Source : http://psychotherapeute.blogspot.com/2007/03/zoophilie-allez-un-article-racoleur.html
Récemment, j’ai constaté que quelques connectés venaient des forums du site doctissimo. Je suis allé voir où mon blog était cité et dans quelles
conditions. Cela n’offre aucune espèce d’importance pour vous chers lecteurs, même si je remercie ceux ayant eu l’amabilité de me citer sur ce site.
Or donc, j’arrive sur ce site, qui semble-t-il est dédié à la médecine, et ne voilà-t-il pas que je tombe carrément sur une étude portant sur la zoophilie, sujet peu médical s’il en est. En plus,
c’est assez rigolo car pour illustrer l’article, ils ont mis une photo d’un quelconque chien de chasse avec la langue pendante ! Bon, c’est une paraphilie parmi d’autres, pourrait-on dire et cela
intéresse donc la psychiatrie. Moui, pourquoi pas, on peut le prendre ainsi. Toutefois, le sujet m’a surtout semblé racoleur. Enfin, il faut bien use de tout, même sous de bons prétextes, pour
faire venir les lecteurs.
Donc, je me suis dit, qu’il n’y avait aucune raison pour que moi non plus, je n’aborde pas le thème de la zoophilie. Je vous avoue n’avoir jamais reçu de zoophile dans mon cabinet, ou alors ils
ne me l’ont pas dit. J’avoue aussi ne pas être expert pour deviner qui est zoophile ou non. Aussi vois-je les propriétaires d’animaux domestiques d’un œil indifférent, sans même imaginer qu’ils
puissent se livrer à quelques pratiques douteuses.
Alors, m’inspirant largement de ce texte, que puis-je dire du passionnant sujet qu’est la zoophilie.
La zoophilie est-elle une réalité cachée, une pratique plus courante qu’on ne l’imagine ? Pourquoi est-ce qu'un homme, une femme s'engage dans une sexualité avec un animal ?
La définition
stricto sensu de la zoophilie, est une affection pour les animaux, pouvant parfois se transformer en déviation sexuelle dans laquelle
l’animal devient objet du désir.
Le petit Robert définit la zoophilie comme l'amour ou l'attachement excessif pour les animaux.
Dans les faits, on voit que la zoophilie au sens étymologique n’est pas grave, car il s’agit seulement d’aimer les animaux : en ce sens je suis zoophile puisque j’aime les animaux et que j’en
ai plusieurs. C’est donc un abus de langage qui fait désigner le fait d’avoir une relation sexuelle avec un animal du terme de zoophilie. Dans les faits, on devrait utiliser le terme plus
ancien de bestialité.
La bestialité est un comportement sexuel déviant qui consiste à avoir des relations avec des animaux.
Un dictionnaire de psychologie, traitant de la bestialité, en parle comme d’une perversion sexuelle assez rare se manifestant par des rapports avec des animaux. Cette perversion peut être le fait
de l'homme comme de la femme. D’après les auteurs, cette pratique peut se rencontrer chez certaines personnes très arriérées ou chez certains déments. Des accès maniaques ou confusionnels peuvent
amener à ce comportement, qui se rencontre aussi chez certaines personnes très isolées (militaires, bergers...).
La définition est savoureuse et les bergers, comme les militaires seront heureux qu’on persiste à imaginer, que les premiers violent leurs brebis, tandis que les seconds se tapent des chèvres.
Cher lecteurs, vous ne saviez sans doute pas que la fabrication du fromage ou la défense nationale requéraient de telles pratiques ! Je ne connais pas de bergers, mais je connais d’anciens
militaires, aussi dès demain, vais-je leur demander comment vont leurs chèvres !
Dans les faits, personne ne connaît la fréquence de la zoophilie dans notre société. L'enquête sur la sexualité des Français réalisée en 1993 ne comportait aucune question sur ce sujet. On peut
donc dire que ce fut une enquête imparfaite et inutile. Seule la très célèbre enquête de Kinsey effectuée en 1948 et 1954 aux Etats-Unis nous permet de disposer de quelques chiffres. A cette
époque, 8 % d'hommes et 4 % des femmes rapportaient avoir eu une expérience sexuelle avec des animaux. Pour les hommes, le chiffre s'élève même à 17 % parmi les garçons élevés dans une ferme.
