Economie

Jeudi 22 juin 2006

On dit que la France est finie, qu'elle va mal, qu'elle s'enlise, que rien ne va... Et c'est vrai dans une certaine mesure, on voit bien que le pays par à la dérive. Pourtant les gens de talents ne manquent pas en France.

En effet, l'autre jour j'étais assis à coté d'un gars dans le RER. Il lisait la documentation d'un logiciel de gestion de la comptabilité pour son entreprise... Le lendemain dans le RER bondé, il y avait un gars qui lisait une thèse de mathématiques pures avec des formules qui me rappelaient vaguement mes années de Deug. Et les exemples ne manquent pas. Tous les jours je croisent des ingénieurs hyper compétents et hyper talentueux.

Alors pourquoi la France ne s'en sort pas ?

Tout simplement parcequ'il y a trop de profiteurs du système. Meme s'il est facile de taper sur les [b]clandestins[/b], il faut reconnaitre que leur situation de clandestins et pourtant interne au système est pathogène pour le pays. Attention je ne parle pas des immigrés légaux !

Ensuite vous avezs une population hétérogène constituées de communautés qui n'ont ni les mêmes valeurs, ni les mêmes buts. Ceci fragilise le pays. Il faut renforcer le socle republicain et laissez de cotés toutes ces revendications purement communautaires, ce militantisme identitaire et le proselytisme ethnique. Car cela fragilise la cohésion du pays. Ca rend la population criminogène, anxiogène et xénophobe.

Les parasites politiques qui, comme en Afrique 'meme s'ils sont encore loin du niveau des apparatchiks communistes et des dictateurs Africains), ne pensent qu'a leur ventre, à leur carrière et n'ont plus aucune notion de l'interet général. C'est le politiquement correct qui gouverne ou pire encore c'est l'idéologie qui mènre la barque. Mais le pragmatisme ? La réalité de la dette publique ? Les statistiques sur la violence ? Les créateurs d'entreprises qui préfèrent monter leur affaire à l'etranger ? Les chercheurs, les étudiants, les experts, les gens optimistes, les gens bien élévés qui prefèrent s'enfuir à l'étranger. Tous ces bons citoyens, c'est une partie de l'ame de la France qui s'en va...

Les journalistes qui nous donnent des informations erronées. Et qui mettent la priorité sur des thèmes qui ne nous servent à rien. Ce qui nous empâche d'être au courant de ce qui marche ailleurs. Ce qui ne marche pas. Ce que les autres fonts pour leur avenir.... Le manque de vision à long terme des journalistes est une honte.

Les structures administratives trop rigides. La dictature d'une minaurité de syndicalistes qui sclérose le pays. Les prévélements obscènes effectués sur les patrons qui vont vite apprendre comment délocaliser des milliers d'emplois pour faire du profits. Voila tout ce qui fragilise la France.

Trop d'impot tue l'impot ! Or comment se debarrasser des ces rentrées d'argent ? L'etat s'etend habitués à un bon train de vie, comment le rogner du jour au lendemain ? Impossible !

Le problème c'est que l'avenir de demain se construit aujourd'hui ! L'avenir se construit avec des investissement. Les entrepreneurs sont des gens optimistes qui vont de l'avant. C'est leur nature que de foncer la tête la première. Ce ne sont pas des suiveurs, ce sont eux les pionniers. Mais ils ne peuvent pas investir car avec tous les prélevement qu'on leur prend il ne leur reste que de quoi vivre. Donc puisque que l'etat prend l'argent des entrepreneurs et bien qu'il investisse à la place des entrepreneurs !

Sauf que les membres de l'Etat sont tous des fonctionnaires ! Ce ne sont pas des entrepreneurs. Ils ne sauraient meme pas dans quoi investir. Ils ne savent meme pas de quoi demain sera fait. En fait c'est comme si la France était un pays communiste ! Une vraie honte !

Ainsi donc l'argent de l'avenir de la France est confisqué par une bande d'arrivistes sans aucune vision à long terme ni sans aucune vision de batisseur. Des journalistes qui ne rendent pas compte des ces aberrations.... et nous voila avec un pays sclérosé qui par à la dérive...

 

Par Quimboiseur
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Dimanche 25 juin 2006
Le plus important dans la vie d'une entreprise, ce sont les clients,
car ce sont eux qui vous font vivre et assurent la pérénité de votre
entreprise. Donc utilisez votre temps et energie à les trouver ces
clients, car généralement, ils n'arrivent pas tous seul ! ... et un
client satisfait en ramène d'autres.... voilà, c'est cela la richesse
de votre entreprise : votre clientèle. Et cette dernière s'acquière de
part votre professionnalisme et rigueur.
Etudiez vos concurrents et communiquez sur ce dont vous apportez de
plus, il faut ce différencier d'eux pour éviter le 'déjà vu'.
Si votre activité est locale, pensez à un imprimeur pour réaliser une
plaquette toute simple (A5) que vous mettrez vous-même dans les boites
aux lettres... en plus le beau temps arrive.
Par ailleurs la première année est très dure en terme de revenu, car
étant une nouvelle entreprise, il faut se battre pour avoir de
nouveaux clients, il en découle donc une baisse de tarification (dans
le domaine du service). Donc on facture 'pas cher', et en plus ces
clients adeptes du 'pas cher' sont les plus exigents.
Par Quimboiseur
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Mercredi 12 juillet 2006
Editorial : Les Fossoyeurs de la France
Caroline Porteu le 12/07/2006 (218 lectures) - Articles du même auteur - (Read me,approximately, in english) (Lisez moi approximativement en français)

Nombreux sont les politiques qui refusent la réalité des faits, en particulier celle rappelée par ceux qu’ils nomment les «déclinologues» . Peut-être tout simplement parce que ces déclinologues ne font rien d’autre qu’un triste constat sur l’état de notre pays et ce qu’il est devenu en 40 ans d’alternance d’une gauche totalement démago, marquée par une idéologie désuète qui a montré qu’elle ne pouvait que nous entraîner dans le gouffre, sans oublier une droite qui a honte d’elle-même, qui a honte d’avoir de ses idées, et qui, de ce fait, ne cesse de se renier .

Le triste inventaire à la Prévert qu’il faut bien se résoudre à faire n’est pas une position de déclinologue . Ce n’est qu’un constat de ce que nous avons fait ou laissé faire de notre pays pendant les 4 dernières décennies . Que ce soit les départs de nos jeunes cerveaux , le déclin de notre système éducatif , la perte de notre identité , notre pouvoir d’achat qui ne cesse de baisser, la disparition totale de la classe moyenne et des valeurs liées au travail ou à l’effort , ou encore la corruption banalisée qui est devenue l’une de nos « exceptions culturelles » , la France est un pays qu’il faudra bien un jour accepter de regarder tel qu’il est afin de le soigner …


L’évasion des jeunes élites et le déclin de notre système éducatif


La première force d’un pays est bien celle de sa jeunesse et de ses diplômés .
Le classement mondial des 100 premières universités établi par l’université de Jiao Tong à Shangai , en date d’Avril 2005 nous met en 41 ème position pour la première de nos universités , celle de Paris VI .
 


La Grande Bretagne arrive à placer quatre de ses prestigieuses formations dans les 25 premières places , le Japon en a deux dans les 20 premières , et Zurich affiche une très honorable 27ème place compte tenu de la taille du pays .
Bien entendu le grand gagnant de ce classement est les Etats Unis .

Si l’on intègre les écoles dans ce classement mondial , il diffère quelque peu .
Polytechnique arrive premier français en 27ème position , bien loin derrière l’ETH de ZURICH 10ème), derrière l’Australian University (16ème) derrière La Beijing University de China (17ème), derrière la National Université de Singapour (18ème) . (Classement effecuté par le Times et le N° 91 du Bristol University) .

Les Etats Unis attirent toujours les plus brillants jeunes cerveaux de la planète , ce n’est pas nouveau , et cela a sûrement très largement contribué à leur place dans l’économie mondiale .
Les jeunes qui crèent , qui inventent , qui déposent des brevets , qui deviennent chefs d’entreprise , des chercheurs , des intellectuels , des penseurs , sortent naturellement des plus brillantes universités de la planète .
Les entreprises qui cherchent des jeunes cerveaux brillants pour contribuer à leur développement se tourneront naturellement vers ceux qui ont montré leurs capacités en affichant les diplômes les plus prestigieux qui soient .

Alors ces classements ne peuvent que nous aider à faire ce triste constat : Qui seront les futurs décideurs des enjeux micro et macro économiques , politiques et stratégiques du XXI ème siècle ? Y aura-t-il des Français ? La réponse est plus que probablement négative compte tenu de ces deux classements . Il y aura sûrement quelques français dont les parents auront réalisés l’importance de l’enseignement et du diplôme pour le devenir de leur descendance et qui de ce fait , auront envoyé leurs descendants faire Harvard , Berkeley , le MIT ou encore l’ETH de Zurich .. Mais ils seront un très petit nombre … Et encore si ils reviennent en France , car si l’on prend des exemples comme ceux de Business Objects , combien de jeunes entrepreneurs sont partis créer , mettre leurs talents au service des USA , pays ou ils avaient la possibilité de créer , ou cette création de richesse est bien vue , saluée , et non pas vilipendée comme elle l’est en France par nos médias paresseux et démagos et nos syndicats nostalgiques d’un communisme utopique.

Le mal est même plus profond... car pour gérer nos besoins , nos entreprises , notre futur , nous aurons besoin de gens compétents , disposant des meilleurs formations qui soient, donc par définition , non françaises . Ainsi peut-on découvrir avec étonnement que désormais , pour pouvoir faire une école d’opéra lyrique , il vaut mieux aller à Moscou qu’à Paris , et que pour faire une école de Gestion de Fortune , très technique mais très efficace sur les compétences qu’elle donne , il faut désormais aller à Genève . Nous n’avons plus vraiment l’équivalent de ces formations dans notre pays .

