SOS Libéralisme

Lundi 18 février 2008
Alors qu'il  y avait des atteintes à la dignité de personnes en raisons de leurs origines ethniques et religieuses, une association nommée SOS racisme a été fondée pour lutter contre toutes sortes de discriminations. Peu importe l'efficacité réelle ou supposée d'une telle association, le fait est qu'aujourd'hui elle existe en tant que lobby et exerce des pressions sur l'opinion publique.

Dans la même veine, les libéraux de France devraient créer une association "SOS libéralisme" pour lutter contre toutes formes de discriminations envers le libéralisme, la libre circulation des capitaux et le développement économique, ainsi que toutes les formes d'enrichissements personnels.

Le premier combat que devrait mener cette association serait la lutte contre l'ISF qui fait fuir tant d'entrepreneurs et qui créer tant de cessation d'activité plutot que des reprises par de nouveaux investisseurs.

Par Quimboiseur
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Vendredi 22 février 2008
Source : http://caccomo.blogspot.com/2008/02/le-mythe-tenace-de-letat-rgulateur.html

Le mythe tenace de l'Etat régulateur


« Il est fort inutile que l’autorité se mêle d’encourager ce qui est nécessaire. Il lui suffit de ne pas l’entraver »

Benjamin Constant

Il y a vraiment en France un culte omniprésent de l’Etat et une mise en scène du discours de l’Etat. On voudrait croire que ce qui était impossible hier devient possible aujourd’hui parce que l’on va changer le président de la République. En 1981, les français descendent dans la rue en liesse pour saluer l’élection de Mitterrand : enfin, la vie va changer car telle était le slogan des socialistes « changeons la vie » ! Les politiques ont tendance à surestimer leur réelle pouvoir sur les choses surtout quand ils ont une mauvaise vision de l'économie. Mitterrand pouvait se permettre de vouloir changer la vie lui qui revendiquait avec fierté son ignorance en matière économique. Plus de vingt ans se sont écoulés mais les choses n'ont guère changé. Au-delà du combat réellement virulent qui oppose la droite et la gauche, on retrouve un même discours destiné à présenter le politique comme un régulateur sinon comme un sauveur.

L’Etat doit nous protéger de tout : de la mondialisation, de l’alcool et du tabac, des sectes, de la concurrence déloyale, de la vie, de la science et ses dérives...

La lecture de la Une du journal « Le Nouvel Economiste » (édition n° 1420) est à révélatrice de notre attachement viscéral en la croyance à la capacité régulatrice de l’Etat (voir le lien). L’éditorial annonce la couleur avec le titre « Une économie plus politique ». Selon l’édito en question, il appartient « Au Politique de reprendre la main et de réaffirmer ainsi sa primauté sur l’Economique ». Dès la première page, la finance est présentée comme une « créature » dont le pouvoir politique devrait reprendre le contrôle. Plus bas, un article sur la grande distribution interroge : « l’Etat, nouveau grand commandeur ? ». L’Etat, l’Etat, toujours l’Etat.
Heureusement, Le Nouvel Economiste n’est tout de même pas l’Humanité. Je ne serais pas honnête si je ne rendais pas au hommage à son édition n° 1418 qui consacre une étude passionnante sur la situation culturelle de la France. Car les auteurs reconnaissent que cette prétention de l’Etat à tout régenter n’est pas sans conséquence sur notre moindre rayonnement culturel. Même en ce domaine, le tout-Etat tue l’innovation et la créativité, et « l’art doit apprendre à être moins étatico-dépendant » (Le Nouvel Economiste n° 1418). On apprend (mais serait-ce un scoop pour un libéral) que ceux qui sont chargés de répartir les subventions à tel ou tel projet culturel ne sont ni les plus compétents (en matière culturelle) ni les plus désintéressés (électoralement parlant). On retrouve les mêmes aberrations dans les critères d’allocation de l’argent public pour les projets de recherche. Et même quand les fonctionnaires chargés d’allouer l’argent public sont d’une grande qualité et d’une grande probité, c’est le mode de fonctionnement même des structures centralisées qui les met en situation d’asymétrie d’information. « De commissions en inspecteur à la créativité, le maquis bureaucratique a transformé l’art en une machine à distribuer des subventions ».