Kinsey relate que dans les campagnes ces pratiques étaient socialement plutôt bien admises. Par contre, dans les villes, où une telle activité était jugée dégradante, la fréquence était moindre.
On peut dès lors imaginer la quiétude des petites bourgades du middle-west américain, quand de jeunes hommes, à défaut de femmes, pouvaient librement s’éprendre d’une jolie génisse. Ainsi, à
défaut de partir à l’est se trouver une belle polonaise ou ukrainienne, il reste la possibilité pour l’homme de la terre de se rendre au salon de l’agriculture !
L’enquête Kinsey, du fait de son ancienneté et des différences existant entre l’Europe et les Etats-Unis, ne nous apporte rien. C’est un peu comme si vous décidiez de vous renseigner sur la
visite des gorges du Verdon en regardant « Délivrance ». Dans les faits, quelle est la personnalité réelle des zoophiles ?
Des chercheurs en sexologie ont voulu en savoir un peu plus sur ces adeptes d'une sexualité hors normes. Deux études ont été présentées au congrès mondial de sexologie clinique de Paris en
2001.
Afin d'étudier leur personnalité et leurs motivations, une allemande, Andrea Beetz, a recueilli des informations à travers une centaine de questionnaires adressés à des internautes zoophiles,
complétés d'interviews. Chose peu étonnante, elle a trouvé dans cette population de zoophiles plus de personnes timides et inhibées que dans la population générale. On s’en serait un peu douté !
si vous êtes un play-boy et que vous levez tous les canons de la terre vous n’allez pas jeter votre dévolu sur une biquette.
« Moins conventionnels, remettant plus facilement en question les normes, la plupart ne sont pas à l'aise en société et ont du mal à exprimer leurs sentiments », nous explique cette étude. Ils
seraient de même moins motivés par le pouvoir, la recherche du prestige ou d'un statut social. « Jugés sympathiques par leur entourage, ils accordent beaucoup d'importance aux relations avec les
autres », nous explique encore Adrea Beetz. Ils ont un besoin important de passer du temps en compagnie, que ce soit avec des hommes ou avec animaux.
Voilà une étude qui ne nous apprend pas grand-chose. On décrit vaguement un profil à partir d’un échantillon parcellaire d’internautes. Dès lors, on n’est pas dans une étude clinique mais dans
une tentative de compréhension. De plus, ces gens qui ont répondu à ces questionnaires, ont-ils eu des relations avec des animaux ou bien, se sont-ils contenté de regarder des vidéos mettant en
scène des rapports entre des individus et des animaux. C’est très différent et cela ne permet pas de parler d'une orientation sexuelle zoophile.
On aurait pu penser que la zoophilie concernait des personnes n'arrivant pas à avoir des relations sexuelles avec des humains, le choix du partenaire sexuel animal se faisant « faute de mieux ».
En fait dans son étude, seules 12 % des personnes admettent être dans ce cas. Pour les autres, il semble que la zoophilie soit un choix délibéré puisqu’ils avouent se sentir attirés
émotionnellement et sexuellement par leur animal.
A l'heure où de nombreux comportements jugés autrefois hors normes sont aujourd'hui admis par nos sociétés modernes, Hani Miletski, une américaine, se demande si la zoophilie pourrait être
reconnue comme un mode d'expression de la sexualité humaine. Elle aussi a étudié à partir de questionnaires les comportements sexuels de zoophiles. Dans son étude 90 % des hommes et 82 % des
femmes, avouant leurs zoophilie, disent avoir eu des relations hétéro ou homosexuelles dans l'année précédente.