Nous sommes donc condamnés à voir nos jeunes cerveaux les plus brillants s’exiler pour pouvoir avoir des diplômes et des formations qui leur permettront de se réaliser , et nous sommes également condamnés à voir des étrangers occuper les postes stratégiques de décision de nos entreprises puisque nous n’avons même plus les formations qui leur permettront d’en acquérir la compétence .

Ce constat s’applique en général aux pays du tiers monde . C’est l’un de leur gros problème .
Les jeunes ne trouvent pas chez eux les formations qui leur permettent de réussir , et lorsqu’ils qu’ils les ont trouvé ailleurs , bien souvent ils restent dans le pays qui les leur a dispensées . Ce raisonnement s’applique désormais également à la France, car un pays qui perd ses élites , en particulier ses jeunes élites est un pays qui se tiers-mondise .

Alors nous n’avons pas vraiment de quoi être fier de ce triste constat , et ce n’est pas être déclinologue que d’accepter de regarder la réalité en face, c’est simplement être lucide .
Et nous n’avons pas vraiment de quoi être fiers de cette descente aux enfers qui nous a fait passer en un demi-siècle , d’un des cinq premiers pays du monde à la 27ème ou 41ème place selon le classement , pour ce qui concerne la formation de nos jeunes .


Ces chiffres sont d’ailleurs totalement confirmés par un autre classement qui vient de sortir : celui de la compétitivité .

Le Déclin économique : Compétitivité et Attractivité


Le rapport IMD WORLD COMPETITIVENESS YEARBOOK 2006 donne le classement suivant suivant les critères qui sont :
Economic Performance, Government Efficiency, Business Efficiency and Infrastructure

THE TOP 20 (OUT OF 61) SELECTED RANKING CHANGES





Country/ Region

Rank 2005

Rank 2006

Changements
USA 1 1  
Hong Kong 2 2  
Singapore 3 3  
Iceland 4 4  
Denmark 7 5  
Australie 9 6  
Canada 5 7  
Suisse 8 8  
Luxembourg 10 9  
Finlande 6 10  
Irlande 12 11  
Norvège 15 12  
Autriche 17 13 + 4
Suède 14 14  
Pays Bas 13 15  
Bavaria 18 16  
Japan 21 17 +4
Taiwan 11 18  
China 31 19 +12
Estonia 26 20  
India 39 29 +10
Malaisie 28 23 +5
Mexico 56 53 +3
Korea 29 38 -9
New Zealand 16 22 -6
France 30 35 -5
Thailand 27 32 -5
Chile

Italy
19

53
24

56
-5

-3



Au vu de ces chiffres , dire que la France régresse n’est pas non plus faire du catastrophisme , c’est accepter de regarder la réalité en face , en particulier celle des chiffres , et des classements planétaires .

Le lien entre la baisse de niveau de nos écoles ou de nos universités et la baisse de la compétitivité n’a même pas besoin d’être démontré...

La perte de notre identité


La France a changé . Elle a changé de statut , elle a changé de population . Les français n’ont jamais été consultés sur ces changements . Les politiques ont tellement peur de leur dire la vérité qu’ils ont interdit les statistiques sur l’immigration , la religion etc …
Mais le nouveau paysage français n’a plus rien à voir avec celui de nos grands parents .
Des lois ineptes , non réfléchies , dont l’impact n’a jamais été évalué , ont été mises en place :
Le regroupement familial , les naturalisations quasi automatiques . Aucune étude n’a été faite , ni sur les conséquences de ces lois , ni sur leur impact sur le futur de notre pays pas plus démographique qu’économique .

Le résultat , nous pouvons le constater aujourd’hui : Des émeutes civiles qu’il faudrait plutôt qualifier de pré « guerre civile » . Des territoires perdus ou même la police n’ose plus se montrer... un niveau d’alphabétisation qui a baissé en un demi-siècle . Une augmentation massive du chômage , en particulier au sein des populations issues de l’immigration . Des aides dévoyées , des services publics bafoués , des services sociaux et de protection sociale totalement débordés et dépassés par les excès même du système , excès intouchables car ce serait stigmatiser les populations d’origine étrangère . Un communautarisme qui se développe exponentiellement , car les difficultés grandissantes de ces populations les poussent à rejeter la France qui les a accueillis et qui leur cède tout et au delà encore .

Aujourd’hui des villes comme la Courneuve comptent moins de 10% de population de « souche Européenne » pouvait-on lire récemment dans l'hebdomadaire le Point . Comment donc gérer une telle commune alors que la planète entière sait que le seuil de tolérance des autochtones vis à vis des populations étrangères est à peine supérieur à 10 % . D’ailleurs le meilleur moyen de se masquer la réalité des faits , une fois de plus , a été la politique de l’autruche ou plus exactement celle du mensonge : les statistiques sont interdites .

Nous n’entendons plus parler que de « tolérance » , de « repentance » .. Faut-il nous sentir coupables d’avoir eu l’un des pays les plus riches économiquement et intellectuellement ? La revendication de nos valeurs devient elle-même un signal interdit !! une discrimination !!! Il devient interdit de dénoncer les us et coutumes tribaux ou religieux , même si ils sont illégaux dans notre pays , sous prétexte de racisme , de xénophobie , de droit à la différence .

Alors dans ces conditions nos populations ont perdu leur mémoire . Pire les politiques en tête leur demandent de renier leur identité sous prétexte du relativisme culturel , et leur demandent de se sentir coupables des réussites de la France .. Il suffit de voir ce qui s’est passé dernièrement , que ce soit au sujet de l’esclavage , au sujet de la commémoration d’Austerlitz , au sujet de l’Europe , pour savoir qu’en France , il est très politiquement incorrect de posséder la mémoire et la fierté de ses racines .

Un peuple sans mémoire ni patriotisme, ne peut trouver son chemin et ne peut espérer .
L’espoir trouve ses racines dans la mémoire collective . C’est parce que nous savons comment nous étions que nous pouvons espérer changer et chercher ce changement .C’est en prenant conscience des erreurs du passé qu’on peut améliorer les situations et les statuts . Un peuple sans mémoire , sans racine , sans identité , ne peut avoir d’espoir , donc de moteur pour avancer .

Les fossoyeurs de la France ont voulu rendre les français amnésiques , pour cacher leurs erreurs passées et présentes , pour éviter les comparaisons , et le pire est qu’ils y sont arrivé , mais maintenant , qu’ils ne s’étonnent pas si l’angoisse a fait place à l’espoir , et si les ressorts sont perdus.

Perte de Pouvoir d’achat ou Sentiment de perte de pouvoir d’achat .


L’une des caractéristiques des pays du tiers monde est la faiblesse du pouvoir d’achat de ses populations et la perte de ses actifs .

La France se tiersmondise , elle perd sa compétitivité , son attractivité , cela n’est plus à démontrer . Les politiques vous rétorqueront que les IDE (investissements directs à l’étranger et des étrangers en France) augmentent régulièrement et qu’ils ont montré une nette augmentation dans les trois dernières années . Ces chiffres sont dangereux car ils peuvent aussi indiquer un appauvrissement du pays .

En effet , l’accroissement des IDE en France tient également à une autre raison , soigneusement masquée .

Les étrangers achètent nos actifs : notre immobilier , nos entreprises


Tattinger , Le Printemps , Arcelor , Suez , sont autant d’entreprises qui viennent de quitter la France , non pas physiquement, elles sont encore là pour un certain temps , mais leur détention n’est plus française , et pour au moins deux d’entre elles , pas Européenne .

Alors oui , les achats de nos actifs donnent artificiellement cette impression d’augmentation des IDE .. et nos politiques malhonnêtes utilisent la croissance de ces chiffres pour laisser penser que la France a gagné en attractivité . Ce raisonnement est un leurre de plus qui permet de masquer les réalités qui fâchent . Non seulement la France perd ses actifs industriels, mais le pouvoir d’achat de ses populations diminue pendant que celui de nos voisins augmente .

La montée du prix de l’immobilier qui devient un vrai casse-tête pour résoudre le problème des logements nationaux est également dû à ce phénomène .

Lorsque les Anglais achètent des maisons dans le Périgord , en Normandie , dans Paris... le prix moyen du mètre carré leur semble dérisoire par rapport à leur propre pouvoir d’achat .
Le sentiment de perte de pouvoir d’achat est vécu totalement différemment selon les catégories socio-professionnelles car L’inflation ne touche pas de la même façon les différentes catégories socioprofessionnelles.

Ainsi, l’inflation corrigée de la structure de la consommation est nettement plus forte chez les chômeurs et ouvriers entre 2000 et 2004. Ces catégories socioprofessionnelles ont une structure de consommation plus forte sur le tabac, les carburants, la viande et les loyers dont les prix ont fortement augmenté. Par contre, les chefs d’entreprise,les cadres et les professions intermédiaires de la fonction publique ont connu une inflation plus faible.

Pour ces catégories, le tabac, le carburant et les loyers pèsent nettement moins dans leur budget que pour les catégories précédentes. (source Credoc 2005) . De plus , les prélèvements sur salaires ont augmenté de plus de deux points pendant ces mêmes années , tendance inverse de l’intégralité des pays de l’OCDE , ce qui a contribué non seulement à augmenter cette «impression » de perte de pouvoir d’achat , mais qui a largement contribué à le faire diminuer dans la réalité .