Ce n’est pas propre à l’art, mais à l'ensemble des domaines que l’Etat va phagocyter. La qualité des personnes n’est pas en cause, c’est dans la nature des organisations centralisées. On ne demande pas au pyromane d'éteindre l'incendie.

# posted by Caccomo

Par Quimboiseur
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Samedi 23 février 2008
Source : https://www.blogger.com/comment.g?blogID=17404467&postID=1547038487442578819

Blogger Laurent a dit...

Merci pour vos chroniques.

L'Etat a le monopole de la "violence légitime" et l'utilise soutenir des activités monopolistiques.
Qu'elles soient développées par des fonctionnaires ou par corruption de ces mêmes fonctionnaires.

Un exemple récent de corruption de l'Etat : Laurent Thierry le PDG de la societe ACTIS était interviewé sur BFM-radio le mardi 19 février dernier.
Il y explique pendant 3mn que l'Etat est complice du monopôle des fabriquants d'isolants en laine de verre.
ACTIS fabrique un meilleur matériau, mais dès qu'ils ont commencé à gagner plus de 10% de part de marché en Angleterre l'Etat français est intervenu pour leur retirer l'agrément de distribution de leur produits.

Le PDG est à Bruxelle pour défendre son droit sur des critères objectifs, et on lui refuse l'accès aux reunions techniques....

Podcasts sur BFM : http://www.radiobfm.com/index.php?id=149&idemission=11
http://stat3.cybermonitor.com/m/media/bfmpod_v.mp3?R=BFM%26S=channel11%26media_url=http://www.1001podcast.com/podcast/BFM/channel11/20080219_laurent_thierry_bfm.mp3

Bien cordialement.

Par Quimboiseur
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Lundi 25 février 2008
Source : http://caccomo.blogspot.com/2008/02/le-mythe-tenace-de-letat-rgulateur-2.html

Bonjour,

Si je puis me permettre une - très - légère rectification sur le post de JLC.
Dire que l'armée est une organisation purement pyramidale où le soldat ne discute pas les ordres est vrai entre le "trouffion" et l'état major, mais, ma maigre connaissance des grandes batailles et de certains généraux - je pense à Jules César, Belissaire, le Grand Condé, Napoléon ou encore Molkte l'Ancien - tendrait à m'indiquer que les généraux qui ont réussi à gagner sur le long terme sont en général ceux qui ont laissé une large part d'initiative aux officiers supérieurs de terrain - lieutenants et autres capitaines -.
Molkte l'Ancien pouvait même faire peur à certains officiers de l'EM prussiens par sa confiance et la délégation qu'il accordait à ces officiers. Il considérait, en cohérence, qu'il fallait que ceux-ci soient les mieux formés possible, afin de prendre les bonnes initiatives. Il défendait ce point de vue en remarquant qu'il était impossible pour un chef de traiter l'ensemble des informations qui lui parviendrait du front.
Il est à ce propos remarquable que la stratégie de Foch en 1918 a justement consisté à saturer le généralissime adverse - Ludendorff - qui centralisait toutes les informations en générant une multitude de petites attaques - voire Stratégie B.H. Lidell Hart -.
Plus prosaïquement, pour connaître personnellement des membres de la légion étrangère, il me semble que ce qui fait justement la force de cette arme est, certes, le dévouement et la capacité de ses hommes à suivre les ordres, mais aussi, surtout ?, la capacité de ses officiers - y compris subalternes - de savoir adapter aux réalités du terrain les ordres reçus pour atteindre les objectifs fixés.
Comme disait le grand Charles, il n'y a pas de politique qui vaille en dehors de la réalité. Or la réalité est qu'un homme, aussi intelligent soit il, ne pourra jamais coordonner l'ensemble des actions humaines et intégrer l'ensemble des paramètres dans sa tête.
Polytechnique ou l'orgueil scientiste...
Par Quimboiseur
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Lundi 25 février 2008

Source : http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2008/02/le-concert-des.html?cid=104299388#comment-104299388

"pourquoi les revenus salariaux ou du travail sont-ils imposés plus lourdement que les revenus financiers ou du patrimoine"

Ha ouais pourquoi ? Ben pourquoi on s'est mal de diminuer les droits de succession ? Ouais pourquoi ?

