Caraïbes

Jeudi 19 février 2009
Source : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/02/18/04001-20090218ARTFIG00356-l-outre-mer-championne-europeenne-du-chomage-.php

L'outre-mer, championne européenne du chômage

Cécile Crouzel
18/02/2009 | Mise à jour : 11:08
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Le taux de chômage des jeunes dépasse les 50 % à la Guadeloupe et à la Réunion.

Alors que la grève paralyse toujours la Guadeloupe et la Martinique, les statistiques publiées mardi par l'institut officiel européen Eurostat rappelle l'ampleur de la crise sociale qui secoue ces îles. Parmi les cinq régions d'Europe où le taux de chômage était le plus élevé en 2007, on trouve quatre départements d'outre-mer français… aux quatre premières places. Le score le plus élevé revient à la Réunion avec un taux de demandeurs d'emploi de 25,2 %.

La Guadeloupe est elle aussi au-dessus des 25 %, tandis que la Martinique et la Guyane font à peine mieux. «Et encore, la situation a été pire dans le passé. En 2004, le taux de chômage a dépassé les 30 % à la Réunion», signale Matthieu Lemoine, économiste à l'OFCE.

 

(AFP/COEX)
(AFP/COEX)

 

Beaucoup d'inactifs

Les DOM se distinguent surtout par un chômage massif des jeunes. Ils détiennent là aussi les records européens en la matière. D'après Eurostat, le taux de chômage des 15-24 ans atteignait, en 2007, 55,7 % en Guadeloupe, 50 % à la Réunion et 47,8 % à la Martinique, contre seulement 19,4 % en moyenne en France et 15,6 % dans l'Union européenne.

Il est vrai que les DOM ont une démographie dynamique. «La population active y augmente de 2 % à 4 % par an, alors qu'elle stagne en métropole», précise Karine Berger, directeur des études économiques chez Euler Hermès Sfac. Et il est bien sûr plus facile de faire reculer le chômage dans le deuxième cas… «Mais il y a aussi un problème de qualification. La preuve, le taux de chômage chez les jeunes qualifiés n'est pas plus élevé dans les Antilles qu'en métropole», ajoute l'économiste.

Le marché du travail est même plus fragile en outre-mer que ne le laissent supposer les seuls chiffres du chômage. La fonction publique y sert d'amortisseur social : elle représente 37 % des emplois en Martinique et 28 % en Guadeloupe, contre 20 % en métropole.

Surtout, le nombre d'inactifs est très élevé. «Alors que 70 % des 15-64 travaillent ou cherchent un emploi en métropole, ils ne sont que 51,4 % dans ce cas en Martinique, 54,3 % en Guadeloupe et 59 % à la Réunion», conclut Matthieu Lemoine.

 


Par Quimboiseur
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Jeudi 19 février 2009
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/02/20/01002-20090220ARTFIG00005-outre-mer-600millions-pour-sortir-de-la-crise-.php


Outre-mer : 580 millions
pour sortir de la crise 

Anne Rovan
19/02/2009 | Mise à jour : 21:30
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Nicolas Sarkozy a reçu à l'Élysée, jeudi, les élus des quatre départements d'outre-mer. Pour lui, les DOM sont arrivés « à la fin d'un cycle historique » et doivent changer les logiques de leur développement.
Nicolas Sarkozy a reçu à l'Élysée, jeudi, les élus des quatre départements d'outre-mer. Pour lui, les DOM sont arrivés « à la fin d'un cycle historique » et doivent changer les logiques de leur développement. Crédits photo : AFP

Nicolas Sarkozy, qui a assuré jeudi soir comprendre le sentiment d'injustice des habitants des DOM, se rendra en Guadeloupe en avril.

Nicolas Sarkozy est sorti de son silence. Jeudi, en recevant les élus des quatre départements d'outre-mer, il leur a annoncé qu'il se rendrait en Guadeloupe sitôt le calme revenu, à l'occasion d'états généraux qui auront lieu dans chaque DOM. Le chef de l'État, dont le silence a été très critiqué, a également fait un geste pour sortir de la crise qui paralyse la Guadeloupe depuis un mois. «Au total, je le souligne, a-t-il expliqué, l'effort supplémentaire au profit des quatre départements d'outre-mer s'élèvera à 580 millions d'euros dont 280 millions au titre du RSA.» L'exécutif «a le devoir d'entendre nos compatriotes et nous avons, dans le même temps, le devoir de ramener la paix civile au plus vite», a-t-il ajouté, qualifiant d'«inadmissible» la mort du syndicaliste victime d'un «assassinat» il y a deux jours.

Nicolas Sarkozy veut aider l'outre-mer, arrivé «à la fin d'un cycle historique», à passer le cap et à changer les logiques de son développement économique.

En attendant, jeudi, les deux médiateurs dépêchés en Guadeloupe par Matignon sont parvenus à faire s'asseoir autour d'une même table les partenaires sociaux. Et c'est la prime qu'avait imaginée Dominique de Villepin à la fin de l'été 2005 pour répondre à la grogne des Français sur le pouvoir d'achat qui a été choisie par Matignon et ses médiateurs pour tenter de renouer le dialogue social. Concrètement, il s'agit d'une «prime déchargée» - sans cotisations patronales ni salariales - qui serait versée par le patronat pendant deux ans, a-t-on indiqué à Matignon. Elle serait réservée aux salariés dont la rémunération est comprise entre 1 et 1,4 smic, autrement dit aux bas salaires. La prime leur serait payée mensuellement et non annuellement.

Matignon, qui a eu tant de mal à extraire l'État des négociations salariales entamées dans l'île début février, ne souhaite pas en dire plus sur le montant de cette prime et sur l'accueil qui lui sera réservé par les partenaires sociaux. La balle est désormais dans le camp de ces derniers. Néanmoins, l'entourage du premier ministre assure que le patronat a proposé aux médiateurs «35 à 120 euros mensuels selon les secteurs d'activité, la richesse et la taille de l'entreprise».

«Des formes d'exploitation»

Pour l'heure, le gouvernement tient donc bon sur les exonérations de charges que lui réclamait le patronat local. «C'est moins une question de coût qu'une question de principe au sens politique publique du terme», explique Matignon. Jeudi, au Sénat, François Fillon n'en a pas démordu. «En aucun cas le gouvernement n'acceptera que les augmentations de salaires dans les entreprises privées soient prises en charge par les contribuables», a-t-il martelé. L'État va toutefois plus contribuer que prévu pour éteindre le foyer guadeloupéen et arriver à une hausse des bas salaires que François Fillon qualifiait jeudi matin de «proche des 200 euros». En effet, outre la prime déchargée, les médiateurs ont proposé un coup de pouce de l'État. Le versement de la prime n'entrera pas dans le calcul du montant du RSA, dont le gouvernement a décidé d'avancer la mise en œuvre à fin 2009.

Le chef de l'État s'est également dit favorable à la création d'une collectivité unique regroupant région et département. Cette question, qui «n'est pas forcément une priorité» pour lui, pourrait se faire si «c'est le choix de la population».

Un peu plus tard, sur RFO, Nicolas Sarkozy a dénoncé l'existence dans les départements d'outre-mer «de formes d'exploitation qui ne devraient plus avoir cours au XXIe siècle», affirmant partager le «sentiment d'injustice» des habitants. Il a notamment évoqué longuement «les écarts de prix inacceptables» entre les DOM et la métropole et annoncé avoir demandé à la grande distribution de baisser ses prix pour les rapprocher de ceux affichés en métropole.