Alors les Français autrefois si fiers , à la limite de l’arrogance , se sentent frustrés , humiliés , lorsqu’ils voient ces touristes , ces industriels , ces acheteurs de maison leur ravir sans mal leur appartements , leurs foyers , leurs entreprises . Ils ne comprennent pas car personne ne leur explique ce qui se passe... et moins ils comprennent , plus ils sont frustrés .

C’est sans doute aussi dans cette frustration grandissante , dans cette angoisse non décryptée , non expliquée , que se trouve le NON à la Constitution Européenne .

Les fossoyeurs de la république se gardent bien de leur expliquer la triste situation française , car pour cela , il faudrait être lucide , demander des efforts , et surtout , surtout , reconnaître que la plupart des choix qui ont été faits dans les dernières decennies ont été des erreurs monumentales qui sont en train de faire de notre pays un pays du tiers monde .

Disparition de la classe moyenne


La Classe moyenne est l’un des principaux moteurs de développement des pays en voie de développement . L’une des caractéristiques des pays du tiers monde est justement l’absence de classe moyenne . C’est particulièrement vrai dans les pays du Maghreb . La classe moyenne peut se définir à l’aide du salaire moyen ou du salaire médian .
Lorsque le salaire médian d’un pays rejoint les plus bas salaires , il n’y a plus de classe moyenne .

Ce sont les aspirations des classes moyennes qui provoquent ces moteurs , à la fois sur le plan éducation (études des enfants et en particulier études supérieures) et sur le plan attentes matérielles . C’est la volonté de vivre mieux , et de faire en sorte que ses propres enfants vivent encore mieux !! . Pour la première fois dans notre pays , nous savons que nos enfants auront moins que ce que la génération d’après guerre a eu sur des domaines tels que l’emploi , la protection sociale , les retraites , l’éducation ou le niveau d’études supérieures .


Les jeunes se découragent , ceux qui ont un bagage et du courage partent à l’étranger . Lorsqu’un diplômé ayant une formation de bac + 5 se retrouve au même niveau qu’un emploi non qualifié , pourquoi se donner la peine , non seulement de faire des études , mais de chercher du travail à la sortie de ces mêmes études .
L’espoir , la volonté, les efforts , le courage , ne peuvent venir que si les conditions matérielles montrent que ces valeurs peuvent « faire la différence » . Si elles conduisent aux mêmes emplois , aux mêmes salaires , aux mêmes revenus moyens , aux mêmes droits , que ceux qui ne les ont pas eues , pourquoi donc se donner le mal de continuer .

A titre d’exemple la Chine qui cherche à modérer sa croissance , ou plus exactement à la maîtriser , vient de réduire le ratio Cook de la Banque de Chine . Cela signifie que la demande de crédit des classes moyennes doit être encadrée plus strictement . La réduction de ce ratio est une méthode pour diminuer l’offre de crédit , plus facile à utiliser qu’une hausse des taux d’intérêt qui a également pour effet néfaste de bloquer l’investissement des entreprises .

Ce sont les classes moyennes Chinoises qui s’endettent pour s’acheter des produits de consommations ou des logements . La voiture , la télévision , l’ordinateur , sont des investissements de ménage désirés par plusieurs centaines de millions de Chinois . Et c’est cette consommation intérieure , très forte , qui a remplacé la croissance Chinoise précedemment due aux exportations .

La Chine voit l’émergence et l’explosion de sa classe moyenne , pendant ce temps là , la France a fait disparaître la sienne .

La Corruption banalisée


Qu’il s’agisse de l’affaire Elf , des Frégates de Taiwan ayant curieusement provoqué une épidémie de vertiges , digne de l’épidémie de la grippe aviaire .. de l’opération Joséphine faite par les socialistes sous l’égide de François Mitterand .. opération dont nous continuons à payer les effets à travers la loi de programmation militaire et l’entretien gratuit des Chars Leclerc à l’Arabie Saoudite , ou encore tout dernièrement de l’affaire Clearstream , un autre triste constat doit bien être fait sur notre pays: c’est devenu une République bananière ou corruption , passes-droit , commissions ou rétrocommissions , sont devenus les seuls moyens d’action des politiques français ..

Un Parlement qui s’auto aministie , un Président qui refuse de se rendre aux convocations pour détournement de fonds , des juges qui exonèrent les coupables mais qui ne trouvent même pas un mot d’excuses lorsqu’ils ont fait condamner des victimes (procès Outreau) ,des délinquants multi-récidivistes sans cesse relachés bien que condamnés , la justice Française est devenue un monstre qui ne joue plus son rôle régalien , celui d’appliquer une justice équitable et qui soit la même pour tous dans des délais raisonnables et conformes aux besoins de notre société et à la rapidité de son évolution . Pire cette justice refuse catégoriquement d’évoluer , comme nous avons pu le constater à la suite du procès Outreau .

La première qualité d’une démocratie est bien celle d’avoir une justice forte , applicable à tous .. Nous en sommes bien éloignés . Les politiques , les fonctionnaires , les magistrats , sont exonérés de toute responsabilité malgré la malhonneteté de leurs actes et de leurs décisions qui coutent des milliards au contribuable français , telles les amendes que l’Etat français a à payer à l’Etat Taiwanais du fait des rétro-commissions versées dans les contrats ..
Ou sont les coupables ? Ou sont leurs condamnations ? Les ministres , les PDG , qui ont entériné ces contrats , tout à fait sciamment .. Comment se fait-ils que ceux là soient toujours en poste , aussi nuisibles et prêts à nuire ..

Une presse veule et paresseuse , incompétente , qui ne se donne même plus la peine de jouer son rôle d’information , d’explication , de formation , une presse aux ordres des politiques... sans esprit d’indépendance , sans dignité aucune... et nous avons un cocktail explosif , celui d’un pays ridicule , donneur de leçons de surcroit , incapable de sanctionner , de punir , de licencier les fauteurs de troubles et les gens malhonnêtes ..

Alors dans l’esprit du public , si la malhonnêteté est payante , pourquoi donc s’en priver .
Et non seulement cette corruption généralisée touche profondément notre crédibilité à l’étranger , mais de plus , elle touche également la population française , car la justice ne joue plus son rôle , elle est devenue inéquitable puisqu’elle ne punit que le faible , et qu’elle s’abstient de toucher au fort , aux syndicats , aux politiques etc…

La banalisation de la corruption , l’absence de contre-pouvoirs réels aux abus politiques , l’absence de séparation des pouvoirs, l’immunité politique , l’inefficacité et la complaisance d’institutions comme le Conseil Constitutionnel ou la Cour des Comptes , ou encore les tribunaux administratifs , ont fait de notre pays un simulacre de démocratie , et nous ôte une grande partie de notre crédibilité à l’étranger, pour celle qu’il pouvait encore nous rester .

L’exemplarité


Enfin pour clore ce triste constat ou plutôt ce triste inventaire à la Prévert , je voudrais attirer l’attention sur un homme . Malheureusement pour la France , cet homme ne peut exister dans notre système car notre système n’en veut pas .

Cet homme s’appelle Bill Gates , il représente la première fortune mondiale et vient d’être rejoint par Warren Buffet dans la fondation qu’il a créée pour apporter de l’aide à ceux qui en ont besoin .
Aujourd’hui lorsque le Président Chinois se rend aux USA , c’est à Bill Gates qu’il rend visite en premier lieu .. La fondation s’occupe en effet d’aider les Chinois à mettre sur pied les écoles qui leur manquent , ainsi que les équipements dont ces futurs jeunes cerveaux ont besoin .

Les budgets de la fondation Bill et Melinda Gates représentent trois fois ceux de l’OMS , sont supérieurs à ceux de l’Unesco . Les soins , les médicaments , les techniques , les aides que cette fondation apporte à ceux qui en ont le plus besoin , qu’ils soient en Afrique pour lutter contre le Sida , ou dans les quartiers défavorisés de New York pour les écoles qui ont besoin d’ordinateurs , ou encore en Chine , tous savent qui est Bill Gates , savent d’ou il vient , ce qu’il a fait et espèrent qu’il pourra les aider .

Cet homme est sans doute le meilleur porte parole actuel de la grandeur et de la place des USA dans le monde .

Mais pour pouvoir créer un Bill Gates , il faut le vouloir... Il ne faut pas considérer que ceux qui réussissent sont des « salauds de patrons » , il ne faut pas les faire fuir avec une fiscalité désordonnée et incohérente , sans parler bien sûr de son poids totalement excessif et démotivant .
Pour pouvoir créer un Bill Gates , il faut savoir récompenser l’effort avant d’assister et des redistribuer , il faut savoir féliciter ceux qui font des études brillantes sans essayer de baisser le niveau des études pour ne pas créer des élites .. Il faut avoir envie de voir cette homme exister .

Pour pouvoir créer un Bill Gates , il faut voir loin , sans démagogie , il faut louer ceux qui travaillent , il faut essayer de faire respecter la justice , ou de la recréer lorsqu’elle a disparu , il faut savoir donner espoir à tous ceux qui ont envie de devenir Bill Gates... Mais en France , ceux qui ont envie de devenir Bill Gates s’exilent aux USA , car ils savent qu’en France , ils ne pourront jamais le devenir .
Encore dernièrement , et je finirais là dessus , le seul mécène qui voulait faire don de ses collections à notre pays , François Pinault , s’est exilé en Italie avec ses collections .

Alors en ce début d'été j’ai juste envie de dire : Honte et Adieu aux fossoyeurs de la France.

Ils sont de droite comme de gauche , ils n’ont aucune dignité... Ils ont échoué et ils nous ont détruits . Qu’ils s’en aillent, nous ne les regretterons pas
Par Quimboiseur
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Jeudi 13 juillet 2006

http://www.hebdo.ch/sormanblog.cfm

Swiss made : du bon usage des préjugés.