Ha ben, pour payer sa maison, un père de famille a été amputé de 30% de son salaire en impot, et il a payé sa maison avec ce qui lui restait.

Il a du prendre un crédit à long terme, et a donc du p ayer 30% de la valeur de la maison en intérets.

Du coup à la fin de sa vie, il fini par être propriétaire. Mais voila que pour transmettre son bien à ses enfants, il doit encore s'acquitter d'une taxe de droits de succession.

Pourquoi on taxe la capital moins que le travail ? Mais parceque pour obtenir ce capital, il a fallu payer avec de l'argent, obtenu grace au travail, qui lui est excessivement taxé.

Taxer le capital, revient donc à être taxé 2 fois. Une fois par le travail qui permet d'acquerir ce capital. Et une deuxieme fois, pour la simple possession de ce capital. En gros, on baffout le principe de propriété car en quelque sorte, on fini par louer sa propriété.

C'est du n'importe quoi !

Pourquoi on me taxe sur mon travail ? C'est pour me garantir une protection sociale en cas de chomage.

Pourquoi on taxe un capital ? pour pouvoir vous restituer une partie de votre bien en cas de banqueroute ? Mais vous rigolez !

C'est pour la solidarité ! Oui ! La solidarité ! Vous payer pour engraisser des gens qui vous toisent du regard dans la rue, qui rackettent vos enfants à l'école, et qui lorgnent sur votre Peugeot 308 toute neuve, quand ils ne violent pas vos filles dans les caves ou dans les chiottes du lycée... Voila où elle va la solidarité !

Et aussie pour engraisser des nomenklaturiste et des apparatchik gauchiste, fonctionnaire à vie, qui sont de parfaits rentiers de la politique. Mais ce sont des rentiers qui ne sont pas taxés sur les fruits de leur capital : l'argent des autres !

Rédigé par: Quimboiseur

Par Quimboiseur
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Lundi 25 février 2008
Source : http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2008/02/le-concert-des.html#comments



ETF:
Un exemple: Quelqu'un qui travaille dur pendant 25/35 ans tout en etant durement taxe annee apres annee. Il a de la chance, il a beaucoup travaille et il est econome: il prend sa retraite et commence a vivre de ses rentes.
Ce capital est le fruit de son travail et de ses economies, faites annees apres annees et ce apres avoir paye tout ses impots.
Pourquoi devrait-il payer plus d'impots encore? Sur ce capital notamment?

Car, il ne faut bien sur pas confondre impot sur le capital (comme a l'air de le dire Quimboiseur et comme on le fait en France avec l'ISF ou il suffit d'avoir un certain patrimoine pour le voir taxe) et l'impot sur les revenus de ce capital.

L'impot sur le capital a la francaise est completement injuste (l'argent a deja ete taxe, soit pendant la vie de constitution du capital, soit lors de la succession) et en plus il fait fuir le capital, c'est clair. Sorman vous le rappelle et on le sait tres bien dans le cas de la France.
Quand a l'impot sur le revenu de votre capital, la encore il y a plusieurs choses: les plus values eventuelles, et les dividendes. Pas pareil...

Vous etes actionnaire d'une societe. Elle a gagne de l'argent et elle a donc paye un impot sur ses benefices. Avec ce qui reste, elle investi et paye un dividende. Le fait que l'etat vous taxe sur ce dividende est parfaitement scandaleux: cet argent a deja ete taxe!!