 


Par Quimboiseur
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Jeudi 19 février 2009
Source : http://www.grioo.com/ar,la_guadeloupe_n_a_pas_oublie_les_evenements_de_mai_67,16367.html

La Guadeloupe n’a pas oublié les événements de mai 67

19/02/2009

La crise qui secoue les Antilles ravive des plaies toujours pas cicatrisées. En mai 1967, 80 à 200 manifestants furent tués par la police française dans les rues de Pointe-à-Pitre.

De 80 à 200 morts dans les rues de Pointe-à-Pitre. La Guadeloupe n’a pas oublié les événements de mai 67. L’une des revendications actuelles des grévistes de Guadeloupe est de demander une commission d’enquête indépendante sur les événements des 26 et 27 mai 1967 au cours desquels, en plein pouvoir gaulliste, de 80 à 200 manifestants furent tués par la police française dans les rues de Pointe-à-Pître.

"Les gens ont encore peur quarante ans après. Ils voudraient être sûr qu’ils ne risquent rien à témoigner" explique le Dr Michel Numa, 76 ans, ancien militant indépendantiste qui était en prison à Paris au moment du massacre.

Tout avait débuté deux mois plus tôt. Le 20 mars 1967, à Basse-Terre, préfecture de l’île, un riche marchand "blanc pays", lance son chien sur un artisan noir. Révolté par cet acte digne de l’apartheid, le peuple de Basse-Terre laisse libre cour à la colère accumulée depuis longtemps. Durant trois jours, les 20, 21 et 22 mars 1967, Basse-Terre est en émeute. Dans un appel au calme, le préfet déclare comprendre la colère populaire et jure que cet acte raciste sera puni. Mais contrairement aux promesses, les émeutiers seront condamnés à de fortes peines de prison. Fin du 1er acte.

« Quand les nègres auront faim, ils reprendront leur travail »
 
 

Deux mois plus tard, à Pointe à Pitre, le 26 mai 1967, jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage, 5000 ouvriers du bâtiment sont en grève pour une augmentation de salaire de 2%. Le délégué patronal, un certain Brizard aurait lancé aux grévistes : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront leur travail ». Une manifestation s’organise. Face aux CRS rassemblés devant la chambre de commerce, les manifestants lancent des pierres et des bouteilles.

La police tire immédiatement tuant Jacques Nestor, Militant du Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG). Selon Michel Numa, les ordres du préfet Bolotte, captés sur la fréquence de la préfecture disent aux officiers CRS : "Faites usage de toutes vos armes". Les deux jeunes ouvriers Taret et Tidas sont tués ainsi qu’un promeneur. La population et notamment les jeunes du lycée Baimbridge, révoltée, afflue le lendemain vers le centre de Pointe-à-Pitre. Des véhicules sont brûlés, les boutiques de la rue Frébault, principale rue commerçante de Pointe-à-pitre, sont incendiées et pillées. Plusieurs policiers sont blessés à coup de pierres et de sabre. Le bruit court qu’une armurerie a été dévalisée.

Le préfet désarme les policiers noirs et fait appel à des gendarmes mobiles de Martinique et de France. Sous la direction du commissaire de police Canales et du capitaine CRS Rupin, policiers et "képis rouges" se livrent à la "chasse au nègre". Arrêtés au hasard, des personnes sont exécutées dans les locaux de la gendarmerie de Morne Niquel. Des dizaines de personnes sont blessées, dont certaines mutilées à vie comme Solange Coudrieux. "On enjambait les cadavres dans la sous-préfecture", assure un témoin qui craint encore de donner son nom.


Le bilan de ces deux journées de répression n’est toujours pas connu car de nombreuses familles ont inhumé secrètement leurs défunts et caché leurs blessés de peur des représailles. La presse de métropole a parlé de "sept morts et certainement plus". Le nombre exact s’approcherait vraisemblablement de 85 victimes. C’est le chiffre reconnu voici une vingtaine d’années par l’ancien ministre socialiste des DOM-TOM Georges Lemoine. Chez les Guadeloupéens on parle de 200 morts.

Vers une commission d’enquête ?

Le gouvernement français profita des événements pour liquider le mouvement nationaliste guadeloupéen incarné alors par le G.O.N.G. et l’Association générale des Etudiants guadeloupéens (A.G.E.G). De nombreux militants furent arrêtés. Certains, pris en flagrant délit, furent condamnés à de lourdes peines de prison ferme. Vingt-cinq autres, accusés d’avoir participé aux manifestations, furent incarcérés à Basse-Terre et seront jugés en avril 68. Enfin, Vingt-cinq militants Guadeloupéens, dont Michel Numa furent enfermés à la prison de la Santé, accusés d’atteinte à l’intégrité du territoire.

Pour les Guadeloupéens, le travail de mémoire n’a pas été fait. Chaque année, les 26 et 27 mai, les militants qui se souviennent se rendent à la préfecture pour demander la création d’une commission d’enquête, pendant que les élus guadeloupéens observent un silence remarqué. Il est vrai qu’à l’époque, ils avaient signé un texte rendant les manifestants responsables du massacre.

Il a fallu trente ans pour que l’on reconnaisse le massacre des Algériens jetés à la Seine par la police de Maurice Papon le 17 octobre 1961. Le préfet Bolotte, comme par un fait du sort, est mort le 27 mai 2008. Combien de temps faudra-t-il encore pour que justice soit rendue, même symboliquement aux victimes noires des événements de mai 67 ?


Par Quimboiseur
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Samedi 21 février 2009
Source : http://www.pcinpact.com/actu/news/49247-outre-mer-internet-telephonie-offres.htm

 Outre-mer : des offres téléphonie mobile et internet à revoir
 Et qui seront revues...
Téléphonie

plages iles merTéléphonie et internet deviennent comme cul et chemise : liés par les offres des opérateurs et autres FAI, mais les tarifs pratiqués outre-mer n'ont rien de réellement attrayant. C'est pour cela que le gouvernement, et en l'occurrence Luc Chatel, et l'Arcep, ont réfléchi à « une baisse des tarifs dits de terminaison d'appel mobile », qui sera imposée avant l'été 2009.

Secrétaires d'État tout deux, l'un à l'outre-mer, l'autre à la Consommation, Yves Jégo et Luc Chatel ont expliqué dans un communiqué commun que pour « le consommateur, cette décision fera baisser le prix des appels depuis les réseaux fixes vers les réseaux mobiles. Elle permettra aussi le développement plus rapide des offres illimitées », pour l'heure moribondes.

De son côté, l'Arcep souhaite une régulation des terminaisons d'appel SMS, également en vue d'une offre illimitée. En outre, la téléphonie mobile devrait également profiter d'une offre basée sur la tarification à la seconde, a précisé Yves Jégo, rappelant qu'il s'agit là d'une « mesure déjà en application en métropole ».

D'autre part, un comité interministériel de l'outre-mer sera réuni sous peu, afin de s'assurer « de la définition et de la mise en oeuvre des politiques publiques adaptées aux spécificités des collectivités d'outre-mer, ainsi que de leur évaluation ». Il est en effet nécessaire que l'ensemble des consommateurs bénéficie « d'une facturation équitable et transparente des appels mobiles plus courts », ajoute Yves Jégo.