 

Longtemps, les coucous furent helvétiques, les vins français, les montres (bon marché) japonaises, et l’acier suédois. Du passé, un passé récent ou mythologique, les nations ont hérité d’images, de stéréotypes et de préjugés : le Français serait frivole, le Suisse un peu lent, l’Allemand sérieux, l’Américain brutal et le Chinois fourbe. Mais nous voici à l’heure mondiale : les produits, les services, les capitaux, les idées circulent à tout va. La connaissance suit-elle ? Ce sont plutôt les images d’antan qui résistent, la plupart des nations restent étiquetées, plus rarement saisies dans leur complexité. C’est d’ailleurs ce que le public attend : à Paris, le tout nouveau musée du quai Branly expose des masques Dogon pas les haricots verts qui font la prospérité actuelle des exportateurs maliens. Et venant de France, à l’extérieur, les Impressionnistes emportent l’adhésion des foules plus aisément que les Airbus.
Le monde mondialisé reste un univers virtuel d’images culturelles : est-ce grave ? Si nous transférons ce monde d’images à celui de l’économie, le drame véritable est de n’avoir pas d’image du tout. Vendre quoi que ce soit lorsque votre lieu d’origine n’évoque rien, est une épreuve aussi redoutable que de vendre un produit sans marque de fabrique. Sans vouloir offenser quiconque, une entreprise du Paraguay ou du Mozambique aura les plus grandes difficultés à s’imposer sur le marché mondial ; à qualité égale, en concurrence avec un pays de marque (disons le Chili ou l’Afrique du Sud) dans une même région, l’entrepreneur sans marque devra, pour s’imposer, probablement casser ses prix. La marque fait la marge car les consommateurs acquièrent du rêve autant que du produit. Le succès de McDonald’s n’est-il pas fondé sur le rêve américain autant que sur la qualité de sa viande ?
Cette « plus-value culturelle » sert bien les grands pays mondialisés. Une entreprise française qui vend du luxe n’a nul besoin d’expliquer pourquoi elle vend du luxe, ni même de justifier ses prix et ses profits considérables. Une entreprise suisse (peu importe qu’elle soit romande ou alémanique, car la Suisse vue de l’extérieur est plus homogène que de l’intérieur) s’imposera sans mal dans la finance, l’assurance, la mécanique, le médicament, le tourisme. Excellents ou contestables, ces produits et services sont « attendus » sur le marché, précédés a priori de la réputation helvétique : précis, discrets, sérieux, hygiéniques.
Les entreprises suisses auraient tort de ne pas jouer de ces préjugés .
Non qu’il soit interdit ou déconseillé de s’aventurer hors de son stéréotype ; mais la valeur ajoutée culturelle que celui-ci représente, vaut en soi toute campagne commerciale. Il est donc de l’intérêt des entreprises de cultiver leur image nationale quand elles en ont une qui est positive, de la même manière qu’elles cultivent leur marque de fabrique : allons pour le Swiss Made !
Pour les Etats concernés, affermir cette valeur culturelle ajoutée est aussi une bonne politique ; à cet égard, l’énergie considérable déployée par la diplomatie culturelle française (langue, cinéma, arts plastiques…) sert directement les intérêts des entreprises françaises à forte valeur culturelle. Ce qui pour la Suisse est fait par Pro Helvetia n’est pas négligeable. Le contenu de ces manifestations culturelles helvétiques est souvent contesté en Suisse même ; mais par-delà les controverses, Pro Helvetia contribue positivement à situer la Suisse sur la carte du monde. Rappelons pour mémoire, que le gouvernement des Etats-Unis depuis 1945, soutient la « libre circulation » des films américains parce qu’au-delà du profit des producteurs de ces films, « l’american way of life » qu’ils véhiculent assure le marketing permanent de tout ce qui est Made in USA.
Se créer une image ou en changer n’est pas hors d’atteinte mais que d’efforts !
Les gouvernements japonais en 1964 et sud-coréen en 1988 utilisèrent délibérément les Jeux olympiques de Tokyo et de Séoul pour changer d’image. Longtemps perçu comme un marchand de pacotille, à partir de 1964, le Japon devient le pays de la rigueur, de l’esthétique et de l’excellence. Made in Korea ne valait que pour ses prix imbattables mais depuis 1988, vaut label de qualité. La coupe du monde de football à Séoul, en 2002, a hissé l’image de la Corée du Sud au rang de « grande civilisation », qualitativement différente du Japon et de la Chine. Tout produit Made in Korea en tire désormais une plus-value supplémentaire. Déjà en 1954, la victoire allemande en Coupe du monde de football avait restauré la légitimité de l’Allemagne et rendu ses produits, de nouveau, tolérables puis désirés.
Les Jeux olympiques à Pékin en 2008 ? Le gouvernement chinois aussi en attend que leur parfaite organisation améliore l’image de ce qui est Made in China. Mais le Parti communiste voudra en faire un triomphe idéologique. On ne sait donc pas, en terme d’image (et de réalité) si ces JO de Pékin ressembleront à ceux de Berlin en 1936 – prélude à la guerre - ou à ceux de Séoul en 1988, qui marquèrent l’aube de la démocratie et le bond en avant de la plus-value à l’exportation.
Quels que soient les avantages de cette plus-value culturelle (et le triste sort de n’en avoir aucune), nul peuple ne se satisfait de l’image dont il est affublé : le Français dit frivole préférerait passer pour sérieux, le Suisse prétendument lent aimerait passer pour vif. L’Américain pour distingué. Le Chinois pour fiable. L’Allemand pour raffiné. De fait, ces images nationales sont comme des publicités mensongères : elles vendent du rêve, mais elles vendent.
Guy Sorman

Par Quimboiseur
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Jeudi 13 juillet 2006