Conclusion, beaucoup de ces impots sur le capital ou sur ses revenus que vous preconisez sont parfaitement injustes. De plus, comme Sorman vous l'a explique, cela fait fuir le capital. Si je vais me faire surtaxer en vivant de mes rentes, je vais partir! C'est evident. Il est interessant de voir que vous n'acceptiez pas cela. Regardez la Floride: paradis des retraites. Le climat bien sur. Mais vous croyez vraiment que le fait qu'il n'y a pas de State tax sur les revenus (travail et capital) n'y est pour rien?
Regardez le Royaume-Uni, la loi (que Blair s'est bien garde de retirer) qui permet aux residents non domicilies (en gros, les etrangers) de ne pas payer d'impots sur les revenus de leur capital places a l'etranger explique la presence de nombreux millionaires/milliardaires dans cette perfide Albion... Alors qu'en France, les gens partent en courant des qu'ils ont un peu d'argent... Vous pensez que la France y gagne au change?

Pourquoi insistez vous tant a faire des choses qui sont injustes et qui n'ont pas de sens (faire fuir le capital est contreproductif, non?)?

Rédigé par: Avidadollars

Par Quimboiseur
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Mardi 26 février 2008
Source : http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2008/02/le-concert-des.html?cid=104642750#comment-104642750


Allez pour faire plaisir à ETF, en tant que libéral il y a quelque chose dans le systeme capitaliste qui me choque, ce sont les golden parachute et les augmentations des salaires des patrons.


Les patrons Français cette année ont augmenté leur salaire de 40%. Alors quand on voit ça et quand ils expliquent à leur salarié qu'ils ne peuvent pas les augmenter, là c'est choquant, très choquant et inéquitable ! Et là je rejoins meme les gens de la LCR la dessus ! C'est une grave dérive du capitalisme.


Les golden parachute, c'est vrai que les patrons ont un haut train de vie, et c'est vrai qu'en France, en tant que patron vous n'avez pas droit aux assedic. Donc les golden parachute sont censés etre une sorte de protection sociale des patrons.

Mais il est choquant que des gens qui ont planté une boite, se casse avec une prime. Moralement c'est abject. Ensuite si on a à faire à des gens qui sont riches, ils sont déja propriétaire de leur appartement. Donc il ne leur reste que la bouffe à payer. Et à mon avis ils ont de l'épargne. Alors oui ils sont habitués à un grand train de vie, et bien ils n'ont qu'à réduire la voilure, vendre leur maison, vendre leur Audi A8, vendre leur maison de campagne, vendre leur bateau, et acheter un petit pavillon en banlieue. Et avec ce qu'il leur reste ils n'ont qu'à payer la bouffe.

Je concède, en tant que libéral de bonne foi, qu'il faut remettre un peu de décence dans le capitalisme.

Rédigé par: Quimboiseur

Par Quimboiseur
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Mercredi 27 février 2008
Source : http://caccomo.blogspot.com/2008/02/le-chant-du-cygne.html

