j’ai toujours eu des champions d’exception. J’ai eu des blessures, des non sélections, des déceptions comme des déboires financiers. Vous savez il est difficile même
encore à 32 ans de poursuivre dans un sport amateur peu médiatique et de vivre noblement. Toutefois, j’ai aussi connu de grands moments de bonheur et quoiqu’il arrive je n’ai pas à me plaindre
parce que je fais ce que j’aime. En ce sens je vis dans une bulle et je suis conscient d’être un privilégié. »
Selon Oury Sztantman, entraîneur national, l’objectif de la Fédération française de taekwondo «
n’est pas de les voir combattre l’un contre l’autre. Pascal [Gentil] n’est pas
l’ennemi de Mika et Mika n’est pas l’ennemi de Pascal. Pour les Jeux, on veut l’athlète le plus performant par rapport aux adversaires qu’il va rencontrer aux Jeux Olympiques »,
précise-t-il au micro d’Annabelle Boyer, journaliste à RFO.
Que le meilleur gagne !
Titulaire d’un Master en management et stratégie d’entreprise à l’Esec, chef de projet de la branche environnement de l’entreprise Veolia, Mickaël Borot marche avec une devise :
« La persévérance paie, il faut toujours croire en soi et se dire que le meilleur reste à venir aussi bien dans les études que dans le sport. » Cet amoureux de la
Martinique, « ulcéré par le scandale des pesticides et du chlordécone qui met en péril la vie de milliers de Martiniquais et de Guadeloupéens » va néanmoins se
concentrer sur son « mono-projet » : les JO de Pékin. Le 25 novembre, le Tournoi de Paris va être la première étape du chemin olympique. Suivront les
championnats de France, à Lyon, le 17 février 2008. « Il est essentiel d’être champion de France l’année des Jeux Olympiques », termine Mickaël Borot, dont le rêve
ultime, outre une qualification et une médaille olympique, est de « fonder une famille et de voir grandir ses enfants ». Parole de champion !
Portrait
Nom : Mickaël Borot
Taille : 1,85m
Catégorie : (+84kg)
Poids : 90kg
Date de naissance : 31 mai 1975
Lieu de naissance : Le Robert (Martinique)
Etudes : Master Sport Management et stratégie d’entreprise
Club : Champigny-sur-Marne
Pôle France : Aix-en-Provence (1996-2001), INSEP depuis septembre 2001
Professeur : Phan Than Hung
Première sélection : Juin 1996
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