Encore une fois, je reste extrêmement circonspect vis à vis de ce type d’études. L’attirance pour un animal peut en effet difficilement s’expliquer, au contraire des perversions classiques,
mettant en scène un être humain. Ces pourcentages, dans la mesure où l’échantillon n’a pas été testé, n’ont aucune validité scientifique. Qui sont ces gens qui répondent ? Des allumés épars, des
mythomanes prêts à répondre à tout et n’importe quoi ? Je reste dubitatif.

De plus, le docteur Agnès Mocquard, qui signe l’article sur Doctissimo, est bien mal renseignée lorsqu’elle affirme : « On peut noter qu'en France la zoophilie n'est pas répréhensible par la loi,
seuls les actes de cruauté ou de torture sur des animaux pouvant être punis. Dans d'autres pays, c'est un crime. »
Dans les faits, dans l’ancien régime, la bestialité était interdite et punie de mort puisqu’elle était considérée comme un péché gravissime. C’est ainsi qu’en France, en 1601, jugeant en appel,
le Parlement de Paris condamnait à mort Claudine de Culam, née à Rozay-en-Brie, âgée de 16 ans, domestique chez Monsieur le Prieur de Reverecourt depuis quatre ans, « bien et dûment atteinte et
convaincue d'avoir eu habitation charnelle avec un chien blanc tacheté de roux », après que les magistrats — à la demande expresse de la mère qui était sûre de l'innocence de sa fille —
acceptèrent une étude scientifique et pragmatique. Le chien et la jeune fille ont été étranglés et leurs corps brûlés, leurs cendres jetées aux vents pour qu'il ne reste rien de cet
accouplement.
Le Code pénal de 1791, promulgué par la Constituante, a aboli les crimes de sodomie et de bestialité. La laïcisation du droit et la pensée libérale des révolutionnaires a conduit naturellement à
dépénaliser les comportements homosexuels et zoophiles. Napoléon, dans son Code pénal de 1810, confirmera cette dépénalisation. Au cours des XIXe et XXe siècle, les juridictions pénales ont pu
condamner des actes zoophiles violents, sur le fondement des actes cruels ou des mauvais traitements envers les animaux de compagnie ou apprivoisés (seuls protégés). Cette liberté durera jusqu’en
mars 2004, puisqu’aucune loi ne punissait la bestialité sauf dans le cas où l'animal subissait des sévices graves.
L’état ayant comme d’habitude, des initiatives passionnantes, il se trouve que la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004
portant adaptation de la justice aux évolutions
de la criminalité, ajoute la précision « ou de nature sexuelle » à l'article 521-1 du code pénal qui devient :
« Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou de nature sexuelle ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé,
ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. À titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d'un animal, à titre définitif ou
non.
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée.
Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.
Est punie des peines
prévues au premier alinéa toute création d'un nouveau gallodrome. Est également puni des mêmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux
destinés au repeuplement. »
La loi est finalement injuste puisque, que vous offriez un collier de perles à votre chèvre adorée, ou que vous abandonniez cruellement votre chien au bord d’une autoroute, la peine
sera la même. L’amour est bien mal récompensé dans notre beau pays ! Donc, vous pouvez tuer un taureau, faire se battre des coqs, mais jetez vite le chatterton que vous réserviez à votre hamster
favori et quittez-le. Il sera triste mais vous éviterez des ennuies avec la justice !
Dans les faits donc, la zoophilie, ou bestialité, choque surtout parce son caractère « contre-nature » et son côté révoltant. Pour ma part, je reste méfiant vis à vis des prétendues études
désirant explorer ces sombres penchants de l’âme humaine.
Je reste persuadé que la zoophilie, reste dans sa grande majorité, une solution subsidiaire pour des individus n’ayant pas accès à un partenaire de l’autre sexe, c’est à dire des gens très isolés
:
Donc, voilà ce que je pouvais dire de la zoophilie. Pratique exceptionnelle, le plus souvent explicable par des conditions de vie très particulière, elle ne devient une perversion avérée que dans
de très rares cas. Dès lors méfions-nous des prétendues études de sexologie qui tendant à nous faire croire qu’on pourrait comprendre ce qui restera incompréhensible.
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