Pour ce qui est des offres haut débit, elles seront également développées plus rapidement et auront à charge d'améliorer la qualité de leurs services. Pour ce faire, l'Arcep interviendra sur ces questions quantitatives et qualitatives : en impliquant France Telecom et l'offre de gros aujourd'hui faite aux opérateurs, « insuffisante actuellement », l'autorité devra rendre avant l'été un rapport sur l'état des services télécoms.

Si la téléphonie mobile a largement plus pénétré le marché outre-mer qu'en métropole (souvent au-delà de 100 %), l'internet n'a, en revanche pas « encore atteint le même niveau de développement ». L'Autorité avait déjà réalisé un rapport en juin 2008, faisant un état des lieux peu avenant de la situation outre-mer...

Par Quimboiseur
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Dimanche 22 février 2009
Source :


 
Quimboiseur ( 20/02/2009 12:51 )

Il faut aller au bout de la logique de cette crise ! Les Antillais doivent prendre des mesures politques pour que d'ici 20 ans, ils ne dépendent plus de la France sur le plan économique.

Une fois autonomes sur le plan économique, ils pourront alors librement préparer leur indépendance politique, et couper les ponts définitivement avec cette puissance coloniale qui a passé des siècles à les flouer, les exploiter, leur marcher dessus, se foutre de leur gueule et les infantiliser !

Une fois indépendants, les Antillais devront bruler leur carte d'identité Française ! Et ceux qui veulent rester en France et rester des Français qu'ils le restent ! Mais ils n'auront pas de double nationalité ! Ils devront prendre un passeport pour venir dans ces iles !
Ils seront considérés comme des étrangers à ces terres !

Il faut choisir son camp !


 
( 20/02/2009 13:33 )

Jacques Bino, le syndicaliste de la CGTG a été tué par la police tout le monde en est sur mais on ne saura jamais la vérité! De plus les pompiers ont été empechés d'intervenir alors qu'il était encore vivant . Jamais les jeunes des barages n'auraient empêché une ambulance de secourir l'un des nôtres. "On" à voulu le laisser mourir puisque le tir n'avait pas suffit.
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Quimboiseur ( 20/02/2009 14:24 )

Mais pourquoi lui spécialement ? Qu'est que Jacque Bino a fait de particulier pour être mis à mort comme sous les pires dictatures Soviétiques ?

Les terrorites islmistes ont droit à des procès équitables, les gangsters ont le droit de faire appel, et un syndicaliste Antillais se fait abattre comme un chien !

Son crime ? Dénoncer les prix 2 fois plus élevé que la métropole, dénoncer des rentes de situations qui servent les interets de clans mafieux : des gansters en cols blanc !

C'est ça la JUSTICE ?

Un mort et on cache la vérité ! Le coupable court toujours !

Mais finalement à part l'assistanat généralisé, la léthargie, l'abrutissement et l'endormissement de la population Noire Antillaise, qu'apporte la France aux Antillais ?

Finalement que ce soit en Afrique ou aux Antilles, ce sont les mêmes méthodes coloniables, prédatrices et mafieuses qui règnent !

Seulement voila les Noirs, au lieu de regarder des matchs de football, c'est plutot des compétitions de karaté qu'il faudrai organiser pour les Antillais.

Au lieu de jouer à la pétanque, c'est plutot au tir à la carabine que les Antillais devraient passer leur loisirs, s'inscrire dans des clubs de tir, acheter des armes et apprendre à manier les armes.

Au lieu de courrir après les filles, les Antillais devraient faire des concours de marathon, de cross, de sprint, de lancer de javelot, de concours de saut en longueur et en hauteur.

Au lieu de danser sur la dance Hall, ils devraient apprendre la gymnastique, les anneaux, le cheval d'arçon, la natation. Ils devraient plutot faire de la musculation et soigner leur alimentation. Manger des fruits, des légumes, des produits nobles et de bonne facture.

Au lieu d'aller sur la Cote d'Azur, les Antillais devraient plutot aller faire des stage de Mua Tay en Thailande, des stages de Kung fu en chine, des stages d'aikido au Japon, des stages de capoeira au Brésil et des stages de Krav Maga en Israel.

Au lieu d'écouter du Zouk, les Antillais devraient apprendre des chants militaires, refaire une immitation de la chorale de l'armée rouge, apprendre le Haka des rugby men néo-zélandais !

Au lieu de devenir des larves, amorphes et stupides, les Antillais devraient étudier la philosophie guerrière du Budo, la philosophie orientale, étudier l'histoire des grandes batailles et des guerres.

Bref pour défendre son pays, tout Antillais devrait devenir un parfait petit soldat à la fois sur le plan militaire et aussi sur le plan économique !

Tout Antillais devrait dès à présent se préparer mentalement et physiquement à la guerre !


Par Quimboiseur
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Lundi 23 février 2009

Michaux-Chevry propose "un front uni" face à Sarkozy

Lucette Michaux Chevry aux obsèques d'Aimé Césaire, le 20 avril 2008 (Sipa)

 L'ancienne ministre (UMP) souhaite que les "petites querelles politiciennes naturelles de campagne électorale restent à la maison et que (les guadeloupéens) fassent un front uni face à Nicolas Sarkozy".

La sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry a proposé, mardi 18 février, aux élus de constituer "un front uni" face à Nicolas Sarkozy, qui doit recevoir les parlementaires guadeloupéens jeudi soir à Paris.
L'ancienne ministre, qui s'exprimait sur Radio Caraïbes Internationale (RCI), a souhaité que "nos petites querelles politiciennes naturelles de campagne électorale restent à la maison et que nous fassions un front uni en face du président".
"Il y a des choses très importantes que je vais demander", a-t-elle indiqué, en précisant qu'elle les détaillerait "à son retour".

"Les colonies : c'est fini"


"Il faut changer fondamentalement le fonctionnement de l'outre-mer : on ne peut pas continuer à gérer l'outre-mer comme si nous étions dans les colonies : c'est fini, c'est fini cette mentalité de paternaliste", a-t-elle affirmé.
"Ce peuple cherche un réconfort, il crie sa détresse (...): je vais dans la foule et j'entends les gens qui rejettent ce secrétariat d'Etat à l'Outre-mer, qu'ils considèrent comme un relent de la colonie" a-t-elle ajouté. Elle a souligné qu'elle avait entendu ce message "dans les rues de Pointe-à-Pitre", en se rendant la veille devant le commissariat où étaient gardés à vue dix militants du LKP interpellés sur des barrages.

"J'en appelle au calme"

Au sujet des incidents et pillages survenus dans la nuit de lundi à mardi, elle a estimé qu'il y avait "une exaspération du fait que les négociations n'ont pas donné les résultats escomptés". "Il y a une série d'erreurs qui ont été commises dans ce dossier dont on n'a pas mesuré, au départ, l'importance" a-t-elle ajouté.
"J'en appelle au calme, nous avons tous commis des erreurs : le moment est venu de se rassembler et de faire des propositions", a ajouté l'élue.