Le modèle suédois , suite et fin

Quand la France déprime, elle cherche le salut ailleurs : aux Etats-Unis chez les libéraux, en Scandinavie chez les anti-libéraux.
Dans les années 1970, le Président Georges Pompidou déclarait qu’il fallait pour la France suivre le « modèle suédois avec le soleil en plus ». Jean-Jacques Servan-Schreiber s’en inspira pour rédiger son Manifeste radical de 1971.En ce temps-là, les Suédois se percevaient eux-même comme un peuple élu, capable d’allier, sous un gouvernement social-démocrate, la prospérité et la solidarité : nul n’était pauvre, peu étaient très riches. La Suède était alors troisième au monde en revenu par habitant et le réglage semblait parfait : les entreprises privées, en particulier cinquante multinationales remarquables d’efficacité, produisaient les richesses ; l’Etat seul gérait l’éducation, la santé, la retraite pour tous, du jardin d’enfants aux obsèques ; et les syndicats qui regroupaient (et regroupent toujours) 85% des salariés, géraient les relations sociales . Ces syndicats renoncèrent à la lutte des classes dès 1930, en particulier grâce à un jeune typographe Nils Karleby ; lui définit le socialisme par la régulation publique , non par la propriété publique . Les églises luthériennes bénissaient l’ensemble. La violence était rare, le vol presque inconnu, la corruption inconcevable. Les rares protestataires semblaient pittoresques : le cinéaste Ingrid Bergman quitta un moment la Suède pour ne plus payer l’impôt sur le revenu le plus haut du monde et l’écrivain Jan Myrdal dénonçait une société quasi totalitaire, un Etat de surveillance et de conformisme.
En 1991, ce modèle suédois s’effondra tout d’une pièce : le chef du gouvernement Olaf Palme avait voulu au début des années 1980, radicaliser le modèle à l’extrême en élevant les impôts et les déficits au-delà du tolérable . Les entreprises calèrent, les entrepreneurs cessèrent d’entreprendre, les services publics étaient devenus des bureaucraties de fer. De 1991 à 1994 , un gouvernement libéral révisa le modèle de fond en comble : la Suède a redémarré. De nouveau, son taux de croissance, le chômage faible, la solidarité, l’efficacité de ses entreprises suscitent l’envi : à Stockholm, les missions d’étude, venues du Sud, se bousculent.
Mais le modèle suédois l’est-il encore ?
En apparence, les grands principes ont été sauvegardés : économie privée, services publics financés par des impôts élevés, négociation syndicale, Etat modeste. Mais derrière cette façade, toujours social-démocrate (le Parti est revenu au pouvoir dès 1994 et le garde), les modes de gestion du modèle suédois ont été bouleversés : vues de France , certains apparaissent plus que libéraux, ultra-libéraux même. Ainsi, le statut de la fonction publique a-t-il été supprimé et remplacé par des conventions collectives de droit privé. Ainsi les services publics de santé, administrés au niveau local par les municipalités et les comtés, sont-ils – après appel à la concurrence – gérés par des entreprises privées. Plus étonnant encore, la Suède est le seul pays au monde où est appliqué le chèque-éducation, une recommandation de Milton Friedman : chaque famille qui le demande peut scolariser ses enfants dans une école privée, sans payer, grâce à un chèque-éducation remis par les autorités locales. Environ 10% des Suédois y recourent, ce qui a conduit à la fermeture de quelques écoles publiques et au licenciement de leurs professeurs. Donc, selon que l’on regarde le modèle suédois sous l’angle des principes, ou de la gestion, il apparaît social-démocrate ou libéral.
Mais est-il encore un modèle ?
Grâce au pragmatisme et au caractère représentatif des syndicats, grâce à la modération idéologique générale, la rénovation du modèle a été possible sans protestation : cette aptitude à l’innovation (il en existe mille exemples dans la gestion de l’Etat par lui-même, en particulier dans l’utilisation d’internet pour simplifier les relations avec les citoyens), cette capacité d’atteindre des consensus efficaces est remarquable ; mais elle évidemment ancrée dans une culture nationale singulière, inimitable sans doute.
Et les vrais résultats du modèle suédois rénové sont-ils aussi remarquables que sa capacité de rénovation ? C’est moins certain.
En revenu par habitant, la Suède est passée du troisième au quatorzième rang de l’OCDE en trente ans : la croissance est très en-dessous de celle des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, du Danemark. Des cinquante grandes entreprises mondialisées qui tirent l’économie suédoise, toutes ont été fondées avant la création du modèle suédois, toutes sont antérieures à la fiscalité élevée, aux monopoles des services publics et à la quasi-impossibilité de licencier. La seule exception est Ikéa, mais son fondateur s’est réfugié en Suisse après avoir transféré le siège de son entreprise aux Pays-Bas. Les petites et moyennes entreprises restent très petites car la fiscalité interdit de s’enrichir : les élites suédoises sont peu nombreuses et très fortunées parce qu’elles ont constitué leur patrimoine avant « le modèle suédois ».
Le chômage ? L’économie privée ne crée pas d’emplois, seuls les services publics recrutent. Si l’on déduit les absences injustifiées prises en charge par la sécurité sociale et les départs en retraite anticipée, le marché du travail est aussi anémique qu’en France ; le taux de chômage chez les jeunes en âge de travailler est de 20%, comme en France.
Les services publics ? La queue à l’hôpital, comme dans tous les pays socialistes, est devenu le mode de gestion des patients.
La solidarité ? Un million d’immigrés et réfugiés politiques inventent une nouvelle société multiculturelle mais méfiante. La Suède restera-t-elle à l’abri des mouvements xénophobes, si populaires maintenant au Danemark et aux Pays-Bas voisins ? Il est une règle vérifiable dans toutes les nations : les impôts élevés et la redistribution sont bien acceptés si cette société est culturellement homogène. Quand elle ne l’est plus, une certaine méfiance dans les rapports sociaux gangrène la solidarité.
Il n’empêche que les Suédois, même s’appauvrissant, même faisant la queue à l’hôpital, restent dans l’ensemble attachés à leur modèle . Les partis politiques libéraux en tiennent compte en modérant leurs critiques : ils ne suggèrent que de se rapprocher du « modèle danois », dit de la flexisécurité .
C’est la dernière mode : le licenciement au Danemark, est devenu très aisé, mais accompagné d’indemnités de chômage confortables et d’une politique active de gestion des demandeurs d’emplois. Le chômage y est bas et la croissance forte : est-ce en raison de la flexisécurité ? Les libéraux veulent le croire, certains socialistes français (Strauss-Kahn) aussi.
Les intellectuels et économistes libéraux en Suède sont plus beaucoup plus sévères sur le modèle suédois .
Pour Johnny Munkhammar, à la Fondation Timbro, ce modèle suédois – et les socio-démocrates qui le gèrent – reposent sur l’aliénation et l’ignorance. Les Suédois n’auraient pas pris conscience de leur appauvrissement relatif ni de l’efficacité supérieure des modèles anglo-saxons, Etats-Unis, Irlande, Grande-Bretagne, Islande, voire Finlande et Estonie. Pire encore, les socio-démocrates ont créé une situation où la plupart des Suédois ne peuvent plus vivre sans l’assistance de l’Etat : ce qui est confisqué par l’impôt est redistribué mais par une bureaucratie social-démocrate qui s’assure ainsi de la docilité moutonnière de l’administré-électeur. Le modèle suédois serait donc inefficace et immoral : de plus, les Suédois craindraient d’en sortir. On s’attend d’ailleurs à ce qu’en septembre prochain, la majorité social-démocrate avec ses alliés de gauche et écologistes soit reconduite. Les libéraux en Suède – et ailleurs – ne sont donc jamais appelés à la rescousse qu’en cas de faillite ; ce fut le cas en 1979 en Grande-Bretagne, 1980 aux Etats-Unis, 1991 en Suède, 1986 en France. Or, le modèle suédois, s’il s’effrite, ne s’effondre pas, à l’image de toutes les social-démocraties en Europe occidentale, l’Allemagne, la France. Un déclin sans faillite.
Faut-il souhaiter la faillite pour s’obliger à réfléchir ? On ne le souhaite pas.

Stockholm , 10 juin 2006,
Guy Sorman

 

 

Par Quimboiseur
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Lundi 17 juillet 2006

(14/03/2003) Il meurt après une opération banale

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Jean-Luc Lagardère, 75 ans, patron du groupe Lagardère, hospitalisé pour une infection virale à la suite d'une opération de la hanche, est décédé, a-t-on appris vendredi de sources proches de la famille, une information toutefois démentie par l'un de ses conseillers.  
 
Le conseiller spécial de Jean-Luc Lagardère, Jean-Pierre Joulin, maintenait vers 13h00 qu'il n'était pas mort, mais en "état critique". Il a cité, à l'appui de son affirmation, un communiqué signé du professeur Didier Payen de la Garanderie, chef de service anesthésie-réanimation à l'Hôpital Lariboisière: "M. Jean-Luc Lagardère est hospitalisé en réanimation. Son état est critique et nécessite une assistance respiratoire".

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Jean-Luc Lagardère, soixante-quinze ans, gérant-commandité de Lagardère SCA, est décédé vendredi 14 mars 2003 en fin de soirée à l'hôpital Lariboisière, à Paris, des suites d'une «maladie neurologique auto-immune rare», l'encéphalomyélite aiguë disséminée (une maladie inflammatoire du cerveau). La gérance du groupe est désormais totalement assurée par son fils, Arnaud, co-gérant de Lagardère SCA et PDG de Lagardère Médias, et par Philippe Camus, co-gérant de Lagardère SCA et co-PDG d'EADS. Lagardère est présent dans l'aéronautique, la défense et les médias. Sa dernière acquisition, Vivendi Universal Publishing, est en cours de finalisation, dans l'attente du feu vert de Bruxelles. En 2002, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 13,2 milliards d'euros, dont l'essentiel (8,1 milliards) dans les médias. Ses résultats définitifs doivent être annoncés ce matin, comme prévu, «en présence d'Arnaud Lagardère», a indiqué le groupe. Vendredi 14 mars, alors que les informations contradictoires sur la mort de Jean-Luc Lagardère s'étaient multipliées en milieu de journée, l'action Lagardère a terminé en forte hausse à la Bourse de Paris (+11,70 %), dans un marché il est vrai euphorique (CAC 40 à +7,25 % à la clôture). Les opérateurs boursiers se préparent à une succession sans heurts à la tête du groupe. «Arnaud Lagardère a développé le groupe vers les médias et cette évolution devrait se poursuivre», estimait un courtier.

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(06/12/2003) Il meurt dans un accident d'avion

Paul-Louis Halley - De Promodès à Carrefour

Le 6 décembre 2003, Paul-Louis Halley, premier actionnaire du groupe Carrefour et ancien président de Promodès, est mort avec son épouse Annick, dans un accident d'avion à Woodstock, près d'Oxford, en Grande-Bretagne.

Si cet homme extraordinaire a su garder toute sa vie une grande discrétion, et si le groupe Promodès était peu connu du public, ses enseignes ont pourtant marqué le monde du commerce : Continent, Champion, Shopi, 8 à Huit, Dìa...

Né le 11 septembre 1934 à Cherbourg, Paul-Louis Halley a rapidement développé l'affaire familiale. En quelques années, il a su la transformer en un acteur majeur de la distribution. La fusion de Promodès avec Carrefour en 1999 a couronné son travail en créant le deuxième groupe mondial de distribution.

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(26/05/2006) Il part à la pêche mais ne reviendra jamais....

Edouard Michelin est mort dans un naufrage

26 mai 2006 

Le PDG du groupe Michelin a trouvé la mort vendredi dans le naufrage d’un bateau de pêche en Bretagne, au large de l’île de Sein. Il était âgé de 43 ans. «C'est une immense douleur pour sa famille ainsi que pour les 130.000 salariés de Michelin dans le monde» déclare la direction de la communication du groupe.
Edouard Michelin, co-gérant du groupe du même nom, a trouvé la mort vendredi dans le naufrage d'un bateau de pêche au large de l'île de Sein (Finistère), a-t-on appris auprès de la gendarmerie et de la préfecture maritime. Le Pdg du groupe français, numéro un mondial de pneumatiques, était parti vendredi matin pour pêcher le bar de ligne dans le raz de Sein avec le président du comité des pêches d'Audierne (sud du Finistère), Guillaume Normant, lorsque le bateau, un fileyeur-ligneur, a fait naufrage dans des conditions encore inexpliquées.
Le corps de M. Michelin a été repêché flottant au milieu de casiers de pêche à 10 km au nord de l'île, et les recherches continuaient en fin de journée pour retrouver le corps de M. Normant, selon la même source. «Personne n'a rien vu, ni rien entendu. La mer était bonne, mais il y avait une brume épaisse qui ne s'est levée que vers la mi-journée», a indiqué le commandant Jean-Marie Figue, porte-parole de la préfecture maritime de l'Atlantique. Le raz de Sein, entre la pointe du Raz et l'île de Sein, est l'un des endroits les
plus dangereux de la côte bretonne, mais aussi les plus prisés pour la pêche au bar de ligne, qui s'effectue à bord de petites embarcations.
 
 
«C'est une zone à risques où seuls des professionnels avertis peuvent pêcher. Il y a des rochers, des courants, c'est une vrai lessiveuse», a souligné le commandant Figue.
 