Le chant du cygne

Le gouvernement français est au pied du mur et il ne pourra plus passer son temps à ne plus le voir. Notre pays consacre une énergie incommensurable à vouloir échapper aux lois du marché, présentées à chaque occasion comme une dictature insupportable à laquelle notre noble pays ne saurait succomber.
Et pourtant, la concurrence - réelle et non faussée par le jeu de réglementations hypocrites et malfaisantes - a une vertu irremplaçable : elle oblige les producteurs à obéir à une discipline implacable. Car un producteur qui s’autoriserait une marge indue, ne correspondant à aucune valeur ajoutée, autrement dit qui chercherait à profiter d’une rente de situation, se verrait immédiatement sanctionné par la perte de ses clients qui se tourneraient vers d’autres producteurs plus soucieux de vérité des prix. Mais pour que le principe de vérité des prix fonctionne, il faut accepter la discipline du marché. L’un ne va pas sans l’autre.
Alors, en effet, tout devient cher en France parce que les producteurs, par l’intermédiaire de leur groupe de pression, achètent un à un auprès des différents gouvernements des « rentes de situation » à l’image des chauffeurs de taxi ou des agriculteurs qui ne sont pas prêts de lâcher de ce côté-là. Il est même indispensable pour faire une carrière politique nationale de faire son défilé au salon de l’agriculture où l’on aura pris soin de distribuer des promesses et de taper le cul des vaches.
A chaque fois qu’un président crée un nouveau droit opposable (au logement, à la crèche), à chaque fois qu’un gouvernement crée un nouveau droit social (comme par exemple la nouvelle allocation-dépendance), à chaque fois que l’on crée une nouvelle réglementation à la demande de telle ou telle corporation, cela se traduit par une dépense, donc un coût additionnel en face duquel il faudra bien mettre une recette, donc un prélèvement. Ces prélèvements seront incorporés dans le prix final à la consommation ou prélevés à la source. Dans les deux cas, ils amputeront le revenu disponible des ménages, donc leur pouvoir d’achat.
Il n’y a pas de miracle en économie : l’inflation législative et réglementaire est probablement la cause ultime de l’inflation des prix. Je ne dis pas que chacune des réglementations soit en elle-même discutable et non justifiée. Les réglementations sont généralement inspirées par de nobles motivations. Mais l’empilement des différentes législations a un coût collectif que l’on ne doit pas cacher à la collectivité car aucune réglementation n’est gratuite. Si vous obligez les entreprises à respecter des réglementations sociales, sanitaires, environnementales ou autres de plus en en plus sévères, cela se traduit concrètement par un accroissement de leurs coûts de production. Cet accroissement du coût sera répercuté dans le prix final.

Alors que l’économie est de plus en plus ouverte, les entreprises sont exposées à une concurrence qui les pousse à optimiser à tous les niveaux de leur organisation de sorte qu’elles ne peuvent se payer le luxe d’entretenir des rentes. Les entreprises savent qu’elles doivent réinvestir leur bénéfice au risque de se condamner et la politique de répartition des bénéfices fait partie de la stratégie d’investissement. Si Total veut survivre à l’après-pétrole de la même manière qu’IBM a survécu à la caisse électromécanique ou Disney à l’encre sur celluloïd, elle doit réaliser d’importants bénéfices qui ne seront jamais suffisants compte-tenu de l’effort de recherche-développement qu’il faut réaliser dans ces secteurs. Elles doivent donc consacrer une partie des bénéfices pour payer leurs dividendes aux actionnaires, ce qui est le seul moyen de garder la confiance des actionnaires et de pouvoir lever des fonds à nouveau dans le futur. Et souvent, les PDG des sociétés ont vu passer tant de président de la république et encore plus de ministres de l’économie qu’ils ne prêtent plus attention aux déclarations des personnalités politiques finalement plus court-termistes que la plupart des managers d’entreprise.

De ce point de vue, il est dramatique pour notre pays que nos gouvernements soient décidément incapables de diagnostiquer la source de nos maux, en s’en prenant à nouveau – voire en fustigeant – les industriels ou les distributeurs.
Un pays qui entre en guerre avec sa propre économie ne s’ouvre jamais des jours heureux.

# posted by Caccomo

Par Quimboiseur
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Jeudi 28 février 2008
Source : http://caccomo.blogspot.com/2008/02/la-quadrature-du-cercle.html

La quadrature du cercle

Le problème français est devenu insoluble tant que les français s’enfermeront dans un aveuglement collectif proprement incompréhensible vu de l’étranger. Au lendemain des élections, l’Europe retenait son souffle pour ensuite saluer l’élection du nouveau président. On a tous entendu : la France revient ! Quelques mois plus tard, à l’image des allemands dubitatifs, on a l’impression que cette renaissance fut bien passagère. La campagne municipale annonce déjà les mêmes refrains. Dans ce jeu de dupes qu’est devenue la politique française, les partis en présence s’opposent sur l’identité du pilote mais personne ne remet en cause la notion même de pilote. La croissance est molle parce que précisément un grand nombre de concitoyens a décidé d’attendre tout des autres, les autres agissant de même. En matière de cohésion sociale, on peut mieux faire. Et quoique que l'on en pense, l'économie nous rend interdépendant les uns des autres tandis que l'intrusion étatique nous rend totalement dépendant.