NOUVELOBS.COM | 17.02.2009 | 15:14


Par Quimboiseur
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Lundi 23 février 2009
Source : http://www.madinin-art.net/economie/outremer_eco_sous_perf.htm

L'outre-mer, une économie sous perfusion

 

 

"Que voit le Guadeloupéen après soixante années de départementalisation ?, interroge Patrick Karam, le délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer. Des prix plus élevés que dans l'Hexagone, un revenu par habitant très inférieur à la moyenne nationale, des enfants surdiplômés au chômage, et des métropolitains qui occupent les postes de cadres."

Une partie des maux de l'outre-mer est ainsi résumée. Il omet cependant d'en analyser les racines : ce que le romancier martiniquais Patrick Chamoiseau appelle "cette tutelle coloniale qui nous maintient dans l'irresponsabilité et la dépendance". Pour Christiane Taubira, députée (divers gauche) de la Guyane, la situation en Guadeloupe "frôle l'apartheid social". Elle met en cause "une caste qui détient le pouvoir économique et en abuse"

C'est à ces maux endémiques que... ne répond pas le projet de loi pour le développement de l'outre-mer (Plodeom) examiné - en principe - en mars au Sénat. Auditionné mardi 17 février par les commissions des affaires économiques et des affaires sociales, le secrétaire d'Etat, Yves Jégo, ne peut ignorer que l'explosion sociale en Guadeloupe et ses risques d'extension ont rendu obsolète le texte présenté en juillet 2008 en conseil des ministres.

Le projet du gouvernement porte essentiellement sur quatre points : création de zones franches d'activité (ZFA) où les entreprises de moins de 250 salariés réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros bénéficieraient d'une exonération fiscale de 50 % (80 % dans certains secteurs spécifiques) ; exonération des charges sociales sur les salaires jusqu'à 1,4 smic (1,6 smic dans les ZFA) ; incitation fiscale aux investissements dans le logement social ; fonds d'aide à la mobilité des personnes d'outre-mer.

"DÉPENDANCE"

Le gouvernement affiche sa volonté de passer d'une "logique d'aide" à une "logique de développement endogène". Un concept "beau comme de l'antique", selon Victorin Lurel, député PS de Guadeloupe, pour qui cela se traduit par : "Débrouillez-vous !"

L'Etat, en réalité, obéit toujours à la même logique : les dispositifs d'exonérations et d'allégements fiscaux et sociaux sont conçus comme des facteurs d'accélération de l'économie locale. Ces facilités ont contribué à enrichir quelques grosses fortunes locales, tout en continuant à creuser les inégalités. La vingtaine de dispositifs fiscaux représentant un coût de 3,3 milliards d'euros au budget 2009 n'ont guère fait la preuve de leur efficacité, quand ils ne produisent pas d'effets pervers.

Ainsi la défiscalisation en matière de logement, dont le coût n'a cessé de croître (230 millions d'euros en 2008, soit +27 % en deux ans) a eu pour effet de mettre en panne la construction de logements sociaux au profit du logement libre - qui trouve de moins en moins de locataires en raison des loyers élevés - et de renchérir les prix des terrains. La demande de logements sociaux en Guadeloupe s'élève à 12 250, pour une production annuelle de l'ordre de 1 300 : 72 % des demandeurs disposent de revenus inférieurs au smic, et 13 % sont sans ressources. Le logement insalubre concerne près de 60 000 habitants pour une population de près de 450 000, et 18 000 logements, soit 10 % du parc.

Au total, l'effort global de l'Etat en faveur de l'outre-mer se monte à 16,7 milliards d'euros en 2009. Près de 4 milliards de plus sont programmés pour la période 2007-2013 dans le cadre de la "politique de cohésion" de l'Union européenne. Avec un produit intérieur brut (PIB) inférieur à 75 % de la moyenne européenne (67,3 % pour la Guadeloupe), les départements d'outre-mer peuvent bénéficier de mesures dérogatoires.

Les disparités n'en restent pas moins criantes. Le taux de chômage "officiel" est de 22 % en Guadeloupe (35 % chez les moins de 30 ans) ; 32 000 personnes (8 % de la population) touchent le RMI ; 12,5 % vivent sous le seuil de pauvreté. Parallèlement, les prix dans la distribution sont exorbitants, en raison de la situation de monopole dont bénéficient les groupes d'importation et de distribution, appartenant pour la quasi-totalité aux mêmes familles de "Blancs créoles" qui tiennent l'ensemble de l'économie antillaise.

"Nous ne supportons pas la dépendance. Nous n'arrivons pas à supporter nos économies sous perfusion. Nous avons une exigence de dignité", explique Mme Taubira. Cette demande-là est la plus difficile à satisfaire.


 
Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 18.02.09
LE MONDE | 
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Lundi 23 février 2009
Source : http://www.madinin-art.net/socio_cul/de_qui_la_gwada_est-elle_otage.htm

De qui la Guadeloupe est-elle l’otage ?

Par Frantz SUCCAB

Aujourd’hui, un syndicaliste est mort. Douleur et colère. Tous les regards se tournent, naturellement accusateurs, vers ceux qui ont joué le pourrissement. Ce patronat dont l’égoïsme et le mépris tiennent la Guadeloupe en otage.  Mais je sais, depuis déjà, comme deux et deux font quatre,  que ce n’est pas suffisant. La vox médiatique, qui sait si bien orchestrer la contagion de l’émotion dans cette société du spectacle, est  à pied d’œuvre. Les crocodiles y vont de leurs larmes, de Paris à Basse-Terre, de Basse-Terre à Nòlfòk. Les larmes publiques ne lavent rien, surtout pas la faute. Les larmes des combattants sont une de choses qui participent de leur dignité. Même cela, on veut le leur voler. Et tout cela pour tenter, anbistan, de les déposséder de leur bon droit.

La faute, le péché capital, serait-ce donc d’avoir osé faire grève ou, pire encore, d’avoir tenu aussi longtemps que le silence méprisant du patronat et des autorités ? Terrible logique ! Infernal mécanisme qui voulut, de toute éternité, que l’esclave accepte gentiment sa servitude ; qui veut encore aujourd’hui que, devenu salarié, de plus en plus chômeur, il se plie sans broncher à la raison du plus fort. C’est de cela qu’il s’agit, au-delà des « 100 bouquets à soupe » revendiqués, et qui semblent être le prétexte au blocage des négociations. Comme si le LKP faisait beaucoup de bruit pour presque rien.  

Plus personne n’est dupe. Les gros ne veulent pas lâcher sur ce point par crainte d’aborder la suite. Et c’est quoi, la suite ? Elle est déjà annoncée à ce stade du scénario. On peut seulement la déceler en regardant la scène du point de vue de la Guadeloupe.

Le retard à l’allumage des plus hautes autorités de l’Etat français choque bien des départementalistes, des plus avérés aux plus honteux. « Traitement inégal des DOM par rapport aux départements de l’Hexagone », pensent-ils, avec l’angélisme que l’on sait. Oui, la commune, le Département, la Région, tout cela, ce sont des institutions de République française ! Comment Matignon et l’Elysée peuvent-ils l’oublier ? Pourtant, il faut bien affronter une vérité qui met à mal la pauvre chimère assimilationniste : pour une fois, la France est conforme à sa propre logique de pays différent. A ses yeux, les outre-mer ne valent territoires français qu’en étant obéissants. Cette autre Guadeloupe qui se lève là, insoumise et fière, exprimant le désir fou de penser elle-même son propre avenir n’est déjà pas la France et n’est même plus, à bien regarder, de la compétence du ministère français de l’Intérieur et des DOM.