L'alerte avait été donnée à 15H00 au CROSS Corsen, lorsque des professionnels du port d'Audierne ont constaté l'absence du Liberté de M. Normant, un fileyeur-ligneur de 8,50 m, qui aurait dû rentrer à 14H00. Un patrouilleur de la Marine nationale, deux vedettes de la SNSM et des Douanes, une dizaine de bateaux de pêche ainsi qu'un hélicoptère de la Sécurité civile ont participé aux recherches. La Marine nationale a dépêché en fin de journée un hélicoptère Super Frelon pour continuer les recherches.
La direction de la communication du groupe a affirmé, dans un communiqué publié vendredi soir à Clermond-Ferrand, que le «décès accidentel» d'Edouard Michelin est une «immense douleur» pour sa famille et les salariés. «Michelin vient d'apprendre la tragique nouvelle du décès accidentel de Monsieur Edouard Michelin, co-gérant de l'entreprise. C'est une immense douleur pour sa famille ainsi que pour les 130.000 salariés de Michelin dans le monde», souligne le texte.
 
 
«Conformément aux statuts de Michelin, Michel Rollier, co-gérant en exercice, assurera la continuité de la direction du groupe», précise le texte. 
 

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(14/07/2006) Il meut d'un arrêt cardiaque dans la pleine force de l'age

Le vice-président de Biomérieux est mort

vendredi 14 juillet 2006 21h17

Le vice-président du groupe pharmaceutique Biomérieux est mort à l'age de 39 ans. Christophe Mérieux devait prendre les rênes des laboratoires dans deux ans. Un porte-parole de la société annonçait ce matin son décès à la suite d'une noyade. Il aurait en réalité été retrouvé inanimé après un malaise cardiaque à son domicile. C'est un drame de plus qui touche la famille Mérieux. En décembre 1975, Christophe Mérieux avait été enlevé sur le chemin de l'école à l'age de 9 ans. Il avait été libéré le lendemain en échange d'une rançon de 20 millions de francs. Rodolphe Mérieux , un des autres enfants de la famille, était mort il y a 10 ans, dans l'explosion du boeing de la TWA entre New York et Paris. Il ne reste plus qu'Alexandre agé de 32 ans et membre du conseil d'administration. Christophe était célibataire et sans enfant.

 

 

Par Quimboiseur
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Mercredi 19 juillet 2006

La France n'a ni les moyens économiques ni militaire pour rivaliser devant les USA.

D'abord par sa taille elle ne peut rivaliser contre les USA.

Enuiste et surtout il y a tellement de frein idéologique, démagogique, étatique et structurels qui freinent toute action de la France.

Ces entraves et ces freins, les USA ne les connaissent pas. Voila la VRAI avantage que les USA ont sur la France.

Aux USA l'Etat joue sont role pour garantir la paix civile, la cohesion nationale, les programmes scolaire, une certaine cohérence dans l'Etat du pays. Mais cette influence si elle devait être chiffrée serait de 20% dans toutes les activités du pays. Les 80% restant etant liés à la libre entreprise, à la libre circulation des capitaux, des idées et aux négociations de particuliers à particuliers.

En France par exemple, la hausse du montant des loyers est prévues par la loi. Ce n'est pas le cas aux USA. Car là bas ce sont des arrangements entre bailleurs et locataires. Enusite l'état de droit règne aux USA. Ce n'est pas comme en France ou les propriétaires mettent 2 ans avant de récuperer leur appartement. Du coup il y a plein de logements vides dans Paris alors que beaucoup de gens cherchent à se loger... Et on se demande à cause de quoi.

Néanmoins, etant moi meme locataire je suis content que la hausse du loyer soit régulée...

Mais si l'on devait chiffrer l'influence de l'Etat les activités en France, je crois que 90% d'influence ne serait pas trop éloigné de la réalité.

99% d'influence de l'Etat étant attribués aux pays communistes.

Donc on voit bien que la France pense plus du coté d'un pays communiste que du coté d'un pays capitaliste comme les USA.

Voila et surtout les raisons du succès des USA.
De plus vu les taux de productivité de la France, et l'immense reserve intellectuel et de talents qu'il y a en France, si l'influence de l'Etat tombait à 30% alors la France serait la 2eme puissance économique et militaire du monde !

 

Par Quimboiseur
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Jeudi 27 juillet 2006
Grâce à la très bonne emission Capital de M6 cet été nous avons le portrait d'hommes remarquables et illustres. Ce sont des exemples à imiter. Très brièvement, je peux dores et déja brosser le portrait de 3 type d'entrepreneurs.

Le charismatique (ex. Mick Jagger)
Ce sont des individus qui exercent un fascination sur leurs semblables. On aime les regarder, on aime les ecouter, on aime leur prestance, on aime leur personnalité. Ces individus ont reçu la grâce de Dieu. Ils peuvent ainsi faire rêver, faire pleurer, émouvoir, donner des sensations et des souvenirs aux gens. Grâce à cela ils peuvent monter des spectacles et gagner de l'argent. Leur milieu est le show business.

La talenteux (ex. Alain Ducasse)
Ce sont des individus qui ont une compétence très rare, ou alors celle-ci est portée à un telle niveau qu'elle leur confère une réputation mondiale. Il suffit d'être parmi les 10-20 meilleurs mondiaux dans son domaine pour faire parti de cette élite. On peut citer les grands architectes, les grands chefs cuisiners, les grands designers de la haute couture. Ce sont des individus qui ont une passion immense pour leur domaine de prédilection. Cette passion et les années de pratique leur ont permis d'avoir un très bon niveau. La sincérité de leur engagement est percue par le public qui leur rend hommage en admirant leur création. Une touche d'originalité qui fait leur marque de fabrique, et voila ce qui fait tout leur talent. Ils peuvent vendre des prestations haut de gamme à des prix qui les mette à l'abri du besoin. Les gens n'achètent pas seulement un produit chez eux. Ils achètent aussi une part de rêve, un part de magie, un part d'excellence, un moment unique où ils accèdent à la perfection. Leur milieu est l'art, l'artisanat, l'ingéniérie.

L'affairiste (ex. Richard Brandson)
Ce sont des individus dynamiques et fonceurs. Ils vont toujours de l'avant et jouent leur chance jusqu'au bout. Naturellement, leurs actions comportent une certaine dose de risques. Et tous ne réussisent pas à devenir milliardaire. Ce qui va faire la différence entre les businessmen, c'est celui qui a plus de flair que les autres. C'est celui qui sait évaluer les risques. Ils sont perpetuellement en train de concevoir de nouveaux projets afin d'engranger des revenus et surtout limiter les risques d'activités moins rentables. Ainsi ces individus ressemblent à des joueurs de casino, sauf que leur casino c'est le monde. Leurs mises se font dans des affaires et des entreprises. Et  leurs pions ce sont des employés. Ils n'ont pas besoin de charisme, ni besoin de talent. Ils doivent prendre des risques. Il y a ceux pour qui ça marche et ceux pour qui ça marchent moins bien. D'autres encore plus malins limitent les risques en lancant plein de projets. Beacoup de projets échouent et tombent à l'eau mais dans le tas certains projets réussissent et apportent de la rentabilité. Il est ensuite plus facile de réussir au fur et à mesure des étapes, au fur et à mesure de rentrées d'argent, de l'experience, des contacts. Ainsi ils passent à des projets plus gros qui rapportent encore plus. Et s'il se sont bien débrouiller ils restent toujours dans une phases ascendante où des affaires apportent d'autres affaires et où l'argent va vers l'argent. Leur milieu est le monde des entreprises, des affaires et des banques.
Par Quimboiseur
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Mercredi 16 août 2006
Posté le: Ven 05 Mai 2006 08:03    Sujet du message: La vérité sur l'esclavage selon Le Point Répondre en citant

Voici un article de l'hebdomadaire conservateur Le Point.
Qu'en pensez vous?

La vérité sur l'esclavage

Cent cinquante ans après l'abolition de l'esclavage, la France réexamine son passé esclavagiste. A l'heure de l' examen de conscience, un tri s'impose entre mythes et réalités historiques.

Catherine Golliau

Pour la première fois cette année, le 10 mai devient la journée nationale de l'esclavage et de la traite négrière. En 2001, la loi Taubira reconnaissait à la traite esclavagiste le caractère de crime contre l'humanité. En 2005, Jacques Chirac présentait aux descendants des victimes les excuses de la nation. Plus de cent cinquante ans après la signature du décret d'abolition de 1848, la France se retourne enfin sur son passé négrier. Les militants de la « négritude » ont fini par obtenir les réparations mémorielles qu'ils exigeaient de la République.

Mais cet examen de conscience ne se fait pas dans la sérénité : la mémoire et l'Histoire ne font pas toujours bon ménage. Faute d'avoir été soumis plus tôt à la décantation historique, l'esclavage est devenu un sujet politique, sinon polémique. C'est une partie de l'élite noire française qui entretient depuis plusieurs années autour de cette question un véritable bouillonnement intellectuel d'où est censée sortir une identité noire rénovée. Pour ne pas en rester au face-à- face entre ressentiment et méfiance, mieux vaut examiner les faits. Que sait-on aujourd'hui de la traite négrière ? Où sont les vérités, où sont les mensonges ? Etat des lieux.