C’est comme si un individu avait hérité d’une Ferrari. Malheureusement, il découvre qu’il faut souvent faire le plein de carburant (c'est cher), changer les pneus qui s’usent rapidement (c'est encore cher), payer une assurance exorbitante (c'est toujours cher). Bref, il n’a pas les moyens d’entretenir ce cadeau empoisonné et le problème du pouvoir d'achat lui explose ainsi à la figure. Notre modèle social auquel nous sommes tous attachés, c’est un peu la Ferrari des modèles sociaux dont nous avons tous hérité mais dont personne ne veut plus désormais assurer les frais de fonctionnement et d’entretien. Mais personne non plus ne veut se débarrasser de la Ferrari. C’est tellement agréable, et cela impressionne tellement les autres. Du moins le croyons-nous ! Alors on s’en prend au pilote que l’on change régulièrement, à chaque nouvelle élection. Rien n’y fait évidemment, puisque c’est le véhicule qu’il faudrait changer.

Une partie de nos impôts sert à payer des ministres et conseillers qui vont désormais inspecter les prix dans les grandes surfaces. Que des fondations ou des associations de consommateurs prennent ce problème à bras le corps, diligentant des inspecteurs dans les magasins, publiant des revues à l’image de 60 millions de consommateurs, c’est l’expression bénéfique de la liberté qui, comme la nature, a horreur du vide et fait chaque fois surgir une solution à un problème. Mais que l’on s’en remette à des ministres et l’on risque d’en payer le prix fort car le gouvernement, sorti de ses compétences naturelles, risque de créer un nouveau problème, en proposant une nouvelle loi, des nouvelles interdictions, des nouvelles taxes, croyant ainsi avoir trouvé une solution.
Ne voit-on plus à quel point la fonction politique est ainsi dépravée à force de sortir de son domaine légitime, à force de vouloir répondre aux multiples demandes de la société civile qui se tourne vers l’Etat pour le moindre de ses problèmes qu’elle ne parvient plus à surmonter par elle-même ? Un certain Reagan avait averti en son temps : le gouvernement ne peut pas toujours trouver des solutions dans la mesure où il fait partie du problème.
La France a perdu la mémoire de ses lumières, s’étant irrémédiablement éloignée de l’esprit de Montesquieu qui a inspiré la rédaction de chaque ligne de la Constitution des grands pays développés. C’est pourquoi les européens abordent avec une crainte à peine dissimulée la présidence française de l’union européenne. Ce n’est pas de la mondialisation que le gouvernement doit nous protéger, mais de nous-mêmes, de notre tendance à tout attendre des gouvernants.

# posted by Caccomo

Par Quimboiseur
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Lundi 3 mars 2008
Source : http://ac.matra.free.fr/FB/taine.htm


Extrait des Origines de la France contemporaine (H. Taine)

 

Même quand l’État respecte ou fournit la dotation du service, par cela seul qu’il le régit, il y a des chances pour qu’il le pervertisse.

 

Presque toujours, lorsque les gouvernements mettent la main sur une institution, c’est pour l’exploiter à leur profit et à son détriment; ils y font prévaloir leurs intérêts ou leurs théories; ils y importent leurs passions; ils y déforment quelque pièce ou rouage essentiel; ils en faussent le jeu, ils en détraquent le mécanisme; ils font d’elle un engin fiscal, électoral ou doctrinal, un instrument de règne ou de secte.[…]

 

Même quand les gouvernants ne subordonnent pas les intérêts de l’institution à leurs passions, à leurs théories, à leurs intérêts propres, même quand ils évitent de la mutiler et de la dénaturer, même quand ils remplissent loyalement et de leur mieux le mandat surérogatoire qu’ils se sont adjugé, infailliblement ils le remplissent mal, plus mal que les corps spontanés et spéciaux auxquels ils se substituent; car la structure de ces corps et la structure de l’État sont différentes.