Quand l’intarissable barde de garde, incurablement « Gaulois », Lurel-Idéfix, insinue que l’obstination du LKP sur une revendication alimentaire ne mérite pas la mort d’un homme, il montre à l’envi que sa pensée ne vaut pas « un bouquet  à soupe ». Il se cramponne à dessein sur l’idée qu’il ne s’agit que d’une lutte syndicale, alors que le fleuve de la protestation a déjà emporté la problématique plus loin. Petit politicien que celui qui ne sait pas traduire politiquement une situation complexe et mouvante ! Est-ce aux syndicalistes du LKP de le faire ? A qui parle-t-on quand on reste sur la berge en jouant aux oracles ?  Le temps d’un « hep », l’oreille qu’on avait en face de soi est déjà hors de portée de la voix.

Par conséquent, même si l’on satisfait plus ou moins à la revendication des 200€ -ce qui est inexorable- personne ne peut plus gérer ce conflit comme une simple lutte syndicale. Le LKP est un phénomène historique, produit par les circonstances d’une lutte unitaire et promu par la vox médiatique qui au 21ème siècle va vite et loin. C’est un attelage efficace qui, en ce moment précis, a conduit une lutte économique à rencontrer un gisement de revendications dormant entre la chair et l’os, puis dans le cœur des gens.  Maintenant cela fuse de toutes parts, en éruption. Tout de ce que le monde n’a jamais entendu de la Guadeloupe est proféré dans les rues, en des bouquets de cris: identité, responsabilité.

Quand l’Etat français quitte la Guadeloupe et que tous les pouvoirs locaux ont momentanément disparu, les gens demandent au LKP ce qu’on demande à un gouvernement. Ce n’en est pas un. Ce serait, en effet, folie pour ses membres de se prendre pour tels. C’est pourquoi, d’un côté, il vaut mieux que LKP reste campé sur la revendication syndicale. Il a pour lui, tout le monde s’accorde à le reconnaître, cette démarche héritée de l’UTA (Union des Travailleurs Agricole) de 1971, mère fondatrice de l’UGTG : le bon droit (revendication légitimée par l’injustice sociale) – l’avantage (sur le terrain de la mobilisation), la mesure (au moment de la négociation qu’un certain durcissement devra hâter). Les syndicats qui forment le moteur du LKP sont expérimentés. Ils savent comment sortir d’un dur conflit avec un gain. A n’en point douter, ils sortiront de celui-ci dès lors qu’ils se prémuniront des suppliques polluantes des politiciens, sans que leur propre sens politique de syndicats citoyens ne s’émousse jamais.

Dès lors, on pourra enfin parler en Guadeloupe de choses encore plus sérieuses. D’ores et déjà, en pleine douleur, il faut toujours tenter de regarder l’horizon. Sous tous les cieux et en toute circonstance, les larmes brouillent la vue, les pistes et l’entendement…Un brouillage très handicapant dès lors qu’il s’agit de faire face à des épisodes dont l’enjeu est, littéralement, la survie et la renaissance. Il ne s’agit pas de retenir ses cris et ses larmes, la rivière-chagrin a besoin de s’écouler. En tout état de cause, la responsabilité de ceux qui conçoivent et mettent en œuvre la réplique à la sujétion coloniale leur confère un rôle crucial : assumer et actionner les bons leviers au moment adéquat.

La question fondamentale de la Guadeloupe résonne, fracassante et lourde de sens. Et c’est la Guadeloupe qui doit y répondre. Librement, en responsabilité. Actionner les bons leviers, c’est désormais rendre dicible et audible la réponse. En pareille situation, les vraies questions politiques consistent en cela : quoi, pourquoi, comment, vers où ? Prenons garde à ne pas laisser l’Etat y répondre à sa manière, à notre place ! On a tous à l’esprit ces mots de Sarkozy, lors d’une Convention UMP d’avant les présidentielles : « Le problème des économies d’Outre-mer ne se pose pas en termes de « rattrapage » par rapport à un prétendu modèle métropolitain ou européen. Je pense qu’il faut que chaque économie trouve sa voie propre et que ces économies peuvent même prétendre à l’excellence  […] L’enjeu fondamental est de donner à ces économies une forme d’autonomie ». Ça ne mange pas de pain. La France, qu’elle fût de droite ou de gauche, n’a jamais décolonisé de son propre chef,  « par amour de l’outre-mer », surtout avec des discours de campagne. Décoloniser est un acte politique qui résulte de deux volontés, celle du colonisateur et celle du colonisé, pourvu que ce-dernier garde à tout moment l’initiative et la vision de sa liberté.

Les élus, qui ne valent que par l’existence des institutions françaises en Guadeloupe, ne peuvent pas trouver une réponse politique à la situation, à moins de se saborder. Il en est qui, de bonne ou de mauvaise foi, ne font que sautiller pour atteindre une situation qui les dépasse, mais en vain. Tant leur taille est petite ou tant le boulet de l’électoralisme est lourd. C’est un processus révolutionnaire qui commence maintenant. Plus rien ne ressemble à rien, tout moun ka bokanté plas.

En effet, du lit de l’irresponsabilité collective obligée, se lève, à l’échelle sociologique, politique, existentielle même, une question centrale : celle de la prise de responsabilité. Impossible de faire l’impasse, dans ce contexte de mobilisation populaire aussi massive. Cette idée de responsabilité, affirmée a minima par le LKP, mais cristallisée symboliquement et collectivement par son action, devient, comme dans toute histoire politique de tout pays, une nécessité douée d’une vertu fondatrice. L’enjeu n’est déjà plus de cimenter des pratiques alternatives, mais de poser une alternative politique nouvelle. C’est à ce prix que Jacques Bino n’aura pas vécu en vain.


Par Quimboiseur
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Lundi 23 février 2009
Source : http://www.madinin-art.net/socio_cul/elie_domota_heraut_creole.htm

Elie Domota, héraut créole

Le leader guadeloupéen est devenu en vingt-six jours l’icône du mouvement.

GUADELOUPE, envoyé spécial ANTOINE GUIRAL

 

 

Il s’arrête, croque un morceau de canne à sucre bien juteux et reprend sa place dans le carré de tête du défilé. Une vingtaine de gardes du corps en tee-shirts siglés «LKP sécurité» n’ont d’yeux que pour lui. Ce samedi, Elie Domota est à la tête d’une foule de 10 000 personnes venues commémorer dans la commune du Moule l’assassinat de quatre ouvriers guadeloupéens par les militaires lors d’une manifestation, le 14 février 1952.

La marche avance en chansons, avec toujours cette liesse qui fait la force du mouvement depuis un mois. A intervalles réguliers, il lève le poing, serre des mains, mais se montre économe de ses mots. Concentré sur son combat contre la «pwofitasyon» (l’exploitation outrancière) qui a fait se lever toute la Guadeloupe, le chef de file du collectif LKP à la peau claire sait que le conflit en cours peut désormais dégénérer à tout instant (lire ci-contre).