Noir égale esclave ? Faux

Asservir l'autre est depuis la plus haute Antiquité et dans toutes les civilisations un moyen d'affirmer sa puissance tout en obtenant de la main-d'oeuvre à bon compte. En Egypte, la main-d'oeuvre servile, en grande partie locale (droits communs, mauvais payeurs), est propriété de Pharaon, des temples et des privilégiés. A Athènes, un habitant sur deux est un esclave ou un affranchi. Délos est alors le grand marché de la Méditerranée et Platon lui-même y fut vendu comme esclave. A Rome, à l'apogée de l'Empire, 2 à 3 millions d'esclaves de toutes origines et de toutes races vivaient en Italie, où ils représentaient plus de 35 % de la population, occupant toutes les fonctions ou presque, d'ouvriers agricoles à conseillers du prince en passant par médecin ou gladiateur. Le Moyen Age chrétien ? Il est aussi esclavagiste, et ses captifs sont essentiellement blancs. En Italie mais aussi en France ou en Espagne, il existait un vrai commerce d'esclaves, alimenté par les Génois, les Vénitiens, les Byzantins qui, d'après Olivier Pétré-Grenouilleau (« Les Traites négrières », Gallimard, 2004), n'avait rien à envier à la traite négrière du XVIIIe siècle. Les victimes ? Les musulmans, les juifs, mais aussi les chrétiens orthodoxes et les hérétiques. Il y eut ainsi, autour des années 1200-1300, une véritable traite des Bulgares bogomiles, mouvement manichéen des Balkans.

Qu'est-ce qui distingue ces pratiques de la traite négrière ? Son objectif. A partir du XVIe siècle, l'esclavage pratiqué par les Européens vise uniquement à se fournir en moyens de production : les hommes vont être utilisés comme des machines. A partir de 1492, Christophe Colomb a découvert les Amériques, immenses territoires à exploiter. Les Indiens d'Amérique, réduits au travail forcé, ont été rapidement décimés. On essaie bien d'utiliser dans les îles ou en Amérique latine des ouvriers européens (il y aura même encore des esclaves blancs à Cuba au XVIIe siècle). Mais leur nombre ne suffit pas : l'économie sucrière qui se développe alors exige une main-d'oeuvre nombreuse, robuste et surtout bon marché. L'Europe se tourne donc vers l'Afrique noire, où la traite a été expérimentée sur la côte ouest dès le XVe siècle par les Espagnols et les Portugais. A partir de la seconde moitié du XVIIe siècle s'organise ce que l'on va appeler le « commerce triangulaire » : les bateaux partent des ports européens (Le Havre et Rouen, La Rochelle, Bordeaux mais surtout Nantes, Liverpool, Amsterdam) chargés de marchandises destinées à « acheter » les captifs en Afrique. Ils cinglent ensuite, avec leur troupeau d'êtres humains, vers les Amériques (Caraïbes, Brésil, Amérique du Nord), où ils les déchargent et d'où ils repartent vers l'Europe enfin, les cales remplies des denrées coloniales. Soit un voyage de douze à dix-huit mois, à hauts risques, mais à forte rentabilité. Un « nègre » peut rapporter dix fois son prix d'achat. La traite négrière est le premier grand commerce mondialisé.

Les Européens sont les seuls responsables de la traite ? Faux

La traite « atlantique « organisée par les Européens - Anglais, Français, Hollandais, Portugais et Américains - a déporté entre 1450 et 1860 vers les plantations des Amériques et des Antilles 11 millions d'Africains, essentiellement originaires d'Angola, de haute Guinée, de Sénégambie et du Bénin.

La traite orientale

Mais il existe deux autres traites, plus anciennes, moins étudiées, quoique plus importantes par leur ampleur. D'abord celle dite « orientale », organisée dans toute l'Afrique noire par les musulmans d'origine arabe et leurs alliés noirs, traite qui, du VIIe siècle au XIXe, aurait entraîné, d'après les estimations de l'historien Ralph Austen, la déportation de 17 millions de personnes vers l'Arabie, le Maghreb, l'Inde et la Chine. Ce n'est qu'en 1920 que sera fermé au Maroc le dernier marché aux esclaves... Cette traite sert autant les intérêts économiques que l'expansion politique et religieuse de l'Islam. Au XIVe siècle, la traite est la spécialité des marchands du Yémen et du golfe Persique. Au XIXe, période où la traite orientale atteint son apogée et draine entre 4,5 millions et 6,2 millions de personnes hors de l'Afrique noire, le sultanat de Zanzibar, au sud de la Tanzanie, spécialisé lui-même dans la culture du clou de girofle, devient l'une des plaques tournantes de ce trafic. En 1923, l'admission de l'Ethiopie à la Société des Nations se fera moyennant son engagement d'abolir toute forme de servitude : près d'un tiers de ses habitants étaient alors des captifs... Quant à l'Arabie saoudite, elle n'a toujours pas aboli l'esclavage. Et au Soudan, les milices de l'Etat continuent à réduire les populations chrétiennes en servitude. La traite « orientale » a pourtant laissé moins de traces que la « traite atlantique » du fait d'une forte mortalité des esclaves (les captifs devaient, en fonction des routes sahariennes, parcourir à pied plus d'un millier de kilomètres, la mortalité sur la route de Libye pouvant atteindre 20 %), de l'importance des mariages mixtes, des affranchissements et de la castration de beaucoup d'hommes, utilisés ensuite comme eunuques.

La traite africaine

Troisième « traite », et la plus importante puisqu'elle va servir de support aux commerces des étrangers : celle pratiquée par les Africains eux-mêmes. Elle trouve son origine dans les guerres tribales traditionnelles, mais est amplifiée à partir du XVIIe siècle par la demande des Occidentaux et des musulmans. Cette traite « intérieure », qui va enrichir les grands royaumes africains comme le Dahomey (la ville de Ouidah, dans l'actuel Bénin, est le plus grand centre esclavagiste de la côte ouest), aurait touché 14 millions d'individus. Sujet tabou en Afrique, où beaucoup préfèrent parler de simples faits de « collaboration », la traite interne reste, elle aussi, mal connue. Ses séquelles semblent toutefois au centre des conflits racistes qui ravagent le continent noir depuis la décolonisation.

Le racisme crée l'esclavage ? Faux

C'est la traite et l'esclavage qui nourrissent le racisme. Pour légitimer la traite, les esclavagistes ont besoin de considérer les Noirs comme des êtres inférieurs. Jusqu'au développement de la traite, la couleur noire n'est pas péjorative en Occident. Sur les tableaux du Moyen Age, l'un des Rois mages est noir. Quant à saint Maurice, vénéré par les peuples germaniques, il a les traits négroïdes. D'après l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, ce sont les musulmans qui, les premiers, recourent à la « malédiction de Cham » pour justifier le sort qu'ils imposent aux Africains. Cette thèse sera reprise au XVIIe siècle par les planteurs espagnols, en même temps que les stéréotypes « racistes » nés dans le monde musulman dès le Moyen Age et qui vont poursuivre les Africains pendant des siècles : hommes robustes, naïfs, paresseux... Au XIXe siècle, les Occidentaux défenseurs de l'esclavage soutiendront des thèses « scientifiques » prouvant l'infériorité de la race noire. Accusations que beaucoup finiront par intérioriser. Dans le téléfilm « Noirs. Enquête sur l'identité noire », d'Arnaud Ngatcha (diffusé le 7 mai sur France 5, voir Guide p. 150), l'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé se rappelle ainsi ses parents » : « Au lieu de voir l'esclavage comme une faute, ils avaient le sentiment d'être coupables. Ils pensaient que, si leurs parents avaient été mis en esclavage, c'est qu'ils portaient en eux des éléments qui faisaient d'eux peut-être pas des êtres inférieurs, mais des êtres facilement pris et utilisés par les plus forts. »

Les conditions de vie imposées aux captifs avant leur arrivée en Amérique étaient atroces ? Vrai

Dès qu'ils sont « razziés », les captifs vivent l'enfer : longs et douloureux transferts des zones dites « de production » vers la côte, entassement pendant plus de trois mois en moyenne dans des geôles avant l'arrivée des bateaux, trois mois et demi au moins de traversée de l'Atlantique dans les cales de bateaux marchands sommairement équipés. En Angola, 40 % des captifs meurent avant d'atteindre la côte et d'être vendus aux Portugais et aux Brésiliens. La plupart des études montrent toutefois que la mortalité des victimes de la traite varie entre 10 et 20 %, quelles que soient les zones de recrutement et les nations négrières. Les conditions de vie vont néanmoins s'améliorer du fait de la hausse des prix des esclaves. Les négriers prévoient des bateaux un peu plus confortables, et surtout plus rapides, les trajets comprendront des arrêts le long de la côte africaine (à São Tomé, au Cap-Vert) et aux Caraïbes afin de « rafraîchir » les captifs : on les fait alors descendre quelques semaines à terre, histoire de les soigner un peu... Beaucoup de victimes meurent toutefois en route (maladies, révoltes) et sont jetées à la mer. Au XIXe siècle, quand la traite sera devenue illégale, certains capitaines n'hésiteront pas, pour éliminer les preuves, à jeter vivante par-dessus bord leur cargaison humaine...

Les esclaves se révoltaient ? Vrai

En 1791, l'île de Saint-Domingue se révolte contre la France sous la houlette de Toussaint Louverture et abolit l'esclavage en 1793, avant d'être reprise en main par Napoléon. Sans réussir des actions aussi spectaculaires, beaucoup d'esclaves parvenaient à s'enfuir. Le nègre marron, qui s'échappe de la plantation pour vivre libre en communauté dans les « mornes » - les collines -, est un mythe aux Antilles. Sur mer, la résistance était plus difficile. Le réalisateur américain Steven Spielberg a popularisé, avec son film « Amistead », l'histoire d'esclaves cubains mutinés en mer et soutenus par les abolitionnistes américains, mais cette histoire reste une exception : seules 10 % des 30 000 traversées auraient connu des rébellions, et celles-ci étaient généralement désespérées : sur des mers dominées par les nations esclavagistes, les révoltés n'avaient aucune chance, d'autant qu'en général ils devaient utiliser leurs geôliers pour conduire le bateau.