 

Unique en son genre, ayant seul l’épée, agissant de haut et de loin, par autorité et contrainte, l’État opère à la fois sur le territoire entier, par des lois uniformes, par des règlements impératifs et circonstanciés, par une hiérarchie de fonctionnaires obéissants qu’il maintient sous des consignes strictes.

 

C’est pourquoi il est impropre aux besognes qui, pour être faites, exigent des ressorts et des procédés d’une autre espèce. Son ressort, tout extérieur, est insuffisant et trop faible pour soutenir et pousser les oeuvres qui ont besoin d’un moteur interne, comme l’intérêt privé, le patriotisme local, les affections de famille, la curiosité scientifique, l’instinct de charité, la foi religieuse. Son procédé, trop mécanique, est trop rigide et trop borné pour faire marcher les entreprises qui demandent à l’entrepreneur le tact alerte et sûr, la souplesse de main, l’appréciation des circonstances, l’adaptation changeante des moyens au but, l’invention continue, l’initiative et l’indépendance.

 

Partant, l’État est mauvais chef de famille, mauvais industriel, agriculteur et commerçant, mauvais distributeur du travail et des subsistances, mauvais régulateur de la production, des échanges et de la consommation, médiocre administrateur de la province et de la commune, philanthrope sans discernement, directeur incompétent des beaux-arts, de la science, de l’enseignement et des cultes.

 

En tous ces offices, son action est lente ou maladroite, routinière ou cassante, toujours dispendieuse, de petit effet et de faible rendement, toujours à côté et au-delà des besoins réels qu’elle prétend satisfaire. C’est qu’elle part de trop haut et s’étend sur un cercle trop vaste.

 

Transmise par la filière hiérarchique, elle s’y attarde dans les formalités et s’y empêtre dans les paperasses. Arrivée au terme et sur place, elle applique sur tous les terrains le même programme, un programme fabriqué d’avance, dans le cabinet, tout d’une pièce, sans le tâtonnement expérimental et les raccords nécessaires, un programme qui, calculé par à peu près, sur la moyenne et pour l’ordinaire, ne convient exactement à aucun cas particulier, un programme qui impose aux choses son uniformité fixe, au lieu de s’ajuster à la diversité et à la mobilité des choses, sorte d’habit-modèle, d’étoffe et de coupe obligatoires, que le gouvernement expédie du centre aux provinces, par milliers d’exemplaires, pour être endossé et porté, bon gré mal gré, par toutes les tailles, en toute saison […].

 

Bien pis, non seulement dans ce domaine qui n’est pas le sien l’État travaille mal, grossièrement, avec plus de frais et moins de fruit que les corps spontanés, mais encore par le monopole légal qu’il s’attribue ou par la concurrence accablante qu’il exerce il tue ces corps naturels, ou il les paralyse, ou il les empêche de naître; et voilà autant d’organes précieux qui, résorbés, atrophiés, ou avortés, manquent désormais au corps total.

 

Bien pis encore, si ce régime dure et continue à les écraser, la communauté humaine perd la faculté de les reproduire : extirpés à fond, ils ne repoussent plus; leur germe lui-même a péri. Les individus ne savent plus s’associer entre eux, coopérer de leur propre mouvement, par leur seule initiative, sans contrainte extérieure et supérieure, avec ensemble et longtemps, en vue d’un but défini, selon des formes régulières, sous des chefs librement choisis, franchement acceptés et fidèlement suivis.

 

Confiance mutuelle, respect de la loi, loyauté, subordination volontaire, prévoyance, modération, patience, persévérance, bon sens pratique, toutes les dispositions de coeur et d’esprit sans lesquelles aucune association n’est efficace ou même viable se sont amorties en eux, faute d’exercice.

 

Désormais la collaboration spontanée, pacifique et fructueuse, telle qu’on la rencontre chez les peuples sains, est hors de leur portée; ils sont atteints d’incapacité sociale et, par suite, d’incapacité politique [à mon avis, c’est une excellente description des Français de 2007 ayant toujours vécu dans le giron de l’Etat-providence].



Par Quimboiseur
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