«Pouvoir par la rue». Le préfet a pris soin de ne pas poster les forces de l’ordre à l’entour du cortège, mais Elie Domota met la pression et accuse : «Aujourd’hui, vu le nombre de gendarmes qui sont arrivés en Guadeloupe, l’Etat français a choisi sa voie naturelle : celle de tuer des Guadeloupéens, comme d’habitude.» Un dérapage verbal ? Une nouvelle ambiguïté comme il sait si bien les entretenir ? Il montre son tee-shirt rouge sur lequel on peut lire «mé 1802», date du rétablissement de l’esclavage par Napoléon, et «mé 67», en souvenir d’une manifestation d’ouvriers du BTP à Pointe-à-Pitre, où l’armée tua plus de cent d’entre eux…

Directeur général adjoint de l’ANPE et secrétaire général de l’UGTG, le premier syndicat de l’archipel (52 % des voix aux prud’homales), Elie Domota, 42 ans, a acquis en vingt-six jours de grève générale un statut d’icône qui soulève les foules lors de meetings enflammés.

Fils d’un charpentier et d’une femme de ménage, il a fait ses études à Limoges, est diplômé de gestion et a obtenu un troisième cycle d’urbanisme. Ancien des Jeunesses ouvrières chrétiennes, il a su faire la jonction à la tête du LKP entre les milieux culturels, associatifs, syndicaux et politiques qui composent ce collectif de 49 entités.

Le patronat local l’accuse de vouloir «prendre le pouvoir par la rue», de «détester les Blancs» et de passer sous silence les visées ouvertement indépendantistes de son syndicat. Il rappelle que tous les postes en vue dans l’administration ou les entreprises sont occupés par des Blancs venus de métropole ou des Békés, ces descendants d’esclavagistes qui contrôlent toujours l’économie. Poing levé, le voilà à la tribune tandis qu’une clameur monte de la foule qui scande son nom. «Bien bonsoir peuple Guadeloupe», lance Domota, qui s’exprime systématiquement en créole dans ses discours. Il moque Nicolas Sarkozy et son comité interministériel sur l’outre-mer qui se réunira «dans quelques mois». «Il a rien à foutre de situation à nous. Faut bien se mettre ça dans la tête.»

«Humiliation». Il accuse Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, de ne pas avoir respecté sa parole alors qu’un préaccord avait été passé voilà huit jours avec l’Etat sur une hausse de 200 euros pour les bas salaires. Alors que le dialogue est rompu avec les médiateurs dépêchés par Paris, Elie Domota demande à ses troupes «d’amplifier le mouvement» et de se préparer à «affronter l’Etat français pour exiger que Fillon et Jego tiennent parole». Mais son combat n’est pas seulement syndical. Il fait aussi un tabac quand il appelle «à arrêter d’enrichir le PMU [130 millions d’euros de mise par an ici, ndlr] ou la Française des jeux», parle «de dignité retrouvée après quatre cents ans d’humiliation» et souligne que les Guadeloupéens ne veulent pas «seulement jouer au foot, au basket et faire de l’athlétisme, mais veulent des vrais emplois». En marge de son allocution, il prévient que «si on blesse un seul représentant ou manifestant du LKP, [il] ne répond plus de rien».


 

 libération 16/02/2009
Par Quimboiseur
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Lundi 23 février 2009
Source : http://www.madinin-art.net/socio_cul/gwada_lecture_sociologique-1.htm

LA GREVE GENERALE EN GUADELOUPE,
UNE BREVE LECTURE SOCIOLOGIQUE


Depuis le 20 janvier 2009, la Guadeloupe est bloquée par une grève générale. C’est l’arrêt des activités ordinaires. Mais en même temps, la Guadeloupe est en mouvement. Une mobilisation populaire extraordinaire remet en cause le mauvais fonctionnement de la société et exige les différents acteurs décisionnels à se concerter pour trouver des solutions au problème de la vie chère et de la précarité que confronte la population. Quelles sont les revendications de ce mouvement populaire ? Comment s’y prend-on pour y apporter des réponses ? Au-delà des revendications présentées, que nous révèle ce mouvement populaire ? Nous proposons d’aborder ces questions en faisant une brève lecture sociologique du déroulement des faits au cours de ces trois dernières semaines de grève en Guadeloupe.
Quelques constats
Une grève générale, menée par le Collectif « Lyannaj Kont Pwofitasyon » (KLP, dit Alliance Contre le système de Profits) qui regroupe 52 organisations syndicales, associatives et politiques[i], est déclarée en Guadeloupe. Son objectif principal, c’est de lutter contre la vie chère et d’exiger une baisse du prix des produits, car le prix d’achat des produits en Guadeloupe, département français d’Outre mer,  est trop élevé, en comparaison avec la métropole française. A titre d’exemples, une brosse à dent peut coûter un euro en France et 4 euros en Guadeloupe ; une paire de basket peut coûter 12 euros en France et 89 euros en Guadeloupe. Selon les principes établis, le prix des produits entre la France et la Guadeloupe devrait varier de 10% au maximum, à cause des frais de transport; mais en réalité, il varie entre 30% à 100%, voire plus. Ce sont des exemples scandaleux qui illustrent la gravité de la situation et que le Collectif LKP dénonce et exige une correction.
Cette grève générale était annoncée après le 16 décembre 2008, suite aux deux jours de grève des socioprofessionnels, pour exiger de la SARA (Société anonyme de raffinerie des Antilles) la baisse du prix des carburants. Au début, 23 organisations syndicales, politiques et socioculturelles appelaient à la grève ; peu à peu, d’autres les ont rejointes et elles sont passées au nombre de 52 dont 46 signataires au début du mouvement.
Comme signe avant coureur et corollaire de ce mouvement populaire, le lundi 19 janvier, les gérants des 115 stations d’essence de la Guadeloupe se sont mis en grève contre le projet d’installation de 13 nouvelles stations concurrentielles qui s’annoncent sur le marché. Ils considèrent que ces stations qui seront de libre service vont occasionner le chômage de quelque 1000 pompistes qui desservent le marché. Cela augmentera le taux de chômage de la Guadeloupe qui est déjà à 27%, en comparaison avec le reste de la France qui est à 7% de chômage. Après 16 jours de grève d’essence et de négociations avec le préfet, puis le  secrétaire d’Etat d’Outre-mer, les gérants des stations ont obtenu gain de cause : pour les trois ans à venir,  il y aura seulement trois nouvelles stations d’essence.
Dès les premiers jours de la grève générale, le mouvement a pris une ampleur exceptionnelle. Par manque d’essence, le barrage des routes et les piquets de grève devant les entreprises, tout a été bloqué. Dès le 20 janvier, le Collectif LKP a réuni 6.000 manifestants parcourant les rues de Pointe-à-Pitre. Quelques jours après, 23, 24 et 25 janvier, malgré les contraintes de la circulation, le Collectif a pu réunir successivement 25.000, ensuite 40.000, puis 65.000 manifestants dans les rues de Pointe-à-Pitre. A cela s’ajoutent les grévistes des autres villes de la Guadeloupe.  Les 65.000 manifestants représentent plus de 16% des 400.000 habitants de la Guadeloupe. Au dire des anciens Guadeloupéens, c’est du jamais vu. Les événements de mai 1967 qui occasionnaient des émeutes, des meurtres et des arrestations n’atteignaient pas ce niveau de mobilisation. Cette fois-ci, malgré quelques petits dérapages, le Collectif LKP a pu contrôler ses « troupes » et éviter la répression de la police locale, renforcée par des troupes de CRS (Compagnie républicaine de sécurité) venues de France.