L'esclave est livré au bon vouloir de son maître ? Vrai

Une fois vendu, le captif n'est plus qu'une chose. « Un meuble », selon l'article 44 du Code noir, édicté en 1685 sous Colbert pour organiser le statut des esclaves. L'esclave peut être saisi, vendu et transmis. La fuite ou la révolte sont sévèrement punies. « L'esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois à compter du jour où son maître l'aura dénoncé en justice aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lis sur une épaule, précise l'article 38. S'il récidive [...] il aura le jarret coupé... » Le Code, qui prévoit la christianisation des esclaves, se veut toutefois relativement « humain ». Si le maître peut fouetter son esclave, il doit se tourner vers la justice pour lui couper un membre... De même, il ne peut, en théorie, vendre séparément les parents et les jeunes enfants. Cette réglementation sera souvent détournée en fonction des intérêts du propriétaire. Les affranchis, qui devaient bénéficier des mêmes droits que les hommes libres, seront quant à eux victimes de régimes d'apartheid.

Le prix des esclaves augmentant, les colons auront intérêt à mieux les traiter. Et certains négriers auront beau jeu de faire remarquer au XIXe que les esclaves des plantations martiniquaises ne sont pas moins bien traités qu'en Europe les ouvriers de la révolution industrielle naissante. L'image odieuse que nous nous faisons de l'esclavage en Amérique doit en fait beaucoup aux militants du mouvement abolitionniste qui, au XIXe siècle, face au lobby des planteurs et des négociants, n'ont trouvé pour toucher l'opinion publique et lutter contre le racisme que l'arme compassionnelle. De cette époque datent des romans comme « La case de l'oncle Tom », mais aussi les nombreuses gravures montrant des esclaves fouettés par des planteurs ou des musulmans en djellaba, des captifs enchaînés...

Les juifs, artisans de la traite atlantique ? Faux

C'est la thèse du populiste américain Farakhan, que développe en France Dieudonné. Elle est en contradiction avec le Code noir. Dixit : « Enjoignons à tous nos officiers de chasser de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois... » Si des financiers juifs ont bien participé à la conquête du Nouveau Monde, il semble que ce soient plutôt des chrétiens et particulièrement des protestants, qui ont organisé la traite à Liverpool, Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Le Havre ou Amsterdam.

Les Lumières sont à l'origine de l'abolition de l'esclavage ? Faux

Plus que les philosophes des Lumières, ce sont les sectes protestantes qui ont lancé le mouvement abolitionniste. Dès la fin du XVIIe siècle, les quakers américains abolissent l'esclavage et répandent leurs idées en Pennsylvanie. Dès 1762, ils proposent l'idée d'une abolition internationale. C'est pourtant en Angleterre, première nation négrière, et au moment où, vers 1804-1806, le système esclavagiste est à son sommet que s'organise un mouvement contre l'esclavage. Mouvement populaire qui va peser de tout son poids sur les gouvernements. En 1814, quand la France obtient cinq ans de sursis pour abolir la traite, 1 million d'Anglais, dont 35 000 à Liverpool, le plus grand port négrier, poussent leur gouvernement à faire pression sur la France. Est-ce parce qu'en raison de sa puissance l'Angleterre est alors la mieux placée pour se passer de l'esclavage qu'elle devient si vertueuse ? C'est une des thèses soutenues aujourd'hui par les historiens. Contrairement aux protestants, l'Eglise catholique, conservatrice, restera longtemps du côté des esclavagistes...

La colonisation en Afrique est la conséquence directe de la traite négrière ? Faux

C'est l'inverse : la colonisation est la conséquence directe de la dynamique abolitionniste. Pourquoi faire souffrir des hommes en les déplaçant d'un continent à l'autre alors que l'on peut développer des plantations sur place ? Cette évolution de la stratégie économique va obliger les Français et les Anglais, les deux plus grandes nations négrières, à s'implanter durablement et à détruire les royaumes avec lesquels ils travaillaient auparavant. La traite n'impliquait pas en effet la prise de contrôle du sol : les rois locaux « louaient » des terrains où les Européens installaient des comptoirs de traite.

L'esclavage est aboli ? Faux

Des Noirs demeurent en servitude en Arabie saoudite, en Mauritanie et au Soudan. Surtout, de nouvelles formes de servitude se sont développées : employées de maison importées des Philippines ou d'Afrique et séquestrées par leurs employeurs en Arabie saoudite, voire en Europe, notamment en France, prostitution forcée, travail des enfants en Inde, servitude de paysans endettés... Selon l'organisation Anti-Slavery International, le monde moderne compterait 20 millions d'esclaves...

http://www.lepoint.fr/societe/document.html?did=177942
Par Quimboiseur
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Jeudi 17 août 2006

 Cela fait maintenant plus de 25 ans que jenseigne la stratégie. Dans ma carrière, jai eu affaire à des dizaines dofficiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci :

> du point de vue des études stratégiques, de lanalyse et de lanticipation, e leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce quà ma connaissance, dans toute l Afrique francophone, il ny a pas un seul centre détudes stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur tête.

Je vais vous expliquer pourquoi je nai aucun espoir pour ce continent. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux :

lénergie, la défense stratégique et la mondialisation. Donnez-moi un seul cas où lAfrique apporte quelque chose. Rien. Zéro.

Commençons par lénergie et précisément le pétrole.Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que dici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C'est conscients de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc. ont mis sur pied des task force chargés détudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main basse sur les ressources mondiales, de sassurer que quoi quil advienne, leur approvisionnement sera assuré.Or, que constate-t-on en Afrique ? Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger qui les guette : ce retrouver tout simplement privé de pétrole, ce qui signifie ni plus ni moins quun retour à la préhistoire !

Dans un pays comme le Gabon qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative nest prise par les autorités. Au contraire, ils prient pour que l'on retrouve dautres gisements. Pour l'Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique : il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : les poches des dirigeants et les coffres des marchands darme. Cest pathétique.

Ensuite, la défense stratégique. L état de déliquescence des armées africaines est si avancé que nimporte quel mouvement armé disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en déroute. Je pense quil sagit plus d armées de répression intérieure que de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des
> nations développées, de la Chine, de lInde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen âge que le 21e siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il ny a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes.Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent
> certains états-majors datent de la colonisation ! Et aucun pays n a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d aéronefs suspects dans son espace aérien sans l'aide de forces étrangères.Quelle est la conséquence de cette inertie ? Aujourdhui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. A mon avis et je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et que chacun accepte de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d'application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant.

Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3000 dollars US par mois afin de vous livrer des armes sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de lOccident passe par une recolonisation de lAfrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état dâme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s'accrochent à ces chimères. Je pense quil est temps de transformer vos officiers (dont 90 % sont des fils à papa pistonnés qui ne feront jamais la guerre et je sais de quoi je parle) en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé dans le sommeil jusquau jour où le ciel lui tombera sur la tête.

Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets in qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d'excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu'ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l'inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept à un but : garder les pays pauvres comme sources dapprovisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie.Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde.
Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en 1980 reviennent toujours au même prix en 2006. Et puisque l'Afrique n'a toujours pas un plan cohérent de développement
économique et d'indépendance, elle continuera à être un réservoir de consommation où seront déversés tous les produits fabriqués dans le monde. Pour moi, l'indépendance signifie
dabord un certain degré dautonomie. Mais, quand je vois que des pays comme le Sénégal, le Mali, le Niger ou la Centrafrique importent quasiment 45 % de leur propre nourriture de l'étranger, vous comprendrez qu'un simple embargo militaire sur les livraisons de biens et services suffirait à les anéantir.

Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote.Je parlais avec un colonel sénégalais venu en stage chez nous il y a quelques mois.
Nous regardions à la télévision les images de millions de Libanais qui défilaient dans les rues pour réclamer le retrait des soldats syriens de leur pays. Je lui ai demandé ce quil en pensait. Il ma répondu : « Les Libanais veulent retrouver leur indépendance et la présence syrienne les étouffe ». Cest la réponse typique de la naïveté emprunte d'angélisme.Je lui ai expliqué que ces manifestations ne sont ni spontanées ni l'expression dun ras-le-bol.Elles sont savamment planifiées parce qu'elles ont un but. Israël piaffe d'impatience den découdre avec le Hezbollah et puisque Tel-Aviv ne peut faire la guerre en même temps aux Palestiniens, au Hezbollah et à la Syrie, son souhait est que Damas se retire. Une fois le Liban à découvert, Israël aura carte blanche pour l'envahir et y faire ce qu'elle veut. Jai appelé cet officier sénégalais il y a deux jours pour lui rappeler notre conservation. Malheureusement, il était passé à autre chose. Son stage ne lui a servi à rien.

Jespère vraiment quun jour, les Africains auront conscience de la force de l'union, de l'analyse et de l'anticipation. L'histoire nous démontre que la coexistence entre peuples a toujours été et sera toujours un rapport de force. Le jour où vous aurez votre arme nucléaire comme la Chine et l'Inde, vous pourrez vous consacrer tranquillement à votre développement. Mais tant
que vous aurez le genre de dirigeants que je rencontre souvent, vous ne comprendrez jamais que le respect s'arrache par l'intelligence et la force.Je ne suis pas optimiste. Car, si demain l'Union africaine ou la Cédéao décide de créer un Institut africain détudes stratégiques crédible et fiable, les personnes qui seront choisies se précipiteront en Occident pour apprendre notre manière de voir le monde et ses enjeux. Or, l'enjeu est autre, il s'agit de développer leur manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l'Afrique.Alors, les fonctionnaires qui seront là, à statut diplomatique, surpayés, inefficaces et incapables de réfléchir sans l'apport des experts occidentaux se contenteront de faire du
copier-coller, ce sera un autre parmi les multiples gâchis du continent.Avant que vos ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la marche du monde, ils feraient mieux den faire d'abord pour votre propre intérêt ».

Ousmane SOW (journaliste, MONTREAL)

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