Quelques revendications et négociations
Cette situation a forcé les différents acteurs économiques et politiques de la Guadeloupe à se réunir à World Trade Center à Jarry pour négocier avec le Collectif « Lyannaj Kont Pwofitasyon ». Les négociations, médiatisées par les stations de télévision et de radio de la Guadeloupe, débutaient le 24 janvier. Elles réunissaient les représentants des différents acteurs concernés : l’Etat (le préfet et son équipe), les patrons (le MEDEF, la CCI), les collectivités locales (Conseil régional, Conseil général et Association des maires), enfin les parlementaires (députés et sénateurs) comme observateurs. La première rencontre était une prise de contact entre les protagonistes pour s’écouter et discuter un protocole de méthode de négociations, proposé par le Collectif LKP. Le protocole, amendé par le préfet et accepté par les partis, est signé le lundi 26 janvier, avant de commencer les négociations.
Le Collectif LKP présente un cahier de 146 revendications, subdivisées en dix chapitres qui sont : les conditions de vie, l’éducation, la formation professionnelle, l’emploi, les droits syndicaux, les services publics, la production agricole et de pêche, l’aménagement du territoire et des infrastructures, la culture, l’arrêt de « pwofitasyon » (des profits). C’est un véritable cahier de charges pour réformer la société guadeloupéenne. Selon la demande du Collectif LKP, 30 points des revendications exigent des réponses immédiates et les autres, des réponses à moyen terme, mais qui doivent être négociées dans l’immédiat. Parmi les revendications, on peut relever : l’augmentation des bas salaires de 200 euros, la baisse du prix d’achat et le contrôle des produits de première nécessité, la baisse des taxes sur des produits de consommation, le gel des loyers, etc. C’est donc une lutte contre la vie chère et la précarité qui est soutenue par la plupart des Guadeloupéens.
Dès les deux premiers jours de négociations, le président du Conseil régional, Victorin Lurel, et celui du Conseil général, Jacques Gillot, se sont engagés à apporter une réponse significative aux revendications qui relèvent de leur champ de compétence. « En découvrant Saint-Pierre pour couvrir Saint-Paul », ils s’arrangent pour restreindre certains projets et trouver dans leur budget, issu surtout des taxes de l’octroi de mer, 54 millions d’euros afin de répondre aux revendications des grévistes. Quant au préfet, la majorité des revendications relève de son champ d’action, en tant que représentant de l’Etat. Au cours des négociations, il renvoie ses réponses au troisième jour, le temps qu’il consulte son équipe et ses chefs hiérarchiques à Paris. Le mercredi 28 janvier, il revient avec une proposition vague, venant du secrétaire d’Etat d’Outre-mer et qui demande aux différents protagonistes de former des commissions de travail pour étudier les revendications. Cette proposition a été rejetée par les grévistes et par les élus qui attendaient des réponses concrètes. Alors, le préfet, suivi de son équipe, a abandonné la table des négociations qui sont interrompues. Tout cela est passé sous les yeux des spectateurs guadeloupéens, assis devant leur écran de télévision ou écoutant la radio. On dirait un véritable feuilleton populaire. Entre temps, le collectif LKP augmente la pression de ses adhérents qui empêchent le fonctionnement des entreprises de tous les secteurs. La Guadeloupe est au « STOP ! »
Deux jours plus tard, le secrétaire d’Etat d’Outre-mer, Yves Jégo, a réagi depuis Paris. Il a annoncé son arrivée immédiate en Guadeloupe pour régler le conflit. Entre temps, les acteurs des différents secteurs se réunissent entre eux pour concerter et étudier les réponses à apporter aux revendications du Collectif LKP. Les « grands » socioprofessionnels ont formé en la circonstance le Mouvement des entrepreneurs de Guadeloupe (MEG) pour revendiquer certains avantages à l’Etat avant d’avancer dans les négociations. A cette rencontre qui réunissait plus d’un millier d’entrepreneurs, le collectif des socioprofessionnels qui menait la grève de décembre 2008 pour la baisse du prix des carburants et les « petits » artisans n’y étaient pas conviés. Cela révèle les discriminations et les conflits d’intérêts qui existent entre ces acteurs économiques.
Dès son arrivée en Guadeloupe, le 1er février, Yves Jégo, le secrétaire d’Etat d’Outre-mer, rencontre à huit clos les représentants des différents acteurs concernés par le conflit. Le 3 février, après plusieurs rencontres avec les gérants des stations d’essence, il a désamorcé leur grève et libéré les pompes d’essence. Le lendemain, pendant 4 heures de temps, il a rencontré les représentants du collectif LKP et écouté leurs revendications. Le 5 février, de 11h à 22h, le secrétaire d’Etat a convoqué les différents acteurs à la préfecture de Basse-Terre pour négocier sur les 146 points de revendications du collectif LKP. 50 de ces points ont été étudiés dès le premier jour du deuxième round des négociations[ii]. Entre temps, les adhérents du collectif LKP continuent à se mobiliser devant la préfecture où se trouvent leurs représentants et, par des piquets de grève, devant les entreprises pour les empêcher de fonctionner. Cependant, grâce à l’arrêt de grève des gérants des stations d’essence, depuis le jeudi 5 février, certaines activités reprennent au ralenti.  Aujourd’hui, 7 février, les négociations continuent difficilement sur la demande de 200 euros d’augmentation mensuelle sur les bas salaires.

Quelques révélations
Cette grève générale qui a provoqué le débat public entre les représentants des différents acteurs de la société guadeloupéenne a permis au « petit peuple » de découvrir les différentes contradictions , les conflits d’intérêts que vit le peuple. D’abord, il y a une mauvaise répartition des richesses. 15% de la population détiennent presque toutes les richesses du pays. Donc, les 85% de la population survivent avec des bas salaires ou de l’assistance sociale. Seulement 10% des fonctionnaires ont un contrat de type A ou B. Le reste, ce sont des petits fonctionnaires ou employés qui vivent avec un salaire de misère, équivalent entre le SMIC et 1,5 de SMIC. Beaucoup de ces employés travaillent à temps partiels ou bien ont un contrat de solidarité, subventionné par l’Etat. Ce type de contrat à durée déterminée ne résout pas le problème de chômage, mais le reporte d’une année à l’autre. Le mouvement populaire, mené par le collectif LKP, vient au secours de ces tranches de population.
Cette grève permet aussi de mesurer le niveau de solidarité que peut atteindre le peuple guadeloupéen pour défendre une cause commune. Les différentes catégories de travailleurs se sentent concernées par les revendications de cette grève et la soutiennent de près ou de loin, malgré les sacrifices qu’elle impose. Les syndicats de tous les secteurs, qui d’ordinaire ne s’entendent pas, se mettent ensemble pour défendre un intérêt collectif : le droit des travailleurs et des consommateurs.
Ce mouvement dévoile aussi aux simples citoyens les valeurs et les limites de la démocratie représentative qui s’exprime par les votes. Malgré ses imperfections, ce régime politique favorise l’Etat de droit et la liberté d’expression des citoyens. La délégation des pouvoirs du peuple aux représentants légitimement choisis ou élus est nécessaire pour former des institutions publiques et assurer le fonctionnement de la société. Il serait impossible à tout un chacun d’exercer directement le pouvoir et de gérer la « chose publique » (« res publica »). Cependant, la démocratie représentative a ses limites. Elle nécessite d’être complétée par une forme participative des citoyens pour favoriser leur implication dans le contrôle du pouvoir, quand il y a dérive ou abus du pouvoir des représentants du peuple. Le contrôle du pouvoir s’exerce par des groupes de contre-pouvoir comme les syndicats qui surveillent et défendent le respect des droits des travailleurs, les groupes de pression comme les composants du collectif LKP qui représentent un levier de démocratie participative. Là où les gérants des institutions publiques manifestent leurs carence ou limites, ces organisations sociales prennent la relève pour faire entendre les revendications des citoyens. Pour fustiger les manifestations populaires, l’actuel président Sarkozy aime bien répéter la phrase de l’ancien premier ministre Raffarin : « on ne gouverne pas dans la rue ». Mais, il est certain que sans la pression du mouvement populaire, les acteurs décisionnels de la politique et de l’économie de la Guadeloupe n’allaient pas se mettre autour d’une table avec les représentants du collectif LKP pour négocier sur les revendications de la population.

Quelques questions
Ce mouvement est-il animé par une idéologie raciste ou de lutte de classes?
Au dire des leaders de LKP, ce mouvement n’est pas une confrontation de « blan-nèg » (des blancs et des nègres) ; les adversaires communs sont l’Etat et les profiteurs capitalistes. Cependant, selon Domota, «Nous sommes dans un rapport de classes et de races dans ce pays. »  Beaucoup de Guadeloupéens sont d’accord avec ce discours. Son contenu se reflète dans la composition et le dispositif rectangulaire de la table de négociations à World Trade Center dont la première rangée avait une quarantaine de personnes. D’un côté, on voyait les membres du collectif LKP, suivi des élus locaux et des parlementaires. Ils sont de teint noir ou métissé. De l’autre côté, on observait les représentants du patronat et de l’Etat qui étaient surtout des blancs. Le même phénomène pouvait être observé lors de la rencontre d’un millier de grands ou moyens patrons dont la grande majorité était des békés (« blancs pays ») ou des métropolitains. Mais d’autres Guadeloupéens comme le président régional, Victorin Lurel, désapprouvent ce type de discours. Ils pensent qu’il peut animer chez les Guadeloupéens dont la majorité est issue des noirs un sentiment de racisme et de xénophobie. D’ailleurs, ce sentiment est à l’état latent et se réveille parfois chez certains Guadeloupéens.
Elie Domota et ses camarades qui dirigent le mouvement ont plutôt une visée de lutte des classes. Selon eux, à travers ce mouvement, le peuple guadeloupéen se bat pour lever la tête, pour ne pas rester des sous-hommes, pour que le guadeloupéen puisse accéder à des postes à responsabilité, selon sa compétence. En effet, selon Domota, la majorité des Guadeloupéens est exclue de tout. Les services de l’Etat et les grandes entreprises sont dirigés par des métropolitains ou des « békés ». Seulement deux ou trois Guadeloupéens (non békés) sont chefs de service à l’ASSEDIC, à l’ANPE, à l’ADII, à la CGSS. Ils sont là pour gérer tout ce qui concerne la misère comme le RMI, la CAF, la CMU[iii]. La majorité des Guadeloupéens, issue des communautés africaines et indiennes n’ont pas accès au champ de pouvoir politique et financier du pays.
Cette division de classes observée dans la société guadeloupéenne est le résultat d’un héritage historique. La Guadeloupe a subi le système de l’esclavage et de la colonisation pendant plus de 450 ans (1493- 1946). Malgré l’abolition de l’esclavage en 1848 et la prétendue sortie de la colonisation (départementalisation) en 1946, la structure sociale n’a pas changé, les mêmes rapports sociaux demeurent entre les classes dominantes et les classes dominées. Mais l’histoire n’est pas une fatalité ; c’est un produit de l’action humaine. Un processus de conscientisation et d’organisation peut modifier le cours de l’histoire et transformer les structures d’une société pour le bien-être de tous. Cela renvoie aux différentes tâches qu’il convient d’accomplir avec le peuple guadeloupéen pour qu’il devienne le responsable de son destin.

Ce mouvement populaire est-il indépendantiste ?
Cette problématique est sous-jacente à la majorité des revendications. Cependant, Elie Domota, porte-parole du collectif LKP, rassure : « Indépendance ? Nous ne sommes pas dans cette configuration...» Pourtant, ce mouvement populaire semble être une réaction contre la dépendance actuelle que vit la Guadeloupe. Mais sans aucun doute,  les grévistes ne semblent pas vouloir une indépendance immédiate de la France. La preuve en est qu’ils n’acceptent pas de négocier seulement  avec les élus locaux, mais ils exigent la présence du représentant de l’Etat français. Cela a emmené un élu local à apostropher un leader gréviste : « on veut toujours avoir la présence du papa blanc». Il est curieux d’observer que dans le premier round des négociations, les Guadeloupéens n’arrivaient pas à s’écouter respectueusement. On s’invectivait, on s’insultait. Le secrétaire d’Etat français d’Outre-mer est arrivé. Il s’impose à la fois en arbitre et partie prenante (représentant du gouvernement) pour diriger les négociations et mettre fin au conflit. L’observateur peut constater que sa présence a calmé le jeu des propos virulents entre les négociateurs. A-t-on vraiment besoin de la présence du « papa blanc » pour bien se comporter ? N’a-t-on pas le comportement d’un adolescent qui dépend de ses parents et pourtant se rebelle contre eux ?
Entre la dépendance et l’indépendance, se situe l’autonomie. L’autonomie est un tabou omniprésent dans l’esprit de la majorité des Guadeloupéens. On la pense, mais on ne la dit pas. On a peur de la regarder et de l’assumer, à cause des sacrifices qu’elle suppose. D’ailleurs, le peuple guadeloupéen l’a refusé par le référendum de décembre 2003 quand il votait contre une évolution statutaire de la Guadeloupe face à la France. Pourtant, en observant différents comportements et expressions populaires, on peut conclure facilement que le tabou « AUTONOMIE » est omniprésent dans l’imaginaire guadeloupéen. D’ailleurs, le refrain suivant, devenu un leit motiv sur toutes les lèvres et qui animent les manifestations de LKP en est une preuve : « LA GWADLOUP SE TA NOU, LA GWADLOUP PA TA A YO ; YO PE KE FÈ SA YO VLE NAN PEYI NOU ». (La Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n’est pas à eux ; ils ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent dans notre pays.)

Gourbeyre, le 7 février 2009.
Louis Auguste Joint
Sociologue
Auguste.joint@wanadoo.fr


[i]  Nos principales sources d’informations sont les émissions de radio, de télévision et le quotidien France-Antilles du 20 janvier au 7 février 2009.
[ii] Au cours des négociations du vendredi 6 février, le collectif LKP a dénoncé l’exploitation des patrons à l’encontre des travailleurs clandestins et la mort d’un jeune Haïtien accidenté par une machine agricole sur le champ d’un planteur de canne-à-sucre à Lamentin.
[iii] Pour plus de clarté, précisons le sens des cigles. ASSEDIC (Association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce), ANPE (Agence nationale pour l’emploi), ADII (Assurance Décès Invalidité Incapacité), CGSS (Caisse générale de la sécurité sociale), RMI (Revenu minimum d’insertion), CAF (Caisse d’allocations familiales), CMU (Couverture maladie universelle).
Par Quimboiseur
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